Le Lensois Normand

Tome 2

Les Pompiers de Lens (1)

Classé dans : Histoire,Lens — 20 février, 2011 @ 19:36

     Voici présenté aujourd’hui un premier article sur «La Compagnie des Sapeurs-Pompiers de Lens». D’autres suivront car de nombreux documents m’ont été transmis par des internautes. C’est pourquoi je remercie surtout Alain HAINAUT pour l’abondance et la qualité de ses informations et Maurice DHEDIN pour ses photos. Merci également à l’association GAUHERIA qui m’a autorisé à puiser des informations dans ses publications et notamment le dossier n°8 «La Renaissance de Lens» de Madame Ginette Haÿ.

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 En-tête de courrier des Pompiers de Lens au début du XXème siècle

    La Compagnie des Sapeur-Pompiers de Lens est créée le 11 janvier 1852 sous le commandement du Capitaine Roussel-Delabre. Elle est alors dotée de pompes à bras qui, faute de caserne, sont remisées dans les dépendances de la Mairie, sur la Grand-Place.

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La mairie de Lens vers 1900

     En 1876, sous le commandement de Monsieur Hugot, l’effectif est de 76 hommes.

    En 1881 Monsieur Léandre Douez, Lieutenant et pâtissier à Lens, crée au sein de la Compagnie une équipe de gymnastes (obligatoire car inscrite dans le règlement général des corps de sapeurs pompiers) avec 33 de ses camarades. L’année suivante, il recrute Gustave Spriet, fils d’Henry Spriet, Maire de Lens de 1868 à 1871, et Paul Sauvage, propriétaire du théâtre situé rue de la Gare.

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 Léandre Douez

  En 1885, Gustave Spriet est nommé capitaine et prend la direction de la Compagnie.

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Gustave Spriet 

    En 1898, la Caisse d’ Epargne est construite à l’emplacement de la tour de manœuvre des pompiers.

    En 1900, tout près de là sur la Place de la République, une caserne est érigée selon les plans de l’architecte Joseph Baert. Elle se situe sur le terrain de l’ancien corps de garde. Une nouvelle tour de manœuvre maçonnée voit alors le jour derrière le bâtiment.

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    La même année, la compagnie (qui compte une centaine d’hommes) est récompensée dans de nombreux concours dont l’exposition universelle de Paris.

    En 1911, Felix Bollaert, Ingénieur aux Mines de Lens, offre à la Compagnie une moto-pompe, engin encore très rare en France à l’époque.

    Deux ans plus tard, le même homme fait don cette fois d’une échelle aérienne.

    En 1913, une loi interdit aux pompiers d’être armés.

   Un an plus tard, c’est la guerre, Lens est occupé. Gustave Spriet, démobilisé, reste cependant comme volontaire avec 8 autres pompiers lensois. Il le restera jusqu’en 1916 lorsqu’il sera pris en otage par les Allemands.

   Six pompiers de Lens sont tués aux combat lors de la première guerre mondiale.

   En 1918, c’est la libération de la ville : la caserne, comme tous les autres bâtiments de Lens est totalement détruite.

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Les ruines de la Caserne et de la Caisse d’Epargne

    C’est en 1921 qu’à l’appel de Gustave Spriet et avec l’aide du sous-lieutenant Maurice RICHARD, le corps des Sapeurs-Pompiers de Lens est reconstitué. Il trouve asile dans une demi-lune Avenue du 4 Septembre «puis dans un ancien dépôt de d’une entreprise de déblaiement» nous précise Ginette Haÿ.

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Les demi-lunes de l’Avenue du 4 Septembre identiques à celles où la caserne avait trouvé asile

    En 1922 est créée la Caisse d’Entraide des Sapeurs Pompiers où Madame Daubresse, cantinière, sera une bénévole très active.

    En mars1923, un banquet suivi, comme le veut la tradition, de l’habituelle remise de médailles, est organisé pour fêter la renaissance de la Compagnie.

    En 1926, la Compagnie de Lens devient Centre Principal du Pas-de-Calais. Elle est alors dotée d’un matériel moderne (deux motos-pompes, une auto-pompe, une grande échelle,…).

    C’est le 20 mars 1927 que la Compagnie, alors dirigée par le Commandant Maurice Richard peut intégrer ses nouveaux locaux, Avenue Raoul Briquet. L’inauguration a lieu en présence du Préfet, d’Emile Basly, Député-Maire de Lens, de Ernest Cuvelette, Directeur de la Compagnie des Mines de Lens et de nombreuses personnalités. Un banquet de 424 convives suivi d’un grand bal clôturent cette journée.

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 L’effectif au complet lors de l’inauguration de la nouvelle caserne (Photo transmise par Maurice Dhédin)

    La caserne est construite selon les plans de l’architecte Barthelet et a une superficie de 2300 m2.

   Beaucoup de pompiers volontaires habitent près de là, dans des corons de la rue Jules Guesdes, cité du Grand Condé, où les Mines de Lens mettent à leur disposition 16 logements juste après la fin de la Première Guerre. Cette rue est d’ailleurs munie d’une sirène.

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Les corons des pompiers de la rue Jules Guesdes (photo transmise par Alain Hainaut)

     En 1935, après le décès de Gustave Spriet, l’hôtel des pompiers prend son nom de sur décision du Conseil Municipal.

    Depuis, de nombreux travaux ont fait de la caserne lensoise l’une des plus modernes de la région.

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    Cependant aujourd’hui, la caserne ne semble plus correspondre aux besoins nécessaires aux 125 pompiers lensois (dont 65 volontaires) qui font environ 9 000 interventions annuelles dont une grande partie est des secours aux personnes. Une nouvelle va être construite. Mais où ?

   Après avoir pendant longtemps envisagé la commune de Vendin, la décision pourrait être prise pour la construction de nouveaux locaux dans le quartier Van Pelt, derrière le commissariat.

   A suivre ….

4 commentaires »

  1. Hervé Delemarre dit :

    Ah, les pompiers !
    Pour moi de beaux souvenirs de gamin, car nous avons habité quelques années à une centaine de mètres de la caserne, au 59 de l’avenue Raoul-Briquet face au premier bâtiment du lycée Condorcet (ce qui m’a permis à l’entrée en 6ème, le lycée neuf étant en même temps inauguré, de répondre dans un questionnaire à la question « combien de temps mettez-vous pour venir au lycée le matin » : 30 secondes).
    Quand retentissait la sirène, je saisissais mon vélo pour venir plus vite me poster à la sortie, et regarder les camions scintillants surgir vers leur devoir. Bien sûr, comme future profession, c’était tout trouvé : pompier (capitaine si possible). En cas de refus paternel j’avais une alternative : police de la route. J’aimais l’ordre et l’uniforme. Pour ce qui est de l’ordre, ceux qui connaissent mon bureau savent que j’ai changé. L’uniforme : chemise blanche ou bleue, costume gris, chaussures noires, cheveux blancs. SP : Sapeurs Pompiers. En Alsace ils ont les mêmes initiales, mais ça veut dire « Sa Prule ».
    Bravo pour ton blog : continue…

  2. labenda dit :

    je connais bien la caserne des pompiers de lens j avais deux oncles pompiers francois puche et gilbert grandseigne qui ont benevolement toute leur vie servi a lens !! des hommes avec tellement de valeurs !!
    mes cousins aussi jean francois puche qui lui etait volontaire a lens est passé pompiers pro a st omer !!
    bernard puche ,francis puche , henri mlynarczyk et mon frere jean marc pajakowski !! benévoles pendant des années a lens ! mes cousins cousines se sont mariés dans la salle du haut que je connais car j y aie passé mes diplomes de secouriste et reanimateur il y a plusieurs annés
    quelle famille unique les pompiers un esprit protecteur courageux !! toujours dévouée !!
    je n’oublierais jamais jean sa femme michelle si gentille ,bouboule ………. ,je ne peux tous les citer c etait dans les années 1960 a 1982
    merci de leur rendre hommage beaucoup sont partis trop tot a la caserne du paradis
    que de souvenirs tu me fais resurgir c est fou je pourrais en parler pendant des heures !!!!!!! continue !!!!! bises

  3. maurice dit :

    salut mes gins , ed’ pu l’temps qu’ej’dis qui faut qu’ej’mette min tiot grain d’sel , em’vla , bin sur j’ai toudis connu chés pompiers comme tertous , et d’pu in paire d’années j’les connos miux , pour les avoir appelé plusieurs fos in urgence , j’cros qu’ché des gins d’un courache estraordinaire , in plus j’ai em petite file , betot 19 ans , qui d’pu qu’al est tiote
    al a toudis voulue ête pompier , malheureusemint al pourra pas , al est clostrophobe , et spamophile , mais sin fiancé yé pompier , diplomé in attinte ed nomination ,
    pour el futur caserne , j’ai aussi intindu dire qu’cha s’rot du coté du commissariat
    ya un artic ed’ labenda , cha ti pas li qui restot din l’rue des rosiers , cité des fleurs

  4. CADART dit :

    Mon grand-père paternel Gaston CADART était pompier bénévole à la caserne de Lens à l’époque du Commandant RICHARD, qui voulait enrôler mon père, mais il a préferré devancer l’appel à 18 ans. Je crois reconnaître mon grand-père sur la photo d’inauguration en 1927. Il est le 3ème en partant de la droite au dernier rang.
    Mon Grand-père maternel Marius DUFOUR était aussi pompier des Mines de Lens pendant la seconde guerre et il a été cité à l’Ordre des Pompiers de Lens pour sa participation aux sauvetages durants les bombardements. En août 44 lors du bombardement de Lens, il y avait tellement de poussières que c’est son cheval qui l’a ramené à la caserne.
    Bravo pour ce reportage
    Michel

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