Le Lensois Normand

Tome 2

Archive pour la catégorie 'Histoire'

Le coin des Internautes Lensois

Posté : 8 août, 2010 @ 8:00 dans Histoire, Lens, Les amis | 5 commentaires »

  Ce qu’il y a de bien aussi avec Internet, c’est que l’on peut tisser des liens avec des personnes dont on ne soupsonnerait même pas l’existance ! C’est ainsi que deux « amoureux » de l’histoire de Lens sont entrés en contact avec moi et me donnent des renseignements qui complètent certains de mes articles.

  D’abord, c’est Martine qui, suite aux sujets sur la colonie de Grossouve, m’envoie ce document. Une classe du Lycée Condorcet dans les années 50 où l’on voit Monsieur Saintobert entouré de ses élèves.

   Elle m’annonce par la même que Monsieur Saintober est décédé en mars 2010 à l’age de 89 ans.

classecondorcet2.jpg

  Puis Michel qui recherchait des renseignements sur le silo de ravitaillement qui se trouvait près de la ferme des Mines de Lens. Il a appris par une de ses tantes qu’on pouvait accéder au silo par la route de La Bassée car il était plus près de cette route que de Vendin.

  Il m’envoie ensuite deux documents. Une reproduction de ce silo :

silograins.jpg

   Et une superbe photo prise en 1935 de ses grands-parents sur le quai de ce silo :

silograndsparents.jpg

    Si vous aussi possédez des documents pouvant illustrer ou compléter certains articles, n’hésitez pas à me les envoyer par mail à klote76@sfr.fr .

Les Chemins de Fer des Mines de Lens (1)

Posté : 6 août, 2010 @ 6:31 dans Histoire, La Mine, Lens | 4 commentaires »

vuillemin.jpg 

Médaille en l’honneur d’Emile Vuillemin

Dans le rapport sur « Le Bassin Houiller du Pas de Calais », d’Emile Vuillemin ( Ingénieur aux Mines d’Aniche) au début du XXème siècle, on peut lire : « La Compagnie de Lens, songea, dès l’adoption du tracé de la ligne des houillères, à y relier ses fosses par un embranchement. Un décret du 9 mai 1860 autorisa la construction de cet embranchement, non seulement jusqu’à la gare de Lens mais encore jusqu’au canal de la Haute-Deule (vers Loison). Cette voie vers le canal partant de la fosse 2 coupait la Route de Lille à hauteur de l’embranchement vers Loison.

carrefourloison.jpg

 Un deuxième décret du 10 juillet 1862 autorise la construction de la ligne jusqu’à la fosse 3 de Lens à Liévin (par les fosses 9 et 9 bis).

Une partie des installations ferroviaires du 9 :

citdu9.jpg

 De la fosse 9, la voie ferrée rejoignait la « Gare du Nord » par un pont attenant au Pont Césarine :

pontcesarine.jpg

 C’est le 3 janvier 1875 qu’un nouveau décret autorise la construction d’une ligne de 8 kilomètres partant de la Fosse Saint Elisabeth pour relier Violaines (sur la ligne de Lille à Béthune des Chemins de fer du Nord) par la fosse 2, Vendin, Wingles et Douvrin.

plansteelviolaines.jpg

 115 ans plus tard, par un décret en date du 1er août 1990, toutes ces lignes de chemins de fer seront incorporées au réseau ferré national géré par la SNCF.

A la fin des années 1800, la Compagnie possède 43 kilomètres de voies ferrées exploitées par 8 locomotives, plus de 300 wagons mais aussi 3 voitures spéciales pouvant contenir chacune 60 voyageurs.

Une partie de l’activité ferroviaire de la fosse 1 avant la 1ère guerre :

fosse1avant14.jpg

 Sur la carte de Lens en 1957 ci-dessous figurent en vert, les lignes des Chemins de Fer des Mines de Lens exploitées uniquement pour le transport des marchandises et en bleu, la ligne Lens-Violaines où circulait aussi des trains de voyageurs.

plandesvoies.jpg

 Près de la fosse 1 et du Stade Bollaert, se trouvaient le dépôt des locomotives et un atelier d’entretien et de réparation.

L’atelier des Mines avant la guerre 14-18 :

ateliers1.jpg

 Le dépôt et l’ensemble ferroviaire des Mines après la 1ère guerre avec à droite la Route de Béthune et à gauche le Stade Bollaert :

fosse1apres14.jpg

Les Chemins de Fer des Mines de Lens (2)

Posté : 6 août, 2010 @ 6:31 dans Histoire, La Mine, Lens | 4 commentaires »

 Une autre ligne empruntait en partie le territoire de Lens : Elle partait de la fosse 11, puis par les fosses 12 et 14 rejoignait la fosse 8 et le triage de Vendin.

Au pied des terrils de la fosse 11 l’origine de cette ligne :

ligne118fosse11.jpg

 Sur cette photo de la Route de Béthune, on distingue à gauche le pont de chemin de fer :

ligne118routebethune.jpg

 Les installations ferroviaires de la fosse 12 :

ligne118fosse12.jpg

 En bas de  cette photo de la fosse 14, le tracé de la voie se rendant vers Vendin :

ligne118lafosse14.jpg

 Cette ligne était reliée à celle des Chemins de Fer du Nord (puis ensuite à la SNCF après la nationalisation des compagnies de Chemins de fer) par la triage de Vendin

ligne118vendin.jpg

 C’est cette voie ferrée que l’on voyait de notre maison de la rue Lamennais à la fosse 14. On y voyait circuler ces grands convois de charbon conduits par les grosses locomotives diesel de couleur orange :

ligne118locoorange.jpg

  Parfois, le conducteur habitant le quartier ou ayant de la famille dans la cité faisait fonctionner son sifflet pour les saluer.

Les Chemins de Fer des Mines de Lens (3)

Posté : 6 août, 2010 @ 6:31 dans Histoire, La Mine, Lens | 8 commentaires »

 Le petit train Lens-Violaines

       Certains l’appelaient le petit train pour le différencier des lignes S.N.C.F. mais il y avait sept ou huit wagons quand même ! Il fut mis en service dès la fin du XIXème siècle pour transporter les mineurs qui habitaient dans les communes environnantes.

         Le petit train s’arrêtait dans tous les villages : Lens, Lens Grand Condé, Vendin fosse 8, Pont-à-Vendin rivage, Wingles, Douvrin, Auchy-les-Mines et La Bassée. Entre La Bassée et Lens, le trajet durait environ une heure. Les Mines de Lens employaient du personnel pour fleurir et entretenir les quais de gare. Tous les quais étaient fleuris, les haies soigneusement taillées, le parcours du petit train était très coquet, bien arrangé.

         Les gares de Vendin, Wingles, Douvrin et Violaines :

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 A Lens, partant de la Gare Sainte Elisabeth, la ligne franchissait la rue Bollaert par un pont supérieur :

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  A ce sujet, il est encore possible d’apercevoir auhourd’hui un train sur ce pont ! Sur le site officiel de la Ville de Lens, il est diffusé des archives dont une sur le patrimoine des Mines de lens. On y voit furtivement un train franchir le pont de la rue Bollaert. C’est ici : http://www.villedelens.fr/Le-patrimoine-des-Mines

  Les vidéos diffusées dans cette page sur l’histoire de la ville sont passionnantes et pleines d’enseignements. Bravo au service des archives de Lens d’avoir pensé à les diffuser.

     Puis le train passait au dessus de la rue Elie Remaux (encore appelée à l’époque de la photo Avenue du 4 Septembre prolongée) :

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 Aussitôt franchi ce pont, dans les jardins des Grands Bureaux existait un quai baptisé « Quai de l’Impératrice » en souvenir de la visite à Lens de l’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.

Sur cette photo, on voit sur la droite la ligne de Chemin de Fer menant à la fosse 2. La croix marque l’emplacement du Quai de l’Impératrice.

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 Aujourd’hui, il ne reste de visible que les marches qui menaient à ce quai (merci à Christian de Liévin pour la photo) :

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 Puis, cette ligne traversait les Rues du Pôle Nord (Souvraz aujourd’hui) et de Londres par des ponts supérieurs que l’on voit ici peu de temps après leur construction au début des années 20 :

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 Puis elle rejoignait la fosse 2 et la gare du Grand Condé par l’emplacement exact où se trouve aujourd’hui la rue Hector Laloux.

ruelaloux.jpg

 Au Grand Condé (fosse 2) : l’emplacement de la gare aujourd’hui, juste au droit de l’arrêt de bus. Le pelouse que l’on aperçoit derrière était la plateforme de la voie ferrée qui s’en allait ensuite rejoindre Vendin.

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     Au fil du temps le petit train était devenu indispensable, Beaucoup de jeunes prenaient le train quotidiennement pour aller à l’école ou travailler à Lens. D’autres pour aller aux marchés des mardis et vendredis, d’autres encore pour assister aux matches du Racing Club de Lens. Le train se composait de petits compartiments avec des bancs disposés face à face ou des compartiments plus grands avec un banc de chaque côté et des piliers métalliques pour que les gens debout puissent se tenir. Certains montaient même leur vélo dans un wagon spécial et faisait une partie de leur trajet en train puis à vélo. En général le wagon à vélos était juste derrière la locomotive. Les trains étaient vert foncé mais avec la poussière de charbon et la vapeur, la couleur se ternissait. Chaque portière de wagon avait une glace verticale commandée par une sangle à la manière d’un store.

     C’était une petite voie minière mais il y avait tout de même une sélection parmi les voyageurs avec le système des premières et secondes classes. Il y avait le ticket individuel et la carte d’abonnement comme à la S.N.C.F, mais pour les mineurs et leur famille, c’était gratuit !

     Le train desservait les fosses pour transporter le personnel mais aussi des marchandises et en particulier du charbon. Le transport des voyageurs était plutôt accessoire. Le plus gros du trafic était consacré aux marchandises. Le service voyageurs du petit train s’est arrêté vers 1958, en remplacement, un réseau d’autobus a très vite était mis en place. Le trafic des marchandises a continué jusque la fin des années soixante-dix et même peut être jusqu’au début des années 80..

   Les ingénieurs des Mines, eux, se déplaçaient avec la draisine. Dans les gares, lorsqu’on voyait arriver une draisine, on savait qu’un cadre voyageait. Les draisines étaient des engins carrés dotés de sièges confortables, ce sont les autorités qui les empruntaient.

 

Les Chemins de Fer des Mines de Lens (4)

Posté : 6 août, 2010 @ 6:31 dans Histoire, La Mine, Lens | 11 commentaires »

 La gare Sainte Elisabeth

La gare Sainte Elisabeth fut construite dans les années 1920 et se trouvait face aux Grands Bureaux, rue Edouard Bollaert. Le bâtiment était légèrement surélevé, pour y accéder, il fallait monter quelques marches. C’était une bâtisse construite tout en hauteur avec une grande porte qui donnait sur un hall d’entrée. Elle fut pendant un temps le local de l’admisnistration de la ville de Lens jusqu’à la construction de la nouvelle mairie en 1966.

garesteelisabeth2.jpg

 La gare Sainte Elisabeth voisine de la fosse 1 possédait un dépôt de locomotives ,un atelier de réparation de wagons et un important faisceau de triage qui permettait de rejoindre les fosses 4 et 9 de Lens, St Amé de Liévin ,la fosse 5 (située à Avion) grâce au rebroussement situé sur le carreau du 9. Une autre ligne parallèle a la route de Béthune rejoignait le 12 bis et les fosses 11 et 16 situées à Loos en Gohelle. Elle si fut abandonnée  au début des années 60.

L’activité de la gare cependant se poursuivit encore jusqu’en 1977 : les derniers convois étaient des trains de schistes venant des secteurs de Noeux-les-Mines et Meurchin qui étaient envoyés au lavoir de Liévin avec un trafic conséquent puisque 3000 et 4000 tonnes jour y transitaient encore.

Le dépôt de locomotives fut abandonné au début des années 60 mais il ne fut rasé qu’au début des années 90. L’atelier de réparation des wagons semble avoir été en activité jusqu’en 1977. Les voies principales entre le triangle d’Eleu-dit-Lauwette et la bifurcation de la fosse 8 de Vendin furent démontées au cours des années 1978 et 1979 : Les emprises des voies furent transformées. La gare subsista jusqu’en 1982 , la fosse 1 dont le carreau servait encore de dépôt de matériel fut rasée en 1986.

Extrait de « Relais » n° 147 de Septembre 1982 :

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Le silo de Michel

Posté : 28 juillet, 2010 @ 6:51 dans Histoire, La Mine, Lens, Vendin | 5 commentaires »

   En commentaire d’un de mes précédents articles, Michel CADART demande de l’aider à retrouver l’emplacement d’un silo à grain qui devait se trouver près d’une ferme appartenant aux Mines de Lens.

   D’après les renseignements dont je dispose (merci à « l’autre » Michel), cette ferme devait se situer au nord-est de Lens, dans le prolongement du Chemin Manot, près de la fosse 8 de Vendin. Par contre, ma source ne se souvient pas de la présence d’un silo. Voici une photo de cette ferme :

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   Et voici dont sur un plan de Lens de 1957, l’emplacement approximatif de la ferme tracé d’une croix bleue. A cet emplacement se trouve aujourd’hui la zone du Bois Rigault.

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   En ce qui concerne ce fameux « Chemin Manot », il délimitait les limites du nord de la ville, allant de Souchez jusqu’à Vendin. Il portait le nom de l’intendant de Louis XIV qui le fit tracer pour éviter la forteresse qu’était alors la ville de Lens.

  A Lens, il empruntait les actuelles rues Léon Blum (de la barrière du 11 à la route de Béthune); Pierre Brossolette (de la route de Béthune au cimetière nord); Louise Michel (du cimetière à la Route de la Bassée) puis la rue des Renardières. Ce chemin a certainement ensuite disparu lors de la construction de l’Autoroute A21 puisqu’on en retrouve la trace à l’emplacement de l’actuelle rue Alfred Nobel à Vendin (où le Chef Gruchot  sur son blog à voir ici situe la ferme des Mines de Lens). A noter que sur le plan ci-dessus, l’actuelle rue Léon Blum était alors nommée « Rue Manot ».

  Ici, une photo du Chemin Manot à la cité du 12 :

cheminmanot.jpg

   Pour en revenir à la question de Michel CADART, je n’ai trouvé aucune trace d’un silo à grain du côté de la ferme des Mines de Lens. La seule chose qui pourrait y ressembler, c’est le gazometre de Vendin situé à proximité de la centrale (qui a fait l’objet d’un article précédent à voir ici) .

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Appel à vos souvenirs

Posté : 22 juillet, 2010 @ 6:32 dans Histoire, Lens | 3 commentaires »

  Je viens de trouver sur Internet une publicité pour les boissons RIVIERA , « la limonade des sportifs » dit cette pub. Ce document a été imprimé à Lille et on y voit une inscription : » Téléphone LENS 3-35″ !

 Comme je n’ai jamais entendu parler de cette boisson, je me pose la question : »Etait elle fabriquée à Lens ou est seulement le numéro du fournisseur local ? »

 Quelqu’un peut il répondre à cette question ? Voici cette réclame de l’époque, je pense que le support est un buvard comme cela se faisait beaucoup à l’époque :

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Un document sur Lens

Posté : 23 juin, 2010 @ 8:28 dans Histoire, Lens | 2 commentaires »

   Je viens d’acquérir sur le site de vente aux enchères DELCAMPE le plan  Blay de Lens datant de 1956. C’est une incroyable mine d’or qui servira à illustrer quelques prochains articles.

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  Le plan proprement dit situe la ville à cette époque : les cités s’appellent encore « Saint Pierre, Saint Emile ou Saint Laurent. On y découvre les emplacements des cités aujourd’hui disparues comme les cités des 40, Chouart ou Hollandaise. L’emplacement exact des puits et des voies ferrées du chemin de fer des Mines y sont répertoriés. Les écoles s’appellent encore « Ecole des Garçons », « Ecole des Filles » ou « Ecole Enfantine ». Sur le Boulevard Basly, il y a toujours les écoles Campan et Condorcet car le lycée n’est toujours pas construit. Certaines rues portent encore leur ancien nom : la Rue du Bois, la rue du Pôle Nord… Et il y a encore beaucoup d’espaces blancs, signes que l’urbanisation de la ville est encore loin d’être à son apogée.

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  On y trouve aussi quelques renseignements sur la ville, ses monuments, son historique ainsi que quelques publicités d’alors qui rappelleront des souvenirs aux plus anciens. et qui pourront faire l’objet d’un prochain article.

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Un journal de légende : « Narodowiec »

Posté : 3 juin, 2010 @ 8:29 dans Histoire, La Mine, Le Nord, Lens | 11 commentaires »

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    Enfant dans les corons de Lens, mes copains s’appelaient Folet, Lambert, Gilles ou Buziaux mais aussi Michalak, Budchinski, Levandowski, Stakoviak ou Chaikowski. Lens et le bassin minier ont toujours été une terre d’accueil pour les étrangers. Je ne parle pas des Espagnol ou des Prussiens, venus chez nous pour y faire la guerre mais les premiers vrais « immigrés » étaient polonais.

  Venus dès la fin du 19ème siècle et surtout après la Première Guerre, les Polonais, courageux et travailleurs, s’intégrèrent rapidement à la communauté minière.

  Certes, ils avaient leur pratiques, leurs églises, leurs commerces, leurs musiques (le plus célèbre d’entre-eux, Stephan Kubiak voir ici l’article sur lui : http://chti76.unblog.fr/2008/10/21/lensois-celebre-stephan-kubiac/, leur cuisine (j’adore les metka)…. mais tout cela, il le partagèrent rapidement avec les lensois au point de se confondre rapidement dans la société et d’y devenir indispensables. Si l’histoire de Lens est celle qu’on nous narre aujourd’hui, c’est aussi parce qu’elle a été faite avec les Polonais, et ce pas seulement pour la gloire du RCL (rappelez vous entre autre, Placzek, Budzinski, Biéganski, Sowinski, Kosso, Théo puis plus tard les frères Lech, Krawczyk, etc ..).

  La communauté (je n’aime pas trop ce mot qui sent le renfermé alors que c’étaient des gens très ouverts) polonaise avait aussi SON journal : Narodowiec, ce journal imprimé à Lens est une véritable légende, un incroyable quotidien en langue polonaise qui était lu chaque jour par près de 60 000 abonnés ! C’était le second quotidien du bassin minier derrière La Voix du Nord. Il avait des abonnés aussi à l’étranger (Belgique, Hollande, Angleterre et même USA).

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Photo parue dans « La Voix du Nord » à l’occasion du centenaire du journal

  Dans ses années de gloire, Narodowiec proposait jusque 32 pages écrites par une véritable équipe de journalistes passionnés de leur nation d’origine. On pouvait y lire des nouvelles de tout le nord de la France, de Paris, de la France entière, du Benelux ; et puis aussi toutes les rubriques d’un quotidien « normal » : politiques, sociales, financières, agricoles, médicales, culturelles.. Il y avait aussi le courrier des nombreux lecteurs, un feuilleton et des BD.

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Style de bande déssinée du journal

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On y trouvait même les aventures du Professeur Nimbus qui faisaient aussi notre bonheur à nous dans La Voix du Nord.

    C’est dans la rue Émile Zola qu’étaient installées les presses rotatives: 80 salariés y travaillaient pendant six jours et six nuits pour boucler à temps le journal distribué par 200 colporteurs dans les années d’après-guerre ! Dès six heures du matin, les bureaux de la rédaction ouvraient, à 14 heures, le journal était déposé en gare de Lens et d’Arras tandis que dans les corons les plus proches, les mineurs polonais trouvaient le Narodowiec daté du lendemain !

Le créateur du journal : Michal Kwiatkowski.

   Journaliste au début du XXe siècle dans la partie de la Pologne occupée par la Prusse ; Nationaliste convaincu, résistant. Il fut emprisonné pour ses écrits échappa à plusieurs tentatives d’assassinat.

   Le 2 octobre 1909, il crée et fait paraître le premier numéro de Narodowiec à Herne, en Westphalie. Il deviendra, ainsi que son épouse, député de la diète polonaise.

1924 : Les polonais viennent par milliers chercher du travail dans les mines. Narodowiec émigre en France et s’installe à Lens en 1926. Une aubaine pour ces familles qui ne parlent pas un mot de français Il arrive déjà à 36 000 lecteurs.

  En 1940, Narodowiec appelle à la constitution d’une armée polonaise en France de 100 000 hommes. A l’arrivée des Allemands en Artois, le journal disparaît. Il ne reparaîtra qu’à la Libération. Michal Kwiatkowski est devenu vice-président de l’assemblée nationale polonaise en exil à Londres : le journal est maintenant anticommuniste, contre le pouvoir qui s’est installé à Varsovie.

Dans les années 50, près de 60 000 exemplaires sont vendus par jour

   En 1966, Michal décède et c’est son fils Michel qui reprend le journal aidé de son épouse, Eliana.
  En 1989, cette formidable aventure de presse prend fin : de 57  000 lecteurs dans les années 50, Narodowiec n’en avait plus que 6 000 trente ans plus tard. Il faut dire que la conjoncture était devenue mauvaise : les puits de mines fermés, la vie devenait plus difficile pour les retraités et, surtout, les jeunes générations de la Polonia ne parlaient de moins en moins la langue d’origine. L’Avenir de l’Artois crée alors sa page mensuelle de la communauté franco-polonaise, « Nowa Polska », une façon de perpétuer l’esprit du quotidien.

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  Le 2 octobre 2009 en l’église du Millénium, Route de Béthune à Lens, une grande exposition a eu lieu pour commémorer les 100 ans de la première parution de Narodowiec.

Grossouvre en 1949

Posté : 2 juin, 2010 @ 5:57 dans Famille, Histoire, Lens | 6 commentaires »

De la part de mon « grand frère » Roland :

    « J’ETAIS MONITEUR A GROSSOUVRE EN 1949 ET J’AI LU AVEC  BEAUCOUP D’INTERET TON SUJET SUR LE CHATEAU ET LES COLONIES DE VACANCES DE LA VILLE DE LENS.
    SUR LA PHOTO VOUS RECONNAITREZ SUREMENT AU CENTRE DE « L’ETAT MAJOR » : M.BOUCRY, LE DIRECTEUR, A SA DROITE, M.VERMERSCH (JE CROIS)PUIS MOI-MEME (J’EN SUIS SUR), A SA GAUCHE, M. SAINTAUBERT (CLAUDINE POURRA  CONFIMER) »

1949.jpg

  Merci Roland de ton intérêt pour ce blog et pour cette photo qui montre donc la toute première colonie lensoise à Grossouvre. Et il s’agit donc bien là du « fameux » Monsieur Saintauber ou Saintober, l’auteur des chansons sur la colonie.

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