Le Lensois Normand

Tome 2

Des bus de toutes les couleurs !

Classé dans : Histoire,Lens — 23 septembre, 2010 @ 8:49

   Un voyageur descendant du train en gare de Lens demande à un passant comment se rendre à l’hôpital. « Ch’est simpe : vous allez su’l'plache d’vint l’gare pis vous prenez les Transports en Commun. Ch’est direct : y z’armontent l’route ed La Bassée ».(Traduction : »C’est simple, vous allez sur la place devant la gare et vous prenez les Transports en Commun. C’est direct en passant par la Route de La Bassée »). Sauf que «Les Transports en Commun» ne désignaient pas l’ensemble des bus mais était le nom de l’une des nombreuses sociétés de transport desservant Lens et ses environs.

   Cette histoire aurait pu être vraie dans les années 60. En effet, pendant longtemps, les transports entre la gare de Lens, les cités et les autres communes se faisaient des bus appartenant à des compagnies différentes selon une réglementation datant de 1939.

   Dès la reconstruction de la gare en 1927, les bus virent sur la place.

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   Il n’y avait pas de gare routière : les bus étaient rassemblés devant la place de la gare, sur ce qu’on appelle aujourd’hui la place du général De Gaule. Et il fallait connaître pour savoir quel bus prendre pour quelle destination !

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Voyageurs cherchant «leur» bus

   Voici ce que voyait donc le voyageurs sortant de la gare :

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    Les transporteurs étaient nombreux et se partageaient les dessertes. Il fallait savoir à quel chauffeur s’adresser. Surtout qu’ils n’étaient pas toujours dans leur bus : pendant les pauses, on les retrouvaient au Caron ou au café des Cheminots. Le seul repère : une plaque posée sur le pare-brise avec la destination finale. Pour l’itinéraire, il fallait deviner ou s’adresser aux autres voyageurs. Il n’était pas rare d’entendre, lorsqu’un « étranger » montait dans un bus : « C’est bien pour Liévin ici ? -Ah, non ! Ichi, ch’est pour Hénin. Pour Liévin, y’a un Westeel dins 10 minutes ».

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Deux Westeel en attente (pour Liévin ?)

    Il faut dire qu’entre les TRANSPORTS EN COMMUN LENSOIS et leurs bus jaunes, les verts de chez WESTEEL, les rouges de chez VAN BRABANT, les jaunes et bleus de chez BENOIT (qui ont racheté en 1962 les bordeaux et gris de chez DELLENGAIGNE), les LEBAS (beige et rouge), BIERVOIS (beige et bleu, société rachetée par Westeel) aux quels venaient s’ajouter les AUTOBUS ARTÉSIENS de Béthune ou les BAUDART de Billy Montigny, la Place de la Gare étaient un véritable capharnaüm «d’où qu’un quien n’y r’trouv’rot pas chés jaunes ! ». (pour les Français : « Où un chien n’y retrouverait pas ses jeunes », expression locale qui veut dire que c’est le foutoir le plus complet). Sans compter qu’à certaines heures de la journée certains bus, stationnés sur cette place, étaient réservés aux transports scolaires des collèges Michelet et Campan !

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Lequel prendre ?

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Un Baudart (sur la rue de Varsovie, il me semble)

    A cela, il fallait ajouter les CITROËN, concurrents directs de la SNCF, qui desservaient Lille, Douai et Arras.

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Les Citröen se trouvaient toujours à l’extrémité face à la rue de la Gare.

     Mais avec un peu de bonne volonté et avec la disponibilité et le sens de l’accueil des lensois, le voyageur finissait toujours par trouver son chemin. Et pour les moins dégourdis qui se trompaient quand même de bus, passer par exemple par les Grands Bureaux et la route de Béthune pour se rendre à Loison faisait faire un peu de tourisme et visiter la ville!

    Dès le début des années 70, avec l’augmentation du trafic routier, le stationnement des bus sur la place devenait ingérable et dangereux.

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    Il fut donc décidé de construire, dans la cour marchandises de la SNCF du côté de la rue d’Avion, une gare routière. Elle fut inaugurée en janvier 1973.

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     Les transporteurs étaient toujours les mêmes mais l’information des voyageurs se trouvait grandement améliorée et la circulation plus facile.

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    Et cela permis la création d’un parking sur la place de la Gare.

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     Aujourd’hui, il y a TADAO et la nouvelle gare routière qui sont venus améliorer les transports collectifs routiers.

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Un bus TADAO dans l’ancienne gare routière

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La nouvelle gare routière

    Mais dans le réseau TADAO, on trouve encore certaines de ces Sociétés de Transport qui coloraient la place de la Gare, même si elles roulent toutes aujourd’hui sous les mêmes couleurs :

    Ce sont toujours les Autobus Artésiens qui vont vers Béthune ou Bruay; Benoit vers Carvin via Vendin ou Wingles et Westell (racheté par Kaolis) vers Salaumines, Courrières, Hénin, Liévin, Noeux les Mines ou Vimy. Les autres compagnies semblent avoir disparu.

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Un « Artésien » et un Westeel roulant pour TADAO

  Un autre article sur la Gare de Lens et ses bus existe sur « Le Lensois-Normand » tome 1. C’est ici : http://chti76.unblog.fr/2008/10/22/histoire-de-la-nouvelle-gare-de-lens-et-de-ses-bus/

11 commentaires »

  1. Klavzer Jean Marie dit :

    Cela me rappelle beaucoup de souvenirs! En rentrant de l’armée j’ai été affecté comme douanier sur la frontière Belge, à Comines plus exactement. Comme je n’avais pas de véhicule, Citroën et Biervois eurent ma clientèle…Quelle époque!

  2. SALINGUE jean-claude dit :

    Un petit souvenir, concernant les autobus (Westell) qui desservaient Avion : Il y avait, accompagnant le conducteur, une jeune fille (ou jeune femme), qui était chargée d’encaisser les tickets, j’étais enfant, et toujours intrigué par la petite machine qu’elle portait autour du cour au moyen d’une bretelle en cuir, elle tournait une manivelle et donnait le ticket… Le conducteur avait une charmante compagnie et ça rigolait bien… En ce temps là les petits emplois ne manquaient pas et les compagnies n’étaient pourtant pas en faillite !!!

  3. RV dit :

    Sacré histoire que ces transports en commun. Pour aller à Lens on prenait le Van Brabant. Pour monter au 14, c’était le TCL, pour aller au 12, c’était les transports artésien, pour aller au bahut c’était le 771 Westell. Il n’y avait pas intérêt à se tromper ;)
    Qu’est qu’on a pu se faire tanner l’ fessier dans leur foutus bus Chausson.
    Je n’ai pas oublié non plus la tête du bonhomme qui vendait des chouchous à la gare ! :)

  4. Ah oui, j’aurai aussi du parlé de lui, le vendeur de chouchous. Il se baladait sur la place du matin au soir avec son panier en osier devant lui accroché à ses épaules. Peu avant le départ d’un bus quand presque tous les voyageurs étaient installés, il montait dans le bus pour vendre ses cacahuettes enrobées de sucre. Chacun avait droit à un chouchou qu’ il ditribuait avec une pince à la vitesse d’un springt de limaces ! Combien de fois a t’il failli partir avec le bus ! Et je crois bien que les chauffeurs le faisaient volontairement. T’as raison, RV, encore un souvenir qui me revient gràce à toi.

    Dernière publication sur Le lensois normand : C'est fini (pour le tome 1)

  5. HENAUT Jean-Claude dit :

    Bonjour
    Bravo pour le post.
    J’ai également des souvenirs avec les bus Artésiens
    A l’époque beaucoup de mineurs de la cité Camus de Méricourt étaient des « mutés  » d’Auchel Bruay.
    C’était vers 1955 alors le dimanche pour aller voir la famille à Calonne Ricouart une seule et unique solution le bus…Artésien !
    Pour faire les 35 kms il fallait au moins 2h 30
    Surtout il fallait prendre ses « précautions » avant le
    départ.
    Le voyage pour certains était une véritable expédition
    pour d’autres un calvaire, car pas d’arrêt « pipi »
    Je me souviens de l’homme aux chou-chou

  6. Bruno dit :

    Ils étaient deux, à une époque, les marchands de cacahuètes enrobés, à la veste de toile blanche. L’un d’entre eux faisait aussi la navette en train de Lens à Arras où je l’ai rencontré parfois.

    Il y avait aussi, parmi les personnages incontournables de la gare, Bruno, le marchand de journaux, en combinaison bleue et casquette ainsi que la marchande de fleurs que j’ai retrouvée il y a peu dans un resto proche de la gare de Lens, toujours active.

  7. Parmentier Marc dit :

    dans les années 69,70,71 il y avait meme un ancien bus d’ AIR FRANCE qui faisait la navette lens don-sainghin le matin et retour le soir. La ligne SNCF avait été fermée au trafic voyageurs. Le chauffeur s’ appelait a=André et j’ étais bien copain avec lui

  8. DEQUIDT dit :

    Bonjour

    Mon père a travaillé comme chauffeur de bus chez WESTEL LENS ANDRE DEQUIDT malheureusement décédé , il aurait 76 ans , si vous l’avez croisé si vous avez des photos des anecdotes, des histoires … Merci .

    RD

  9. DEQUIDT dit :

    Bonjour
    ANDRE DEQUIDT peut être
    dequidtrobert@gmail.com

  10. DEQUIDT dit :

    Mon père a travaillé comme chauffeur de bus chez WESTEL LENS ANDRE DEQUIDT malheureusement décédé , il aurait 76 ans , si vous l’avez croisé si vous avez des photos des anecdotes, des histoires … Merci .

    RD

    dequidtrobert@gmail.com

  11. Christian Ledoux dit :

    Bonjour. La photo NB que vous légendez « Bus Baudart, avenue de Varsovie » à en réalité été prise à Billy-Montigny, un peu à la sortie des garages Baudart, sur la Route Nationale, le bus se dirigeant vers Lens et la DS visible allant vers Henin. Nous sommes juste avant les feux des 2 places (dont Place Matthieu) et les anciens Ets Brayel – négociants en vin – en plein centre de Billy sur la RN43.
    Cordialement.

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