Le Lensois Normand

Tome 2

MICHELET par Christian Daubresse

Classé dans : Histoire,Lens,Les amis — 16 mars, 2011 @ 18:39

 Monsieur Christian Daubresse, qui fut Conseiller Municipal à Lens, a été longtemps enseignant au Collège Michelet, Boulevard Basly. Il a été mon professeur au début des années 60. Nous nous sommes retrouvés cet hiver par l’intermédiaire de Maurice Dhédin : un jour j’ai un message de sa part me disant l’intérêt qu’il porte à mes articles. Depuis, nous correspondons régulièrement. J’ai alors eu l’idée d’inverser les rôles : pour une fois, j’ai demandé à mon ancien prof de rédiger un devoir, une rédaction comme nous disions en 1965. Le thème : l’Établissement Scolaire qu’il a longuement fréquenté : Michelet. Quoi de plus normal. Alors, voici son devoir. La note sur 20 ????? A vous de décider mais ne soyez pas trop sévère, M. Daubresse était très indulgent avec nous.

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 Pour comprendre comment le collège Michelet est né, il faut un recul de quelques années : avant la 2ème guerre mondiale, les locaux du boulevard Basly abritaient une «ECOLE PRIMAIRE SUPERIEURE » : on y préparait au Brevet Élémentaire en 4 ans (de la 6ème à la 3ème ) uniquement des garçons. Pour les filles : c’était Campan. Filles et garçons dûment «brevetés» se retrouvaient en seconde pour préparer le brevet supérieur (aujourd’hui disparu, comme le «certif », que certains regrettent) !!! Dans le bassin minier, il n’y avait pas de lycée, et, pour passer le fameux bac, il fallait aller à Béthune ou Arras : inutile de préciser que çà coutait cher, et incitait très peu de jeunes des deux sexes à poursuivre leurs études. J’ai toujours dans mon portefeuille un article du journal «Le Monde» qui rappelle qu’en 1950 4% d’une classe d’âge étaient bacheliers. Un petit calcul: 4 à 500 000 naissances l’année donnaient environ 20 à 30000 titulaires du bac.(à comparer avec les 600 0000 bacheliers chaque année actuellement)

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En 1933, c’est ‘Ecole Condorcet’ qu’il est inscrit sur le fronton du bâtiment

C’est le Général De Gaulle qui a transformé l’ENS de LENS en LYCEE.

C’est ainsi qu’en 40, de retour d’exode, j’ai dû passer 3 examens: le certif, le concours d’entrée en 6ème et, plus surprenant, un examen pour obtenir une BOURSE ROYALE de 900francs par an!!! Ceci jusqu’en première où, faveur suprême on m’a indiqué, qu’étant donné mon bon travail, on m’accordait une non moins royale augmentation: je «GAGNAIS» 1080 frs toujours par an: je me souviens que ma mère m’achetait une blouse grise!!! Je suis passé en seconde après la Libération

Et je suis ainsi devenu membre de la 1ère corporation des jeunes qui ont pu passer le BAC à Lens!!!

En 1959, la construction du nouveau Lycée Condorcet a été terminée et les locaux du boulevard Basly sont restés vides un an.

En résumé , en 1959, existent à Lens le lycée, un cours complémentaire de filles, Campan, et un cours privé construit je ne sais plus en quelle année: Sainte Ide (NB : Le Collège Sainte Ide existe depuis 1931 et a été crée sous l’impulsion des Ingénieurs des mines de LENS).

A la rentrée de 1960, je suis nommé à Michelet, sans avoir demandé quoi que ce soit: « MICHELET, c’est quoi ,ce machin? ». Telle a été ma réaction: je suis allé Boulevard Basly un jour avant la rentrée, et le « dirlo» que j’ai vu, (et que je connaissais bien) m’a expliqué qu’avait été créé un collège (pendant les vacances) et qu’il avait du passé 2 mois à recruter des élèves. Qui étaient ces élèves des gosses qui avaient passé à 14 ans le certificat d’études primaires, d’autres avaient été un an au lycée et ne s’étaient pas adapté d’autres encore avaient «glandé» sans rien faire!!! En tout environ 300 ados qu’il fallait essayer de remettre dans le circuit….

Alors a commencé une tache exaltante, car ces gosses dont les profs s’occupaient avec une certaine passion, étaient très intéressants! Nous, les enseignants, nous avons vraiment travaillé avec plaisir, car nous étions une équipe de vrais copains, nous nous passions nos fiches de travail, nous échangions nos idées, nos observations sur les élèves et j’ai passé à Michelet 23 ans formidables.

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Une classe de M. Daubresse vers 1970

Après 60, le collège est devenu collège d’enseignement général, (C E G), puis C E S (collège d’enseignement secondaire, puis collège unique HABY: les ministres adorent faire des réformes qui ne coûtent rien et qui ne servent strictement à rien!!! Les vrais enseignants, ceux qui aiment leur métier se foutent des réformes et cherchent avant tout l’intérêt des gosses qui leur sont confiés.

En 1964 ou 65, les écoles primaires nous envoyaient des élèves issus de CM2 , mais tous les élèves n’entraient pas en 6ème. Il faudra attendre quelques années encore pour arriver à la situation actuelle: la scolarité obligatoire jusque 16 ans et donc tous au collège, (même ceux qui ne savent pas lire ni écrire correctement) et, évidemment, des dépenses folles pour essayer de récupérer certains d’entre eux.

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Le groupe des professeurs vers 1970

11 commentaires »

  1. Arno dit :

    Excellent!

  2. Lechtimi-ne62 dit :

    Salut Claude à l’occas que je passe à Lens, je t’envoies une photo de l’établissement.
    Amitiés liévinoises, @ + et bien à toi et aux tiens.
    Christian.

  3. Meunier Martine dit :

    Bonjour à vous,

    Je suis rentrée à CAMPAN en 1968 (en 6eme) et il me semble bien que c’est l’année suivante qu’a commencé la mixité. J’y ai passé 4 ans, jusqu’au Brevet.
    Je reconnais sur la photo de groupe des enseignants,
    M Bouillon qui a été mon prof de français je crois…..
    Je connais M Daubresse de vue, mais je ne l’ai jamais eu comme professeur. Merci a lui pour cet article qui m’éclaire sur l’histoire de ces établissements, et au Lensois Normand pour son travail de quête.
    Amicalement
    Martine

  4. Maurice dit :

    J’étais à Michelet en 1961, en 3ème. A l’époque les profs, anciens instituteurs pour beaucoup d’entre eux, portaient la cravate. Puis 1968 est arrivé et on voit bien la différence sur la photo de 1970 (sauf pour christian bien sûr).

  5. Incroyable, ce Christian Daubresse. A peine lit il mon article qu’il m’envoie un message. Et vous savez pourquoi ? Pour me signaler qu’il y avait une faute de français dans mon texte !
    Merci, Monsieur le professeur. C’est quoi ma note ?

    Dernière publication sur Le lensois normand : C'est fini (pour le tome 1)

  6. labenda dit :

    merci claude pour cet article !!
    je suis allée a campan d abord en 1968 et michelet quand on a saute le mur qui nous séparé des garcons !!c etait quelque chose a l epoque la mixité !!
    la photo des profs est pleine de souvenirs mr zorko prof de dessin !! bien sur m daubresse ect .. merci de nous rafraichir la mémoire !!!!!!!!! bises

  7. maurice dit :

    salut claute ,bon j’ai pas compté chés fautes , j’aros pas pu aller au bout , ya in cosse surtout qui ma sauté a m’n'eul , ché l’école campan , j’avos complètemint oublié ch’nom , yé vrai qu’j'ai toudis confondu chés nom d’es écoles in ville , sorti du 12 , ed’ berthelot , et du 11 , j’connaichos pas , a part l’école d’su l’plache du cantin , du qu’j'ai passé min certif , rappelle me sin nom el prochaine fos ,j’essaierai ed’ l’arténir
    pour chés fautes ach’ prof dis y qui n’d'avot pas tant qu’cha

  8. michel dit :

    Encore des souvenirs!
    J ai commencé ma « carrière » à Condorcet à la rentrée 1944.IL me semble qu’à cette date c’était déjà le: »collège » Condorcet mais pas encore « Michelet »
    A cette époque, il fallait encore passer un examen (ou un concours, je ne sais plus)pour entrer en 6ème.Pour la bourse qui s’appelait: »bourse nationale »,c’était un concours Il y avait même 2 concours possibles: un que l’on pouvait passer à la fin du cm2.Si on le manquait, ce fût mon cas, on pouvait en passer un,plus corsé, à la fin de la 6ème
    que j’ai aussi loupé.
    Petite précision:en 1959, il existait aussi « l’institution St Paul » le pendant pour les garçons de Ste Ide.(tu doit connaître,Claude, c’était Route de La Bassée).Elle était fréquentée surtout par les fils de la haute hiérarchie des houillères. Je n’ai pas connu M. Daubresse qui fût pourtant un condisciple mais c’était un « Grand » et à cette époque les grands, nous les jeunes, on les…respectait. Je crois avoir fait le tour de mes lointains souvenirs. Merci Claude bonne santé à vous deux et à bientôt… j’espère!

  9. Jean dit :

    Un bon enseignant est un homme de coeur et de conviction qui se fout des réformes : voila le parler franc du bonhomme ! Je le reconnais bien là mon mononcle, lui dont l’un des élèves, devenu ingénieur, avait écrit dans une rédaction à la place du mot « technique » le vocable « té chique », qui lui avait valu la correction en marge : « merci, toi aussi « ! ça ne s’invente pas ! Tonton, si tu me lis, la bise. Jean

  10. Pizier François dit :

    Juste pour préciser la date de la photo 3eme D : année scolaire 76-77. Monsieur Daubresse était notre prof d’ histoire-géo il me semble. Je suis ému. Merci.

  11. Robin dit :

    Bonjour,

    J’étais au collège Campan, en 6ème en 1962-1963 et en 5ème en 1963-1964. J’ai passé mon certificat d’étude primaire tout en étant en classe de 5ème, en 1964.
    Si vous avez des photos de classe de campan de 6 et 5ème de 1962 à 1964, je serai heureuse de les voir. A l’époque c’était assez sévère, j’étais dans une classe de 6ème qui se trouvait exceptionnellement dans la cour des garçons (que nous devions éviter de regarder quand nous entrions ou sortions) ! Mais c’est ce que nous faisions bien sur !!!Nous avions de très bons professeurs, et j’ai finalement de bons souvenirs de ce collège. Intéressant votre site. Merci

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