Le Lensois Normand

Tome 2

Les grèves de 1906 vues de lens (8 et fin)

Classé dans : Histoire,La Mine,Lens — 7 février, 2010 @ 12:10
Fin avril 1906, bassin minier       

Sous l’influence des femmes de mineurs qui voient de jour en jour les assiettes se vider dans les corons, la grève perd de son ampleur. Elle dure déjà depuis 6 semaines, les gens ont faim.

Le moindre incident menace de prendre des proportions dramatiques. Le gouvernement ne se dissimule pas la gravité du conflit.

Extraits de « Les enfants de Germinal » de Cavana 

« Mais son meilleur allié (Clémenceau), c’était la misère… Et bon, quoi, petit à petit, pour pas voir leurs gosses crever, les gars ont repris le chemin des fosses…«  ». 

25 avril 1906 

Le ministre du travail, Barthou, fait pression sur les directeurs de compagnie pour les amener à une meilleure compréhension. 

Une majorité de mineurs se prononce encore pour la grève. Mais le travail reprend progressivement.

28 avril 1906, Arras 

A la demande du ministre du travail, les patrons des compagnies se réunissent le à Arras. Aprés une longue discussion, ils consentent à entrer en relation avec les délégations syndicales de leurs concessions 

2 mai 1906, bassin minier 

Le préfet du Pas de Calais préside des réunions entre les représentants des compagnies et du vieux syndicat. La direction accorde une petite augmentation de salaire. Les revendications du début de la grève sont loin d’être satisfaites. 

6 mai 1906, bassin minier 

Ce matin, la totalité des mineurs a repris le travail comme ici à la fosse 4 de Lens.

maifosse4.jpg

7 mai 1906 Le 7 mai, la grève est officiellement terminée. Les 2 syndicats s’accusent mutuellement d’être responsable de la faiblesse des résultats obtenus. 

Les suites de cette grève : 

Le salaire journalier du mineur passe de 6.28 F en moyenne à 6.79. Le salaire du galibot augmente de 20%, passant de 1,51 F à 1,95. Les prix de tâche sont augmentés de 20%. Ces prix sont majorés par une prime de 17% 

La catastrophe de COURRIERES et la grève qui s’ensuit font progresser la sécurité dans les mines. 

-          Dès 1906, un arrêté préfectoral interdit les lampes à feu nues, l’usage d’explosifs autre que ceux de sûreté. 

-          Le Comité Central des Houillères installe à Lens une station expérimentale de lutte contre le grisou. On y forme aussi les sauveteurs. 

Le travail de fond est interdit aux jeunes de moins de 12 ans. 

BASLY sort comme le grand vainqueur puisque Le 20 mai, la gauche remporte les élections de façon écrasante et il est réélu député du Pas de Calais. 

En mai 1907, le tribunal d’Arras a rendu une ordonnance de non-lieu confirmée le 24 juillet par la cour d’appel de Douai.
La Compagnie des mines de Courrières est sortie totalement blanchie, au grand dam de la communauté ouvrière.
Le 26 mars 1911, lors d’un congrès extraordinaire des syndicats des mineurs du Pas de Calais, les deux syndicats fusionnent et l’unité syndicale est réalisée. 

Broutchoux est libéré à la fin du mois de mai, il devient gérant d’un café mais continue d’éditer l’ »Action syndicale », grâce à une petite imprimerie. De nouveau incarcéré à plusieurs reprises et envoyé de force au front en 1914. Il mourra  dans la misère et malade à Villeneuve-sur-Lot le 2 juin 1944.

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