Le Lensois Normand

Tome 2

Lens, avant la Révolution Française

Classé dans : Histoire,Lens — 1 décembre, 2010 @ 10:59

  En 1605, Lens était totalement différente de ce qu’elle devint par la suite : pas ou peu de culture (la ville est entourée de marais et De Crombecque ne viendra les assécher qu’après 1800) et bien sur, pas encore de charbon (découvert dans les bois de Lens vers 1850).

  D’après les recherches que j’ai réalisé, voici, sur ce plan de Lens, l’implantation approximative des remparts de la ville au début du 17ème siècle.  Ces fortifications sont très anciennes, elles auraient été érigées en  1028 par le Comte Baudouin à la Belle-Barbe (ça ne s’invente pas un nom comme celui-là). Faites de grès et de briques, les énormes murailles étaient flanquées de tours rondes munies de meurtrières. Les fossés qui l’entourent sont garnis de pieux.  Vers 1700, la ville fut démantelée et ne resta qu’entourée de fossés.

planlens16051.jpg

  Sur ce document, on y voit que la ville ne représente que très peu par rapport à son territoire d’aujourdhui. Elle est limitée aux emplacements actuels de la Place de la République, la Rue Gambettea, l’avenur du Maréchal Leclerc, l’avenue du 4 septembre, le Rond point de l’avenue Van Pelt et le pont de Douai.

   Vue d’un peu plus près :

planlens160502.jpg

  Ceci nous permet de comparer avec la peinture des albums de De Croÿ de 1605 :

lensprcis1.jpg

   1  Le Chateau : (à l’emplacement de la Place de la République) Le premier chateau fut élevé par les Romains et devint ensuite sous les Francs et les Carlovagiens une résidence royale où l’on « frappa monnaie ». Il fut ensuite habité par les Comtes de Flandres, d’Artois et les Ducs de Bourgogne. Le chateau présentait quatre côtés flanqués de six tours et avait deux portes : l’une donnant sur la ville, l’autre sur la campagne en direction d’Avion. Au milieu des années 1600, ravagés par les nombreuses guerres, le chateau n’était déjà plus que ruines.

   Un autre chateau exista à Lens au 13ème siècle, celui de la Chatellenie près de la Collégiale Notre Dame.

   2  La « Maison de Ville » se trouve a peu près à l’emplacement de l’actuel Hôtel de Ville. Il faudrait remonter aux temps anciens pour trouver l’origine de la municipalité de Lens. On trouve trace d’échevins dès 1255 qui étaient à la fois juges et administrateurs. Les échevins, parmis lesquels était désigné le Maire, étaient nommés par le Comte et l’envoyé du Roi. A l’aube du 16ème siècle, les échevins nommaient eux même leur successeur.

      En 1756, l’échevinage exercait encore la haute, moyenne et basse justice. Le lieu de justice se trouvait à l’extérieur du bourg en direction de Pont à Vendin. On apperçoit sur la peinture la « justice à trois piliers » (au dessus du chiffre 10) à l’orée du Bois de Lens.

     Près de la Maison de Ville avec la même architecture, sur la gauche de la peinture, on apperçoit la Halle dont la construction remonte au 13ème siècle.  Certains jours de la semaine, on y exposait en vente toute sorte de marchandises. Sous Louis XI, les marchands n’avaient pas le droit de négicier à moins de deux lieues du bourg s’ils n’avaient pas exposé leurs marchandises pendant trois jours sous halle !  Bien plus tard, une halle aux grains sera construite à l’emplacement du chateau.

     Sur la droite de la Maison de Ville, on distingue un édifice nom répertorié en légende. Il est rouge donc construit en briques et muni d’une tourelle avec un toit en pointe. Il semble que ce soit le Baillage de Lens. Le baillage de Lens, dont l’origine est fort ancienne, était l’un des plus importants de l’Artois. Le baillage, qui jugait et prononçait sentence au nom du Grand Bailly de Lens, était nommé par le Roi. La prison se trouvait dans les dépendences du chateau. Une anecdote : en 1378, le baillage de Lens condamna à mort un criminel, François Bochet. Celui ci fut pendu la nuit même au bois de Lens. Mais le criminel était clerc et le’évèque d’Arras décida, en représailles, d’excommunier le bailli de Lens, le lieutenant et les officiers du baillage. D’autres histoires comme celle-ci sont relatées dans Le Dictionnaire historique et archéologique du Pas de Calais de 1879, tome 3. Le premier bailly de Lens en 1277 se nommait Huon de Saint Omer et le dernier, en 1780, Lefevre de Lassure (ou de Lessus).

   3  La Porte du Bourg (à l’emplacement de la jonstion de l’avenue du Maréchal Leclerc et du Boulevard Basly). Elle fut ensuite appelée Porte d’Arras.

   4   Les fossés qui entourent la ville sont alimentés par la Souchez gràce au  »tenur d’iau » (que l’on peut traduire par « retenue d’eau », c’est une sorte de barrage). Outre la Souchez, deux autres cours d’eau sont proches de la ville : la Glissoire (au premier plan) et la Couture.

   5, 6 et 7 : Là, le peintre représente les édifices qui se trouvent en dehors du bourg : en 5, le Couvent des Cordeliers appelé par ailleurs Couvent des Recollets. construit par Saint Pacifique en 1227. Ce monastère fut transféré en 1614 à l’intérieur des remparts. En 6 l’hôpital de la Cauchie, situé dans le quartier Saint Laurent, pas très loin de l’actuel Centre Hospitalier. L’hôpital de la Cauchie qui existait déjà au 13ème siècle. Il fut démantelé sur lettre patente de Louis XIV en 1698 et ses biens transmis à l’hôpital du Bourg. Enfin en 7, l’église du Bourg (ou de Saint Laurent) se situait sur « le Chemin de La Bassée ». Entourée de son cimetière, on en trouve déjà trace en 1070. Elle disparut sous la Révolution.

   8   La Porte de Magdelaine défendue par un bastion de briques et un pont levis. Elle devint Porte de Pesquebeuf du nom du moulin que l’on apperçoit sur la Souchez.

   9   La Collégiale Notre Dame devant laquelle se trouve la Grande Motte. Cette église bâtie sur une ancienne chapelle par Eustache, Comte de Boulogne et de Lens dès 1028 fut terminée en 1070 sous son fils Eustacle aux Grenons qui, avec son épouse Ide, créa le Chapitre. C’était une construction imposante que l’on appelait aussi basilique. De nombreuses fois abimée ou partiellement détruite par les conflits (1478, 1501,1546, 1647 …), la Collégiale ne résista pas à la révolution de 1789. Elle était tenue et habitée par des chanoines (d’où son nom sur l’image de Chanesie ou Channesie). Le Chapitre se composait de 12 chanoines et de 18 chapelains. La principale association religieuse de la Collégiale était la confrérie ou charité de Notre dame des Varlets établie en 1226.

  10   Un peu à gauche, avec un clocheton de charpente, l’hôpital du Bourg et le Couvent des Soeurs Grises dont il a été question dans les articles « Hospice et hôpital de Lens ».

   11  L’église paroissiale ou église Saint Leger. Déjà au même emplacement qu’aujourd’hui, elle est mentionnée dès 1070. elle a été construite par les Comtes de Lens et de Boulogne en pierres de tailles avec une grande tour divisée en quatre étages et trois nefs. Trop exposée lors des guerres et des sièges qui marquèrent la ville de Lens, elle fut détruite en 1648. L’église fut reconstruite à partir de 1776 au même emplacement avant d’être de nouveau totalement rasée en 1917.

  12 Le Jardin des Archers est un espace verdoyant devant le chateau. Il donna son nom à l’actuelle rue des Jardins située entre la Place de la République et l’autoroute, sur les rives de l’ancien canal. C’est Charles Quint qui créa à Lens deux « compagnies bourgeoises », l’une de canonniers, l’autre d’archers. ces derniers s’exercaient à tirer sur une perche que l’on voit à l’extrème gauche de la peinture. Aujourd’hui, la rue de la Perche existe toujours.

 

 

2 commentaires »

  1. Debarge dit :

    Bonjour ,je suis très intéressé par l’histoire de ma ville natale (Lens cité Grand Condé ) surtout aux siècles passes . Donc je voudrais savoir où se trouvai la Collégiale.
    Bonne continuation
    Je me suis procure votre ouvrage sur la ville de LENSOISE
    Cordilement

  2. Bonjour,
    La collégiale de Lens se trouvait exactement où est aujourd’hui le rond point Van Pelt et le monuments aux morts. Merci de votre intérêt pour ce blog.

    Dernière publication sur Le lensois normand : C'est fini (pour le tome 1)

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