Le Lensois Normand

Tome 2

La Cité des Cheminots

Classé dans : Avion,Le Nord,Lens — 11 mars, 2010 @ 18:23

      Avant-propos: Un grand merci à mon beau-frère Gilbert et à ma grande soeur Geneviève pour leur participation à cet article de par leurs souvenirs personnels ou leur intervention auprès de la mairie d’Avion. Gilbert est « mondialement » connu dans la cité des Cheminots pour avoir été pendant quelques années le gérant de la Salle des Fêtes mais aussi pendant plusieurs décennies vendeur à l’économat avant de finir sa carrière de Cheminot à la Section Equipement de Lens puis d’Arras.

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Gilbert et Geneviève à l’époque où ils s’installèrent à la Salle des Fêtes   

     Bien qu’elle ne soit pas sur le territoire de Lens, la cité des Cheminots fait partie intégrante de la ville. De tout temps, de nombreux cheminots habitant cette cité travaillaient à la gare de Lens ou dans les environs. C’est certainement son implantation première, le long de la côte de la cité Mongré, rue d’Avion qui a donné à cette cité le nom de « Cité des Cheminots de Lens ». 

     Lorsque vous arrivez à Avion en provenance de Lens, vous passez sous la voute piétonne du pont Bourel et vous tournez à gauche. Là, vous rencontrerez quelques commerces sur votre droite puis, un peu plus loin, une chapelle sur votre gauche. Vous êtes arrivé en plein cœur de la Cité des Cheminots. 

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 Le Pont Bourel hier et aujourd’hui    

     HISTORIQUE :

    A la fin du XIXème siècle avec les mines et les chemins de fer, Avion s’agrandit vite. Des coopératives ouvrières voient le jour. Les corons miniers côtoient les cités des cheminots. Pour loger les premiers cheminots de cette fin de siècle, la Compagnie du Nord fait construire un lotissement de plus d’une centaine de maisons à proximité du dépôt de locomotives en 1884  à l’emplacement de l’actuelle cité Montgré. Cette cité est alors considérée comme à la pointe du progrès. 

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     Comme la plus part des communes de la région, elle sera intégralement rasée par les bombardements de la Première Guerre Mondiale. 

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    Après la libération, le fonçage des puits de la fosse 7 d’Avion commence en 1920 et le siège redémarre son exploitation en 1924. Parallèlement la compagnie de chemins de fer du Nord intensifie son trafic. Le triage de la gare de Lens se développe, on en reconstruit le dépôt sur le territoire d’Avion. La reconstruction des habitations de la cité des cheminots a débuté en 1922 et regroupait 700 à 800 logements à cheval sur deux communes (Avion et Méricourt). 

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     Les logements sont construits avec les moyens du bord et ont un « look » particulier, bien différent des Cités minières. L’idée vient de Raoul Dautry, ingénieur en chef de l’entretien du réseau du Nord et administrateur de la Société d’études générales, urbaines et sociales. (A la Libération, il sera nommé ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme dans le Gouvernement provisoire du général de Gaulle). Il est l’initiateur de nombreuses cités ouvrières pour les cheminots. 

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     Les Cités sont bâties pour fonctionner seules et de manière autonome avec leurs propres infrastructures.  La photo aérienne ci-dessous montre la forme ovale de la Cité d’Avion : insérée entre les lignes de chemin de fer, à proximié immédiate du dépôt, il semble que la cité veuille se démarquer du reste du paysage local.

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     Les cheminots vivaient un peu en autarcie dans la cité et faisait leurs courses a l’économat. Il y a en effet un sentiment d’appartenir à une famille. D’ailleurs on se dit tous bonjour, on se tutoie, on a le même outil de travail, chacun s’en occupe selon ses capacités, mais sans l’un l’autre ne peut plus travailler. 

    La cité possède ses écoles élémentaires : 

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Sa salle des fêtes qui servait aussi de cinéma : 

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      Voir l’article sur la Salle des Fêtes sur le blog d’Olivier Joos consacrés aux cinémas du Nord-Pas de Calais ici : http://cinemasdunord.blogspot.com/2010/01/le-cinema-de-la-cite-des-cheminots.html

Son école ménagère : 

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Et même sa propre place des sports : 

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LA CITE SFCI            

    A la fin des années 50, pour répondre à la demande de logements locatifs de plus en plus nombreux, a été créée la cité SFCI entre le stade Javary et le dépôt sur un terrain appartenant à la SNCF. Ce lotissement était habité par des familles de jeunes cheminots et comprenait une centaine de logements réparties en 4 blocs.  Au centre des immeubles se trouvait une aire de jeux.

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Une famille pose devant les logements de la cité SFCI 

LA SECONDE GUERRE MONDIALE : 

     La cité des Cheminots a souffert de ce conflit. Alfred Buquet raconte dans son journal « Lens et la Seconde Guerre Mondiale » dans les dossiers de Gauhéria (n°38 de septembre1997): Nuit du 20 au 21 Avril 1944 

     « Entre la cité des cheminots à Avion et la fosse 4 de Liévin, le sol est bouleversé, des bombes à retardement éclatent encore le soir du 21. 1500 bombes larguées par les Britanniques sur le dépôt, la Cité des Cheminots fut gravement endommagée et beaucoup d’habitants périrent dans leur sommeil, ensevelis sous les décombres. Le spectacle est terrifiant : maisons écroulées, rues et jardins creusés d’immenses cratères, débris de toutes sortes, chaos indescriptible. Le soir, on compte 110 morts et les recherches sont loin d’être terminées.  Le 26 avril, se seront 236 victimes qui seront inhumées ». 

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Photo issue de la revue Gauhéria n°38 « Lens et la seconde guerre mondiale » 

     Voici un extrait du récit d’un témoin qui avait 18 ans à l’époque du bombardement d’AVION, dans la nuit du 20 au 21 avril 1944 : 

      « A 23 h 30,  on entend les avions. Ceux ci lancent des fusées qui éclairent comme en plein jour. Pendant 30 minutes. Nous étions dans l’enfer. Enfin, les bombes cessèrent de tomber et les avions s’éloignèrent. Une fois dans la rue, nous apercevons une grande lueur du côté du dépôt et une autre vers la cité du 4. Deux jeunes hommes viennent de la cité des cheminots et disent qu’il y a de nombreux morts et que la plupart des maisons sont détruites. 

      Le lendemain, avec deux copains, je vais voir les dégâts à la cité des cheminots. On ne voit partout que des maisons abattues, des trous de bombes, les habitants évacuent. Des arbres sont déracinés. Sur la route qui mène à l’économat, on ne voit que des maisons démolies. La rue est trouée de trous de bombes». La cité sera de nouveau bombardée le 11 mai. 

LA RESISTANCE : 

     Les cités cheminotes, les centres de voies ferrées, les dépôts, les triages, les ateliers et les gares sont un véritable maquis et quelqu’un qui ne connait pas le terrain a du mal à se repérer; c’était le cas pour la sinistre Gestapo et ses agents. Toutes les catégories de cheminots ont participé aux actes de résistance, à Avion comma ailleurs. Les premiers actes de sabotage ont eu lieu très tôt, dès l’hiver 1940-1941.

     Les cheminots ont également été victimes de la répression. Elle s’organise en deux périodes : jusqu’à la fin de 1941, la répression s’intéresse surtout aux militants communistes. Ils sont pourchassés soit sur dénonciation, soit sur liste, soit pour des activités militantes. À partir de 1942-1943, la répression frappe tous les mouvements de résistance. 

Le Monument aux cheminots résistants 

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     Au cœur de la cité des Cheminots, sur la Place des Martyrs de la Résistance, se dresse le monument en l’honneur des cheminots résistants de la guerre 39-45 inauguré le 7 mai 1972. Les plans du monument ont été dressés par un cheminot : Jean ANTONIAZI. 

   Une voie ferrée monte au milieu d’un massif fleuri, elle se termine par des rails tordus en forme de flamme enchevêtrés de traverses. Cette mise en scène simule un sabotage de voie.

L’ECONOMAT : 

    Après la première guerre, lors de la construction de la cité à Avion, une coopérative et une boucherie furent installées près de la salle des Fêtes (rue Alexandre Gressier, où se trouve aujourd’hui la salle Roger Blezel).

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On distingue la coopérative sur la gauche de la salle des Fêtes.

    Après la bombardement de 1944 qui a détruit la bâtiment, c’est l’économat de la cité qui reprit les ventes de la coopérative. Il se situait rue Marcel François, près de la ligne de chemin de fer. On y trouvait de tout à l’économat : de l’alimentation, des vêtements, des ustensiles de cuisine, des outils, de la mercerie, des produits de jardinage, de l’électroménager et même du charbon qu’on faisait livrer à domicile…Toujours des prix imbattables… Les économats étaient gérés par des commissions paritaires constituées de représentants de la direction et d’élus des salariés. Les dépenses des cheminots pouvaient être prélevées directement sur leur salaire.

   Le premier économat d’Avion était constitué d’un bâtiment en dur pour la boucherie et de deux autres en bois pour les autres commerces et la réserve. Les marchandises arrivaient par wagon sur une voie férrée longeant l’économat.

   Vers 1966-67, devant la vétusté des bâtiments, la SNCF décida de construire un nouvel économat sur un terrain de 590 m2 lui appartenant près des anciens bâtiments.

    Avec l’arrivée des grandes surfaces, les économats sont devenus moins intéressants pour les cheminots. Celui d’Avion a été fermé au printemps 1980. Aujourd’hui, il ne reste plus rien des bâtiments de l’économat : un nouveau lotissement a été construit à la place.

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LE TRAMWAY : 

    Un petit chemin de fer à voie de 60 cm a été créé en 1923 par le conseil d’administration de la cité des cheminots de Lens pour désenclaver les habitants : le petit train, surnommé le tramway, les conduisait jusqu’à la gare de Lens où il avait son terminus avec quai à l’intérieur de la gare du réseau Nord et comportait 4 stations dont sur la photo celle des écoles. 

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    La loco provenait des mines de Courrières.  Il y avait 3 voitures à bogies construites par les cheminots de l’atelier de Lens. Ce train permettait aux cheminots de la gare de Lens de se déplacer entre leur logement et leur lieu de travail : c’était l’ancêtre des navettes automobiles qui relient toujours aujourd’hui la gare de Lens à la Cité pour principalement les conducteurs qui sont en repos loin de chez eux au foyer des roulants de la cité.

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Le foyer

LES SPORTS : 

   L’US Cheminot, club de football, a été constitué après la première guerre mondiale en 1921 et était composé uniquement d’employés de la SNCF. Il avait été créé par le district SNCF du dépôt de Lens. Un baraquement en bois, tout proche de l’économat, servait de bureau et de vestiaires. Pour rejoindre le nouveau terrain de foot du stade Javary il fallait emprunter le tunnel réservé aux piétons et qui existe encore. Il passe sous les voies ferrées du dépôt de locomotives de Lens. 

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Ci-dessous, l’une des premières équipes de l’USC (photo La Voix du Nord) : 

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   Tout près du stade Javary, une piscine avait également été construite. 

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LE DEPOT :     

      D’après les archives du réseau du Nord, on peut considérer que le premier dépôt fut édifié en 1884 dans un triangle formé par les voies principales Arras-Dunkerque, Lens – Don-Sainghin et Hénin Liétard qu’on nomme le raccordement d’Avion. En 1918, à la fin de la Première guerre mondiale, le Dépôt est entièrement détruit. 

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    C’est en 1921  qu’est édifié un nouveau dépôt  à cheval sur les communes d’Avion, de Sallaumines et de Méricourt : deux bâtiments sont construits. 

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    Dans la nuit du 20 au 21 avril 1944, des avions britanniques bombardent le dépôt. Les remises et le matériel subirent de nombreux dégâts. Le 11 mai, nouveau bombardement du dépôt mais seulement deux bombes atteignent leu cible et occasionnent peu de dégâts. 

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Photo issue de la revue Gauhéria n°38 « Lens et la seconde guerre mondiale »

     Il est électrifié le 22 Octobre 1957 et l’arrivée des premières locomotives électriques signe la fin prochaine de la vapeur. Les installations du dépôt sont modernisées pour recevoir ces nouveaux engins. 

Une vue aérienne du dépôt dans les années 60 : 

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    1963 voit la dernière des locomotives à vapeur quitter le dépôt et  l’arrivée des locomotives diesel de la série BB 63000 et électriques de la série des 17000. 

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     C’est en 1973 qu’une des trois voûtes de la remise est démolie. En 1994 l’établissement de maintenance du matériel de Lens (EMM de Lens) se transforme pour accueillir de nouveaux engins. Au dépôt est annexée l’Antenne du Pôle Régional de Formation qui reçoit en permanence des groupes d’élèves, apprentis conducteurs ou confirmés en recyclage. 

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La chapelle Saint Eloi  

     Jamais deux sans trois ? Qui ne connaît l’histoire de cette chapelle, fierté des habitants de la cité des cheminots d’Avion, détruite à deux reprises par incendies d’origine criminelle : la première chapelle, toute en bois, incendiée dans la nuit du 21 au 22 septembre 1970, la seconde, bien que construite en dur, dans la nuit du 29 au 30 mai 2004. 

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Les deux premières chapelles

  C’est le mardi 16 janvier 2007 à Arras en présence de Mme Darras, au nom du service immobilier diocésain et de M. Montaigne, architecte que la décision est prise de reconstruite une troisième fois la chapelle.

    Le chantier démarre le 6 février 2007 après la signature des marchés de travaux le 30 janvier. La nouvelle chapelle a été bénie par Monseigneur Jean-Paul Jaeger et mise en service le 18 mai 2008.

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LA CITE AUJOURD’HUI VUE PAR UN ANCIEN CHEMINOT 

     La Cité a beaucoup changé…Ce n’est plus la même ambiance, les Cheminots ont pratiquement « disparu », il n’y a plus beaucoup de jeunes. Maintenant il y a beaucoup de personnes « étrangères » à la SNCF. On a vu arriver d’autres professions. Avant on vivait entre Cheminots, on avait nos problèmes de Cheminots, on se comprenait, on était tous dans le même bain, on était réellement soudé. Mais la Cité évolue. 

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La rue du Bonnier hier et aujourd’hui

35 commentaires »

  1. Jean Claude dit :

    Salut Claude,
    Très bien l’article sur la cité des cheminots, mes parents et grands parents y ont habité, moi-même, de 1973 à 1981 avenue de France sur Méricourt…
    Tu parles du « tramway » : ce nom ne me dit rien…; ma mère (si mes souvenirs sont bons ??) parlait du tacot…
    à voir
    jc

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  2. HENAUT J-C dit :

    Bonjour,

    Il est vrai que les anciens disaient tacot.
    Pour se rendre à Lens ma mère prenait « l’tacot ».
    je demeure à Méricourt.
    Voici un lien sur l’histoire de Méricourt

    http://amismericourt.blogspot.com

  3. Gilbert et Geneviève dit :

    Bonjour CLAUDE,
    C’est très bien ce que tu as fait sur la cité des cheminots. Sur les photos nous etions jeunes et beaux.
    Je crois savoir que l’eglise a été batit par les CANADIENS après la guerre. Quand elle a brulé (en 1970,le crucifix a été refait avec le bois qui n’était pas brulé.
    bisous GENEVIÈVE

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  4. Hervé dit :

    Salut
    Que de bons souvenirs…Et dire que je m’y retrouve, moi aussi en photo… Dommage qu’il n’y ait pas des photos de l’Economat. Cela eut été un pur bonheur ;)

  5. chti76 dit :

    C’est vrai, dommage de ne pas avoir trouvé de photo de l’économat, cet endroit est plein de souvenirs pour beaucoup. Si jamais un des visiteurs de ce blog en possède une, qu’il n’hésite pas à me contacter.

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  6. Roland dit :

    J’ai découvert une ville dans la ville née d’un coorporatisme exacerbé presque d’une dérive communautaire(vous parlez d’une vie en autharcie). Cette idée est confortée par la vue aérienne qui évoque presque un camp retranché.

    Excusez-moi c’est une réaction épidérmique qui est sûrement très loin de la réalité et que je me permets de soumettre à votre bienveillante indulgence.La discussion est ouverte. Allez les anciens cheminots à vos claviers!!!

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  7. Hervé dit :

    Bonjour.
    Je ne suis pas ancien cheminot, mais plutôt fils de cheminot et jamais au grand jamais je n’ai ressenti ce que décrit Roland.
    Sans être expert en la matière, il me semble que les houillères fonctionnait d’une manière relativement semblable, avec ces ma gasin, les écoles, ces corons… à la différence que les mineurs ou plus simplement les employés des houillères étaient « x » fois plus nombreux que les cheminots.
    Maintenant n’était pas l’intérêt économique des chemins de fer de l’époque que de garder ses employés à portée de leur lieu de travail ? Je crois que cet intérêt économique était bien réel.
    D’ailleurs, cette stratégie n’a t’elle pas été appliquée ici ou là par l’EDF par exemple, pour ne citer que cette entreprise, ou d’autres firmes à des échelons locaux ?
    Il y a aussi le fait que l’esprit corporatiste était certainement une chose très réelle et très vivace dans l’esprit des gens de cette époque. Cet esprit grégaire a « malheureusement » disparu de nos jour ou tout le monde se fout de tout.
    Voili voilou, ce n’était qu’un avis que je laisse.

  8. Chti76 dit :

    Oui, Hervé, je suis d’accord avec toi. Ce que voulaient autant les Compagnies de Chemin de Fer que celles des houillères, c’était régnier sur leurs « troupes » en les regroupant dans des cités. On leur « offrait » les distractions (salles des fêtes…), les loisirs avec les jardins, les vivres avec les coopératives, l’éducation avec les écoles, les soins avec les dispensaires et même le culte avec les chapelles ou les églises. Le corporatisme est venu après, tout seul de ces conditions d’hébergement. Les cheminots, comme les mineurs venaient à l’origine de milieux et de régions très différents. Michel me confirmait à propos des mineurs que la solidarité, la camaraderie n’existaient réellement que lors des coups durs. Chez les cheminots, ça devait être pareil et pour moi, ce sont surtout ceux de la 2ème génération qui étaient plus proches les uns des autres. Ils avaient grandi ensemble, subit ensemble les mêmes désastres, connu ensemble les coups durs et le moments heureux de la vie en communauté, ceux là étaient peut être plus soudés.
    Vivre en autarcie, ce n’était pas une « dérive communautaire » mais une conséquence logique de la volonté des Compagnies de vouloir avoir la main mise sur leurs personnel.
    Quant au camp retranché : les corons ont été construits autour des puits; la cité l’a été entre les lignes de chemin de fer. Ca devait être dans le « cahier des charges » de Dautry, le concepteur de la cité.
    Mais ne vaut il pas une certaine vie en « communauté » comme alors, même si elle n’était pas parfaite plutôt qu’une ignorance, un égoïsme total de son voisinage et un renfermement sur soi-même comme aujourd’hui ?

  9. milluy dit :

    content d’avoir trouvé ce site – surtout de revoir gilbert avec qui nous avons travaillé à l’économat que de bons souvenirs – de la part de jean paul ( branque dethym) et jocelyne – en éspérant que gilbert va nous lire – merci encore de revoir les anciennes images de la cité – jean paul et jocelyne de arras

  10. Volvic62 dit :

    Fils d’un modeste cheminot, je garde un excellent souvenir de mes 10 premières annèes passées dans la cité. J’y ai fréquenté l’école jusqu’au CM2, je passais mes vacances au CLSH à la salle des sports ou sur le stade Javary où j’ai appris à nager à la piscine. J’ai fait ma communion à l’église St Eloi, je fréquentais la bibliothèque tous les mercredis, j’allais faire les courses à l’économat, Je prenais des cours de cuisine avec Mlle Deroo, etc …
    Sans oublier le Handball où si je me souviens bien, nous étions champion régional.
    J’ai d’ailleurs récupéré, à la mort de Mr Blézel une partie de sa collection de diapos (certaines datent des annèes 50) et depuis je numérise tous les documents ou photos de la cité qui me passent par les mains avec l’espoir, un jour, de les publier sur un site Internet.
    L’histoire de la cité est devenue pour moi un hobby!

  11. Gilbert dit :

    CITATION :

    « J’ai d’ailleurs récupéré, à la mort de Mr Blézel une partie de sa collection de diapos (certaines datent des annèes 50) et depuis je numérise tous les documents ou photos de la cité qui me passent par les mains avec l’espoir, un jour, de les publier sur un site Internet.L’histoire de la cité est devenue pour moi un hobby!  »

    Ca c’est une chose qu’ il ne faut pas hésité a faire ! Créer et gérer un site web avec des documents d’époque, et de le faire partager a tout le monde : c’est une bonne idée. En plus ça pourrai peut-être aider d’autres personnes, comme le blog d’Olivier Joos, http://cinemasdunord.blogspot.com

  12. busiaux dit :

    arrivé en 1961 a la cité j’ai pu costaté le changement

    moins de cheminots et moins ouverte.les nouvelles construction qui déguise et l’abandon des anciens
    logements pas de travaux

  13. manu dit :

    Bonjour les (anciens) collègues!
    Je suis un tout petit jeune de 22 ans, cheminot parisien, cheminot dans l’âme, fils et petit-fils et arrière petit-fils de (mais pas tous du terrain… n’empêche). Et je suis assez « fasciné », disons intéressé, très curieux de tout ce qui concerne notre passé de cheminot, les anciens, comment ça marchait, comment était le boulot, etc etc… Du coup je cherche des contacts… Y en a parmi vous ?
    A bientôt!

  14. schatteman anais dit :

    bonjour, moi j’habite toujours aux Cheminots et ça a vraiment changé depuis ce temps. Je reconnais quelques endroits mais pas tout. lol

  15. lesur michel dit :

    fils de cheminots ( mon pere été au centre d’apprentissage)j’ai travailler a l’économat de 1970 a 1974 avec GILBERT GISELLE GUY (le boucher)puis au dépot.la retraite en 1999 j’habite toujour la cite chemin chiconnet

  16. lhermite bruno dit :

    content d’avoir trouvé ce documentaire qui me rapelle tans de souvenir d’enfance j’abitai rue lamendin de l’autre coté des vois de chemin de fer ont joués dans le terrain vague qu’ont apellés trou de bombe il y avait la ligne de chemin de fer des houllieres qui etait la limite de notre terrain de jeux qu’ont passés pour aller voir de l’autre coté bien qu’interdit par nos parents la curiosités etait plus fort du haut de nos huit,dix ans pleins de bon souvenirs de la picine ou des locomotives a vapeur et autre.

  17. bermond andré dit :

    Des souvenirs ,plein de souvenirs …

  18. heleanne27 dit :

    Excellent article sur la vie dans la cité des cheminots de Lens au XXème siècle.
    Je suis d’accord avec la conclusion de Chti 76, cette vie « communautaire » dans ma prime jeunesse dans une cité des Houillères (Cité des Fleurs de Lens) a été la meilleure période de ma vie.
    Encore bravo pour la qualité de votre Blog cher Lensois Normand.

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  19. Brigitte dit :

    Bjr,
    je viens de découvrir ce site sur la cité des cheminots et je me suis remémorer des tas de souvenir en voyant toutes ces jolies photos. Je suis fille, petite-fille et arrière petite-fille de cheminots. Quand j’ai vu le jour en 1960, mes parents habitaient la cité, j’ai donc connu beaucoup de choses (la piscine, l’église construite par les canadiens et je suis allée à l’école Joliot Curie, les centres aérés au stade Javary, les ducasses qui duraient 3 jours avec ses bals, les animations, l’élection de Miss Ducasse….) enfin bref, que de bons souvenirs.
    A ce jour, j’habite toujours cette cité qui à complètement changé. Une mentalité de m…… Rien à voir à ce que j’ai vécu dans mon enfance. Il n’y a plus cette entente comme au par-avant et je trouve ça dommage. Notre cité n’a vraiment plus rien à voir.
    Mais, quand je ferme mes yeux, je repense au bon vieux temps et je m’évade dans mes souvenirs où il faisait bon vivre dans notre belle cité.

  20. QUENTIER Guy dit :

    Je suis fils de cheminot, mon père était chef de district je suis né au 14 avenue de France en 1933 et j’ai quitté la cité en 1952 avec beaucoup de regrets j’y ai laissé beaucoup de souvenir, premières amourettes, la vie de la cité que de bons souvenirs une cordialité que l’on ne rencontre plus de nos jours.
    Quel plaisir de revoir ces photos d’archives, la chapelle St Eloi, j’y étais enfant de cœur chante à la chorale, j’ai appris à nager en 1942 à la piscine, brevet de natation. Merci pour ce site.

  21. LE GARLANTEZEC Marianne dit :

    Bonjour,

    Je suis tombée par hasard sur votre site en cherchant des anciennes photos sur le Handball.
    je me souviens bien de ce monsieur ( la photo du couple) qui tenait la coopérative ou l’économat comme on l’appelait,
    je suis fille de cheminot,mon père travaillait au matériel comme on disait il me semble. J’ai grandi dans la cité des cheminots, j’y ai passé mon enfance, mon adolescence jusqu’à mes 24 ans. Ce sont mes plus beaux souvenirs, l’église St Eloi ou j’ai fait ma communion, le centre aéré pendant les grandes vacances, le handball avec Roger blézel, la salle des fêtes au bout de ma rue ( Rue Maurice Altazin), revoir toutes ces photos est très émouvant,
    superbe site vraiment !!!
    j’ai lu un commentaire de Volvic62 qui lui aussi a connu Roger Blezel, qui a récupéré pas mal de diapos,ce serait vraiment incroyable de découvrir ces photos d’époque.

  22. Daniaux dit :

    je suis presque née a la cité des cheminots , j’y suis arrivée à l’âge de 1 an en 1952.J’ai passé toute ma belle jeunesse , ces merveilleuses années dans cette belle cité .Je n’ai que des bons souvenirs à part Mr Blezel, contrairement à d’autres! Mais ,je suis une fille , ça doit être pour ça? je me suis mariée dans cette superbe église St Eloi ,avant qu’un idiot y mette le feu! Quel bonheur de trouver ce site, quelle bonne idée !On était une grande famille , on se respecter les uns les autres .J’ai choisi d’habiter un lotissement je pense pour retrouver cette ambiance, mais ça n’empêche que cette cité me manque énormément !!!j’essaie d’y revenir au moins une fois par an ,depuis longtemps nous sommes avec mon mari (de la cité également)venus habiter dans l’Yonne , pour le boulot. Nous avons pu voir cette année que notre fameux « débit de tabac « là ou on achetait nos bonbons , ou j’achetais « salut les copains » est fermé ! quel dommage , ça m’a fait de la peine , mais , bon , nous aussi nous avons quitté ce nid , si » rassurant » j’habitais la place Pierre Sémard au n°18. Comme nous avons été heureux , ,papa s’occupait de l’orphelinat des cheminots , il organisait des bals pour eux , juste a mon adolescence ,c’était génial , car j’ai pu l’aider ,être a ses côtés , dans ce que je pouvais faire évidemment , il avait une bonne bande de copains avec lui ! Bref , il y a tellement à dire ….Merci à la cité des cheminots ,de nous avoir donné tant de Bonheur ! Je pense toujours a vous tous qui m’avait connu , merci à vous de faire parti de mes meilleurs souvenirs !

  23. Fauvergue Régis dit :

    Je suis né à Avion (1968)et j’ai passé toute mon enfance à la Cité des Cheminots (Rue Alexandre Gressier,face à la Salle des fêtes),je suis tombé sur ce blog par hasard,bravo……….Souvenirs Souvenirs!

  24. carlier michel dit :

    Je vous prie de m’excuser de vous demander ce renseignement : je ne trouve pas l’adresse de l’amicale des anciens cheminots du dépôt de Lens. Alors, je vous écris à tout hasard. Pouvez-vous m’indiquer à qui je puis m’adresser pour retrouver la trace de Guy Défossez, ancien du magasin du dépôt de Lens, parti en retraite en 1994 ? C’est un de mes anciens collègues, et j’aurais voulu avoir de ses nouvelles et comment le contacter. Merci.Michel Carlier. PS : Votre reportage sur la cité des cheminots de Lens est magnifique.

  25. delefosse.henri dit :

    j’ai fait toute ma jeunesse dans cette cite .j’ai quitte a 23 ans.rue du chemin vert mericourt.que de bon souvenir.sauf les bombardements.cela me touche

  26. delefosse.henri dit :

    que de souvenir.j’ai fait ma jeunesse dans cette cite.communion certificat travail.les bombardements .tous mes souvenirs d’enfance.je suis touche de revoir les photos.j’ai certaines des ruines.j’ai 83 ans et je suis en vendee

  27. Mathieu pop dit :

    Bonjour à tous,

    Je viens d’emménager dans l’avenue de France sur Mericourt
    J’aimerai en savoir plus sur l’histoire de cette cité et de ma propre maison si possible puisque mon notaire ne sait pas aller plus loin de 1980..
    Vous pouvez me contacter par mail, ce sera un plaisir.

    Je cherche des informations, des anecdotes, des photos, bref tous ce que vous avez sur l’avenue de France.

    Mathieu

  28. Bonjour,
    Il existe un très beau site bien fait sur la cité des Cheminots de Lens. Voici le lien : http://www.cdclens.fr
    Vous pouvez contacter les auteurs de ce site qui vous donneront tous les renseignements que vous demandez.

    Dernière publication sur Le lensois normand : C'est fini (pour le tome 1)

  29. Mathieu pop dit :

    Bonjour,

    Justement, j’ai envoyé un mail depuis l’espace contact du site et… Rien du tout en plus de trois semaines.
    Je vais renvoyer mon mail au cas où.
    Je renouvelle mon invitation si vous avez des infos ;)

    Bien cordialement
    Mathieu

  30. J’ai cette adresse : contact@cdclens.fr
    C’est étonnant, ils répondent toujours habituellement.

    Dernière publication sur Le lensois normand : C'est fini (pour le tome 1)

  31. Fontaine Francine dit :

    je suis née à la cité des cheminots en 1943. depuis 1968 je suis partie en Haute-Savoie. je recherche si possible des photos de l’ancienne école Joliot Curie .est-ce que ça excise ? Merci d’avance à la personne qui la mets par internet

  32. dodard dit :

    fils de cheminot , je ne sais ou m ‘adresser pour
    trouver des articles ,documents,photos sur la cité des cheminots du Havre graville (76600) après avoir consulté
    les bibliothèques du Havre ainsi que les archives du havre je n ‘ais rien trouvé concernant ces citées ?
    tout a eté rasé pour y construire une voie rapide .
    ou pourrais-je me renseigner pour retrouver une trace de cette cité.

  33. Flament Hervé dit :

    Je suis cheminot et fils de cheminot, j’ai vécu à la cité rue Paul Asquin de 1966 à 1986. Que de bons souvenirs ! merci pour ce reportage !

  34. braems dit :

    je viens de decouvrir votre site, que de bons souvenirs un vrai regal, l’école primaire, le cathéchisme et ses catécheses (Mme Lourdelle et Mme Desprez),la ducasse, piscine,bibliothéque,et sans oublier une petite troupe de theatre dirigée par l’abbé Liebaert, répétitons et représentations dans la salle derriere l’eglise St Eloi.
    Il ne faut pas oublier ses petits commerces boucheries,magasin COOP,magasin « J »(NEN),droguerie et le magasin Sergent,pharmacie et son café.
    je suis né et vécu de 1951 à 1972 à la cité.

  35. pierre Raffier dit :

    je suis arrivé à la cité des cheminots a l’âge de 6 mois. je vivais au 55 de la rue Fernand Taverne entre M. Dufresne et M. Gignon
    Tous les ans, au mois de mars une soirée cinéma était organisé en hommage a tous les résistants fusillé par les allemands
    De même, chaque année, début juin, mon père ainsi que M. DANIAUX et ses camarades s’occupaient de la ducasse qui durait 3 jours ainsi que du comité des fêtes. De ce fait, chaque noël, on recevait ,de la part du comité, un cadeau jusque l’âge de 10 ans.
    Aujourd’hui je vis au Domaine du Montgré à Avion

    A tous ceux qui veulent se revoir ou parler de nos souvenir et apprendre le passé d’avion, je vous donne rendez vous le 30 avril 2016 à 19h30 a l’espace culturel « Jean Ferrat » derrière la mairie d’avion ou un film retraçant l’histoire de la cité des cheminots sera diffuser gratuitement.

    Venez nombreux

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