la Coopérative ou la CCPM ?
« In va à l’Coopératif ou a l’CCPM ? ». Cette question, les familles de mineurs de Lens pouvaient se la poser au siècle dernier. Deux organismes possédaient leur coopérative, composée de magasins tels les superettes d’aujourd’hui. On pouvait s’y fournir en alimentation mais aussi en tissus, mercerie et même électroménagers.
La réponse à la question devait peut-être être due à la qualité du service, aux prix pratiqués, à l’amabilité des serveuses mais aussi certainement aux opinions politiques ou syndicales du mineur. Celle que l’on nommait la Coopérative était propriété de la Compagnie puis des HBNPC ; La CCPM était géré par des dirigeants de tendance communiste ou cégétistes.
LA COOPERATIVE DES MINES :
La Coopérative des Mines de Lens a été créée à la fin du 19ème siècle par la Compagnie dans le cadre de sa politique « sociale » qui l’avait poussé à faire beaucoup pour ses mineurs afin d’attirer des ouvriers d’autres régions, voire de pays. Elle entrait dans ce cadre avec la construction de logement, la création d’associations sportives, musicales et même colombophiles.
En 1920, elle portait le nom de Coopérative des Ouvriers et Employés des Mines de Lens comme le prouve ce document.

Le siège de la Coopérative se trouvait rue Bollaert, juste à côté de la fosse 1 (Là où se trouve aujourd’hui la Résidence Bollaert).
Plus tard, à la nationalisation, elle fit appelée « Coopérative des Mines du Groupe de Lens » puis « Coopérative des Mines Groupe Lens- Oignies ».
Dans chaque coron, on trouvait une succursale de la Coopérative. Plusieurs bâtiments existent toujours et ont changé de destination. Par exemple, celle de la Route de La Bassée (cité 14) où travaillaient Madame Monthuel et ma petite sœur est devenue une agence de la Caisse D’Epargne.
Dans le bâtiment de celle de la cité du 12, rue Fénelon ont été installés des logements sociaux. Dans celle–ci, la boucherie était distincte des autres commerces.
La CCPM :
C’est entre les années 1942 et 1944 que la Coopérative Centrale du Personnel des Mines du Nord-Pas-de-Calais (CCPM) tire ses origines, au départ pour succéder au service d’approvisionnement des houillères (SAH dissous en 1941). La CCPM est d’abord une association civile de type 1901 dont les statuts ont été déposés le 20 janvier 1945 et c’est alors un simple organisme de distribution, mais elle se transforme rapidement après la fin du ravitaillement afin de devenir une coopérative de consommation interentreprises anonyme à personnel et capital variables le 14 avril 1947 (249 500 actions de 100 francs sont mises en vente).
Les statuts de la CCPM sont une nouvelle fois modifiés lors de l’assemblée générale extraordinaire du 9 juillet 1955. La Coopérative Centrale du Personnel des Mines devient Coopérative Centrale du Pays Minier, c’est-à-dire qu’elle ne s’adresse plus uniquement aux mineurs mais à l’ensemble des consommateurs qui sont à l’époque admis dans les magasins sociaux.
La CCPM est une coopérative marquée par une forte empreinte communiste et elle est caractérisée, pour ses fondateurs et dirigeants, Auguste Lecoeur, Victor Foulon, par une idéologie progressiste qui vise à l’émancipation ouvrière par l’accès à une contre-culture à l’opposé de l’atmosphère de l’époque.
Auguste Lecoeur
La CCPM a connu une implantation plutôt houleuse dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Entre 1947 et 1949 la CCPM ouvre plus de soixante magasins qui sont en concurrence directe avec ceux d’autres coopératives allant parfois jusqu’à occuper des locaux qui ont dû être abandonnés au début de la guerre : comme à Billy-Montigny en 1948 où la CCPM a dû restituer des locaux utilisés pour la distribution du ravitaillement à la coopérative de Courrières propriétaire des lieux.
La CCPM connaît un développement très rapide et très important avec un chiffre d’affaire et un nombre de sociétaires supérieurs à ceux de toutes les autres coopératives existantes. Ci-dessous une réclame de la CCPM dans les années 50 sur un buvard de l’époque.
Mais la CCPM ce n’était pas que ces magasins de corons : La Maison du Peuple , rendue célèbre par les grèves de 1906 et Broutchoux, est devenue une librairie coopérative fondée par la CCPM et qui sera cédée par la suite au Syndicat des Mineurs Cégétistes. De colonies de vacances qui ont été organisées par la coopérative en partenariat avec L’Entr’aide Sociale du personnel des HBNPC (par exemple dans la villa d’Acq à Villers-au-Bois dans le Pas-de-Calais).
La CCPM de la Route de Lille (cité 2)
La CCPM reste en activité jusqu’en 1985, année au cours de laquelle elle est mise en règlement judiciaire le 18 septembre puis en liquidation des biens le 25 novembre à la suite de grosses difficultés financières. C’est sous la direction de Gaston Filiot, dernier président directeur général de la coopérative, que celle-ci cesse définitivement son activité le 14 février 1986.
Dans la mémoire collective, le nom de Beaumont (commune qui fusionnera avec Hénin Liétard) est toujours très attaché à la CCPM, là s’était implantée le siège social et les entrepots sur le site d’une ancienne briqueterie qui laissera place ensuite à une filature de lin.
Dans la cité 14, la CCPM se trouvait Route de La Bassée, à côté d’une boulangerie et d’une boucherie. Ce bâtiment, transformé en habitation, existe toujours :
On peut voir au dessus des fenêtres les traces de l’enseigne du magasin :
NB : Un grand merci à mon grand frère Michel qui, grâce à ses souvenirs personnels, m’a permis d’orienter mes recherches pour cet article. Salut Frangin.
14 commentaires »
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Salut Claude,
Pour répondre à ta question, c’est bien-sûr, sans hésiter, je réponds C C P M !!! Nous avions une CCPM à Avion, ça devait être le plus grand magasin d’Avion en ce temps là. Nous y avions acheté avec mon épouse, notre première chaîne stéréo ! On s’était saigné pour cet achat, je m’en souviens, on pouvait mettre plusieurs disque à la fois qui tombaient au fur et à mesure…
Et puis, comme le disent les commentaires dans ton blog, ça correspondait à mes idées ! (merci pour toutes ces précisions à ce propos).
Mon épouse, Dany a effectué des remplacements dans ce magasin et a servi a mangé à la cantine CCPM de Beaumont, pendant les congés en dépannage…
aller, à +
jc
Dernière publication sur Le lensois normand : C'est fini (pour le tome 1)
Et même qu’à BEAUMONT, il y avait en Septembre la fête de la CCPM avec de nombreux artistes ,POLNAREFF
Hugues AUFFRAY etc…
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J’ai été ,tu le sais,très au coeur de cette période et à la lecture de ta prose deux souvenirs vécus me sont revenus à l’esprit.
Derrière la Coopérative des Mines,près de la gare Sainte Elisabeth on avait construit un abri ,comme un peu partout dans la ville. Lors d’une alerte des jeunes vendeuses du magasin s’y sont réfugiées.Une bombe est tombée sur l’abri:il n’y a pas eu de rescapée.
Auguste Lecoeur: J’ai vibré à ses envolées oratoires quand, maire de Lens, il inaugurait le jardin public près de carrefour Bollaert.Il a ensuite été exclu du parti communiste.Quand on a fermé le dernier puits des mines de charbon,alors que certains s’attendrissaient sur l’événement,je l’ai entendu dire à la radio: « Moi je ne pleure pas car c’est un bagne qu’on ferme »
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eh ben moi je suis bien sur pour la coopérative …..c’est la que j’ai commencé a travailler,nous y avons passé un tres bon moment meme si Mme monthuel n’était pas toujours tres sympa…moi j’en garde un tres bon souvernir et encore une tres grande amie Lili ………….;merci pour cet article
gros bisous de ta petite soeur
Sur que c’était bien ces petits commerces. Les gens s’y retrouvaient et cela permettait de se parler, de s’apprécier donc de vivre ensemble. Ca aussi, ça a été détruit par les hypermarchés ou tout est inhumain : même ces pauvres caissières n’ont plus le temps de discuter avec les clients.
Grosses bises à toi aussi p’tite soeur ainsi qu’à ta copine Lili.
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Bonjour. J’ai travaillé à la CCPM de Lens et celle d’Hulluch en 1971. Pouvez-vous m’indiquer où je pourrais obtenir un certificat de travail ? Merci.
Bonjour, Je suis comme Béatrice PERMUY et j’ai besoin (pour mon dossier de retraite) d’un certificat de travail. Où puis-je m’adresser? Merci de bien vouloir me renseigner. Meilleures salutations. MJ MICHEL (née PICAVET)
mon ami a travaille ala ccpm de avion 1971 alain guillemant on lui demande aussi pour sa retraite ou s adresse merci
BONJOUR A TOUS LES ANCIENS DE LA CCPM
J’Y AI TRAVAILLE DE 1973 A LA FERMETURE ET EN AI GARDE
UN EXCELLENT SOUVENIR
DOMMAGE QUE L’ON EST PAS SU PRENDRE LE VIRAGE DU
COMMERCE MODERNE
SALUTATIONS A TOUS
Moi aussi jai travailler comme electricien de 1974 a 1978 au siegev.mon pere a ete un des dernier a fermer la porte .felicien .
J’ai grandi au 5 rue de compiegne courrieres (de 1958 à 1981)
A hauteur de la route d’harnes le magazin CCP
était à côté du café chez tiot belge que de souvenir
aujourd’hui 58 ans je vis à marseille chauffeur routier
Mon père a été administrateur dans les annees 60 il me reste queques photos de v.foulon deux magasins existaient sur noeux les mines d on celui du 258 rt nationale que ma mere tenait c est autant du docteur vesquel,peut on se procurer cette documentation.
C’est extraordinaire de découvrir les archives historiques sur ce site ! Beau travail nous avons quitté le Pas-de-Calais depuis 22 ans et c’est à la suite d’une discussion que nous avons Googlé. Hahaha super les ch’ti varois
Bonjour. Je suis rédactrice en chef du journal citoyen méricourtois « Bouche@oreille ».Dans ce journal, nous aimons retracer le passé de Méricourt et environ.Nous avons déjà publié des articles sur la mine,la SNCF, les guerres qui ont eu lieu sur notre département et bien d’autres encore selon l’humeur et la demande de l’équipe.Pour le numéro en cours de réalisation,le N° 34,nous désirons faire un article sur les commerces des années 50/60.Je suis intéressée par un photo:la coop00.jpg. M’autorisez-vous à la publier dans le journal ? Vous pouvez me contacter sur l’e-mail ci-dessus ou me contacter sur le 0 748 65 95 28. Vous remerciant par avance. Sincères salutations. Madame Caron