Le Lensois Normand

Tome 2

Archive pour février, 2010

Les grèves de 1906 vues de Lens (3)

Posté : 1 février, 2010 @ 7:05 dans Histoire, La Mine, Lens | Pas de commentaires »

14 mars 1906 :

La grève est déclarée aussi dans la Compagnie de Dourges. Les mineurs refusent de redescendre au fond. Les syndicats appellent à une grève générale qui s’étend rapidement aux puits environnants. On compte déjà 25 000 grévistes 

14 mars 1906, 21h00, Lens :

Les adhérents du jeune Syndicat sont réunis à « La Maison du Peuple » rue de Paris, à Lens. Il sont environ 1200. Broutchoux annonce que les mineurs de Liévin ont re­poussé le programme des revendications élaboré par le syndicat « Basly ». Il les critique, puis présente celles de la Fédé­ration dont la principale : 8 heures de travail, 8 francs de salaire !

maisondupeuple.jpg

14 mars 1906, Paris

Entrée en fonctions du cabinet Sarrien, Georges Clemenceau est nommé ministre de l’Intérieur.

16 mars 1906

Tous les puits sont maintenant en grève, la dernière à rejoindre le mouvement est la fosse 5 de LENS.

16marsfosse5.jpg

 La grève s’organise, comme toujours chez les  » gueules noires « , autour d’un certain nombre d’activités, dans lesquelles les femmes jouent un rôle important : manifestations quotidiennes, réunions, collectes et distribution de vivres qui témoignent de l’élan de solidarité dont bénéficie la corporation. 17 mars 1906, 12h00, Lens 

Clémenceau, tout nouveau ministre de l’Intérieur,  arrive en automobile à Lens. Il est accompagné du préfet et d’un ingénieur des mines à Paris.  Il rencontre à la mairie les représentants du vieux syndicat et leur fait part de son intention d’envoyer des troupes pour protéger les fosses d’agitateurs susceptibles de se livrer à des actes regrettables. Les délégués Evrard et Beugnet protestent. Le ministre lance un appel au calme, affirmant que le Gouvernement fera son possible pour éviter les heurts entre grévistes et forces de l’ordre. Un accord est conclu de faire garder les puits de mine par l’armée. 

Peu avant 13 heures Clemenceau se rend à pied à la Maison du Peuple. 

17marsclempied.jpg

Benoit Broutchoux est absent. Le ministre de l’intérieur négocie alors avec son adjoint, Plouvier qui accepte la proposition de Clémenceau mais demande au ministre de parler aux grévistes. 

Ils sont deux mille environ à l’accueillir dans la salle de bal au cri de: Vive la grève !

Imperturbable, Clémenceau déclare : « Il ne m’appartient pas de discuter vos revendications. Je viens vous dire seulement que le Gouvernement de la République entend faire respecter la légalité par tous. La grève constitue pour vous un droit absolu, qui ne saurait vous être contesté. Mais la loi est la loi ; sous un gouvernement démocratique, tout le monde doit s’incliner devant elle et lui obéir ». 

Pour Clémenceau, la première partie est gagnée, la présence de troupes militaires permettra de sauver l’outil de production indispensable à l’économie nationale. 

Cependant, en même temps, Clemenceau fait saisir le registre sur lequel les délégués inscrivent leurs observations dans le but d’officialiser la thèse de l’accident et les ingénieurs, afin de faire reprendre l’extraction au plus vite décident de mettre un terme aux opérations de sauvetage.

17 mars dans l’après midi, LensLe congrès du Vieux Syndicat a lieu à la mairie de Lens. Emile Basly rend compte des revendications établies dont : 

- Augmentation des salaires pour les mineurs et les galibots 

- Versement d’une pension après 25 ans de service  - Descente des ouvriers à 6h du matin dans toutes les compagnies et remonte à 2 h - Arrêt des discriminations syndicales, politiques et religieuses 

Le Congrès désigne ensuite 27 délégués appelés à participer à la réunion de Paris. Une fois la réunion terminée, Basly prend aussitôt le train pour Paris.

17marsbaslyrendcompte.jpg

Pendant tout le Congrès, sur la Grand-Place face à la mairie, une foule immense. Des cris : « Vive la grève ! » « Huit heures ! Huit francs ! ». Mais aucun incident. Le jeune syndicat de Broutchoux, plus favorable à une grève dure et violente, semble prendre le dessus sur celui de Basly. 

 

Cependant, le maire d’Avion, Octave DELCOURT déclare: « Aujourd’hui qui peut conduire la grève ? Evidemment seul le Vieux Syndicat. C’est lui, et non le Jeune Syndicat qui doit être l’éclaireur de la route. Il est écœurant de voir des camarades s’insulter comme ils le font. Donnons, nous au Vieux Syndicat, le bon exemple ; disons au Jeune Syndicat de venir avec nous ».

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