Le Lensois Normand

Tome 2

Archive pour la catégorie 'Histoire'

Les colonies de Grossouvre

Posté : 31 mai, 2010 @ 9:50 dans Histoire, Lens | 63 commentaires »

Dans un petit village du Cher appelé Grossouvre à 460 kilomètres de Lens, « entre Nevers et Bourges, et pas loin de Vierzon » comme le disait la chanson des colons, se trouvait un château appartenant à la ville de Lens. A partir de 1949, cette propriété devint une colonie de vacances pour des milliers de jeunes lensois et lensoises.

Le Château :

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Situé dans un domaine de 28 hectares et ancienne dépendance des Bourbons, il fut bâti du XIIème au XVème siècle en pierre de taille et meulières. La tour conique date du début de la construction, le reste du château comprend trois corps disposés en quadrilatère autour d’une cour centrale. Le domaine est entouré des forêts d’Apremont, de Neuvy et de Grossouvre.

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L’immense domaine de 28 hectares

Le château fut cédé au Chevalier GRIVEL par Louis le Bon en 1365. On retrouve trace ensuite de l’histoire du château en 1785 quand une mauvaise gestion obligea le Marquis d’OUROUER à vendre son château à François DURAND, Maître de forges. Puis ce fut le Comte AGUADO qui en devint le propriétaire vers 1800 avant qu’il ne passe entre les mains du Marquis de BASTARD dans le courant du XIXème siècle.

Nouveau changement de propriétaire en 1934 puisque Messieurs Paul CANART et FOURNIER achetèrent le domaine. Ce sont eux qui le revendirent à la Ville de Lens en 1948.

La propriété de la Ville de Lens :

C’est sur proposition de Monsieur le Maire (Ernest Schaffner), au cours de la réunion du Conseil Municipal du 20 septembre 1948 que la décision d’acheter ce château est prise : « estimant que la campagne est préférable à la mer pour les séjours d’enfants et que le changement complet de climat garanti par l’éloignement ne peut être que profitable à nos petits … ».

A l’époque, le château comprend 14 pièces au rez-de-chaussée, de nombreuses chambres dans les deux étages, une chapelle, deux salles de bain et quatre lavabos « à eau courante » précise le descriptif.

Dès 1950, considérant que le château seul ne pouvait accueillir les nombreux colons attendus, la municipalité décida de construire des dortoirs modernes et de transformer les communs pour y installer les services généraux. Ce projet fut accepté lors du Conseil Municipal du 30 mars 1950 et approuvé par le ministre de l’Education Nationale le 5 février 1951 qui alloua une subvention de 11 millions et demi.

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La colonie :

Dès 1949, 262 enfants lensois partirent en vacances au château de Grossouvre pour un séjour de 3 semaines. Pendant les 32 années suivantes, de nombreux autres lensois y passèrent d’agréables vacances au rythme de 450 à 500 par an.

La propriété fut aménagée d’année en année avec la création d’un grand parc de jeux avec terrain de football, la construction de quatre bâtiments servant de dortoirs pour les colons, d’un édifice regroupant administration, douches, cantines et infirmerie puis un peu plus tard d’une piscine en plein air.

Un journaliste rapporte en 1959 : « C’est au château de Grossouvre que chaque année, 500 à 550 jeunes lensois vont s’ébattre trois semaines durant dans un site merveilleux de verdure.

A l’orée du bois, une pancarte indique :  »Colonie de vacances de la ville de Lens ». Une allée nous conduit au château. A ce moment des groupes de jeunes colons qui rentrent de promenade avec leur moniteur nous narguent en chantant : « 500 kilomètres à pied, ça use, ça use…. ». Bientôt tous les petits lensois se trouvent réunis en rangs pour nous souhaiter la bienvenue par des chants. Nous admirons leur bel ensemble : short bleu, chemisette jaune. » (NB : Ce sont les couleurs de la Ville de Lens).

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Dans les années 60, un autre journaliste nordiste se rend à Grossouvre. Voici quelques extraits de son article : 

« Pendant leur séjour à la colonie, les enfants … habitent dans quatre bâtiments neufs contenant les dortoirs. Les chambres, bien disposées et largement aérées sont séparées des installations sanitaires par un couloir discrètement éclairé la nuit. Ces dortoirs offrent aux enfants un réel bien-être dont beaucoup d’entre-eux, malheureusement, ne disposent pas chez eux. A l’entrée du domaine, les communs servent surtout à l’élevage des bêtes. Celles ci constituent une bonne réserve et ont l’avantage de consommer les déchets de cuisine.

Le Directeur de la colonie est responsable de la bonne marche de l’établissement. Il est tout à la fois économe, surveillent général, professeur d’éducation physique et de natation. Il est secondé par deux sous-directeurs chargés l’un de la discipline, l’autre de l’éducation physique.

Chaque journée se passe avec le dérouillage matinal suivi du petit déjeuner, la toilette, les chants et les sports. Le déjeuner est suivi d’une sieste obligatoire. Les activités de plein air tiennent la plus grande part dans l’emploi du temps. L’après midi est consacrée aux activités principales laissées à l’initiative des moniteurs ou monitrices (jeux d’initiation sportive, jeu de piste, natation, pêche, promenade en groupe). En cas de pluie, les enfants peuvent se livrer à des travaux manuels. Le soir, la veillée est constituée de séances de cinéma ou récréatives avec chants et danses folkloriques.

A 21 heures, tout le petit monde rejoint les dortoirs … 

Le Berry est une région propice aux séjours de vacances : l’air y est pur et le soleil plus chaud que chez nous. Quel est le petit colon qui n’est pas rentré grossi ? Il est vrai que la nourriture y est saine et abondante. La gymnastique et les sports contribuent à développer physiquement les enfants. L’esprit de camaraderie se développe… Même la discipline est source de profit… Le moniteur est à la fois éducateur et animateur. De ce fait, les sanctions corporelles sont interdites.

La colonie de Grossouvre est une remarquable entreprise : son importance est appelée à croître chaque année.

La fête de clôture a lieu chaque année à la fin des vacances en la salle de l’Apollo à Lens. »

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Mes souvenirs :

Pour ma part, je suis allé 6 fois comme colon à Grossouvre de 1958 à 1964 environ. Je ne me souviens plus des « uniformes jaunes et bleus ». Peut être que cette tenue n’était utilisées que pour les grandes occasions ? Les groupes étaient composés d’une dizaine d’enfants classés par âge. A mon époque, ils étaient appelés simplement par une lettre et un chiffre, par exemple les A1 pour les plus âgés.

Pour le sport, nous disposions d’une aire de jeux, d’un terrain de football qu’il fallait rejoindre en traversant la forêt et d’une piscine en plein air devant les dortoirs.

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Dans le programme de la journée relaté par le journaliste ci-dessus, il faut ajouter au moins une fois par semaine le courrier obligatoire aux parents. Les moniteurs étant chargés de vérifier ce qui était écrit, pas seulement pour corriger les fautes d’orthographe, je présume.

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Il y avait aussi la traditionnelle sortie à l’église de Grossouvre le dimanche pour ceux dont les parents avaient inscrits leurs enfants à la messe et la visite le dernier jour dans l’un des rares magasins du village pour ramener un précieux souvenir de notre séjour. Le commerçant été réglé par notre moniteur à qui nous remettions notre cagnotte au début de la session.

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Un groupe au début des années 60. Cherchez bien sous les casquettes si vous reconnaissez quelqu’un

Les chants :

A mon époque, le chant, c’était en fin d’après midi, juste avant le repas du soir. Plusieurs groupes du même age se retrouvaient assis sur les marches devant le château, face au petit bassin rond.

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Et là, on apprenait des chansons traditionnelles (Dans la forêt lointaine, Dedans ma chaumière, Nous marchons dans la nuit profonde..). Souvent il fallait chanter « en canon », c’est à dire qu’une partie chantait un couplet en même temps que l’autre chantait le refrain.

Il y avait aussi les chansons « Spéciales Grossouvre ». J’ai fait travailler la mémoire de ma grande soeur Claudine pour en retrouver les textes, Elle n’en a pas dormi de la nuit, la pauvre mais elle en a retrouvé la plus grande partie.

La Colonie :

En colonie de vacances,les petits lensois

Partent plein d’espérance

On comprend pourquoi

C’est le château de Grossouvre

Qui les a conquis

Refrain :

Le coeur plein d’espoir et la chanson toujours aux lèvres

Ils s’en vont joyeux vers le beau pays du Berry

2ème couplet :

A l’arrivée quel délire, quel débordement

Ce ne sont que cris,

que rires, moments affolants

C’est le château de Grossouvre

qui les a conquis

La natation :

1 et 2, 3, 4

1 et 2, 3, 4

Nous aimons bien la natation

C’est un sport idéal pour colons

Nous voulons savoir nager

Brasser, Crawler et plonger

Et nous y réussirons

Avant la fin de la saison

Nous revenons d’Grossouvre

Nous revenons d’Grossouvre,

 Village bérrichon

Entre Nevers et Bourges

Et pas loin de Vierzon

Et nous rapportons

Dans nos pays miniers

Un peu du vieil accent

Du pays nivernois

Nous avons pendant 20 jours

Joué à l’ombre des tours

Et nous sommes revenus ravis

De la colonie du Berry

Et si vous nous enviez

Nos belles pommettes rouges

Faites donc comme nous

Venez tous à Grossouvre

Vous y verrez mêler

Dans un cadre charmant

L’ombre des chevaliers

Aux rires des enfants

Pour ma part, je me souviens de celle-ci, un peu partisane tout de même :

On est heureux comme des poissons dans l’eau

Au château de Grossouvre

Château construit en plein coeur du Berry

Le château de Grossouve

Vive monsieur l’Maire

Ses conseillers,

D’avoir pensé à nous y envoyer …

Claudine m’a dit que beaucoup de ces chansons ont été écrites par Monsieur Saintober, qui devait être aussi le Directeur de la colonie à une certaine époque. Si ce nom vous dit quelque chose, n’hésitez pas à écrire vos commentaires.

La fin :

En 1982, la Ville de Lens quittait le château de Grossouvre et choisit la montagne savoyarde pour les enfants.

Le domaine resta en vente 6 ans : le coût de la réhabilitation du château freinait les éventuels acquéreurs. Enfin, le 4 juillet 1988, M. et Mme BASQUES achetèrent le domaine, non pas pour le château mais pour les installations avec le projet d’en faire un site touristique.

Aujourd’hui :

Le château est maintenant la propriété de Mr Chevaux et de Mme Lesches. Contrairement aux anciens propriétaires qui considéraient le château comme une verrue à l’intérieur d’un projet de centre de loisirs, ils ont magnifiquement rénové le chateau et ses alentours.

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Les anciens dortoirs ont été vendus et sont devenus des résidences privées et de nombreux travaux ont été réalisés à l’intérieur du domaine a été créé un gite.

Si vous voulez passer quelques jours dans ce domaine plein de souvenirs pour les jeunes lensois, vous pouvez appeler les propriétaires au 02 48 74 09 32.

Je remercie aussi les charmantes personnes qui m’ont aidé à rédiger cet article à la Mairie et au château de Grossouvre ainsi que le service Archives et Documentation de la Ville de Lens.

l’Hôtel Régina encore

Posté : 15 avril, 2010 @ 9:04 dans Histoire, La Mine, Le Nord | 2 commentaires »

  Notre ami Christian de Liévin (http://lechtimi62800.skyrock.com/) m’a fait parvenir un extrait d’un « Relais » de septembre 1982 (journal des HBNPC qui avait remplacé notre bon vieux « Notre Mine) avec de superbes photos sur le Centre de Vacances des Mineurs de Berck. Merci Christian et bravo pour ton blog.

   Je ne pouvais pas ne pas vous les faire voir :

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   De plus, cet article donne quelques précisions intéressantes sur l’histoire de l’hôtel :

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L’hôtel Régina de Berck

Posté : 14 avril, 2010 @ 6:53 dans Famille, Histoire, La Mine, Le Nord | 13 commentaires »

  Suite aux commentaires de Valère et Brigitte sur l’article sur La Napoule, voici donc présenté l’hôtel régina de Berck, autre centre de vacances des HBNPC.

Dans le contexte de la bataille du charbon après la libération, les toutes jeunes Houillères du Bassin du Nord/Pas-de-Calais mettent en place un ambitieux plan social afin d’attirer de la main-d’œuvre. Les réalisations vont de la construction de logements à l’organisation des vacances du personnel. Ainsi, deux centres de congés, le premier au château de La Napoule (Côte d’Azur), le second à l’hôtel Régina à Berck-Plage (Côte d’Opale) permettront d’accueillir à la mer, pendant plus de 40 ans, les mineurs et leur famille.

Comme pour La Napoule, c’était un tirage au sort qui désignait les familles de mineurs qui pouvaient bénéficier d’un séjour à l’hôtel Régina. Ils sont nombreux à y avoir connu leur premier repos et à avoir vu la mer pour la première fois…

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L’endroit avait été une maison de santé au début du 20ème siècle. 

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En 1952, les Houillères du Bassin du Nord et du Pas De Calais achètent cet hôtel à Berck Plage. C’est un immense bâtiment blanc, de style des grands hôtels, situé non loin de la plage. Les HBNPC le transforment en centre de Repos.

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Après des travaux de réparations et de mise en état, le centre fut mis en service le 4 Juin 1952. D’abord ouvert pour des séries de 200 personnes, il put accueillir, dès Août de la même année, 400 estivants à la fois, la totalité des chambres disponibles étant mise en service.

L’hôtel Régina a accueilli de nombreuses ouvriers et employés des houillères avec les congés payés, et plus particulièrement après la Seconde Guerre Mondiale. «  L’hôtel était exclusivement réservé aux mineurs et à leurs familles, raconte Romuald Vignon, l’actuel directeur. Le prix était en fonction de leurs ressources, et ils étaient choisis par tirage au sort . Ils arrivaient en nombre, n’étaient qu’entre mineurs, et c’était leurs seules vacances de l’année. Le Régina, est devenu une institution ».

« Ch’étot bien l’vie à l’Hôtel sans rien faire et cha, déjà ch’est surtout chés femmes qui l’appréciotent  grimmint» raconte un ancien mineur ; les balades sur l’avenue du Général de Gaulle, l’esplanade, la rue de l’impératrice, la place de l’entonnoir, la plage, le casino, le phare.

L’intérieur de l’hôtel, ce n’était pas le grand luxe mais tout était bien fonctionnel et largement suffisant pour des familles habituées à vivre dans les corons. 

La salle à manger …

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… et sa grande fresque murale 

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Le bar

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Une chambre 

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La cour 

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La salle de lecture 

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La salle de spectacle 

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Les cuisines

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Romuald Vignon, lui-même fils de mineur, a repris l’établissement en 1999, alors qu’il était selon lui à l’état de «taudis ». Après de gros travaux, les trois ailes de cette énorme bâtisse offrent en tout quatre-vingt-douze chambres. Aujourd’hui, certaines familles ou veuves de mineurs, un peu nostalgiques, continuent de venir en vacances à Berck et représente encore une grosse partie de la clientèle. « D’anciens mineurs continuent de venir, même souffrants. Beaucoup sont décédés à cause de la silicose, mais leurs veuves viennent toujours, elles ont autour de 80 ans. » 

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L’hôtel Régina aujourd’hui

Les mineurs en vacances à la Napoule

Posté : 10 avril, 2010 @ 11:13 dans Famille, Histoire, La Mine, Lens | 32 commentaires »

Mes premières vacances, je n’en ai pas de souvenir, c’était à La Napoule en 1953. J’avais un an. Tous les habitants des corons connaissait ce nom : La Napoule, synonyme de « vacances sociales ». 

Mes premières vacances en famille

 

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Les vacances : 

 

Le 5 mai 1947 le domaine du château Agecroft est acheté pour le compte des Houillères du Nord et Pas de Calais par Mr. Léon Delfosse, Directeur Général Adjoint. La même année, le centre de congés de La Napoule appelé également  » Château des Mineurs  » est ouvert aux ouvriers et employés des Mines et à leur famille pour un séjour de deux semaines.

Il y avait tant de demandes qu’un tirage au sort était effectué chaque année. Quelle fierté dans les maisons quand on apprenait que c’était son tour. 

Pour faciliter le séjour des vacanciers, les HBNPC avaient même émis un opuscule de quelques plages donnant des indications sur l’organisation du voyage et du séjour. On ressent dans ce livret que certains n’avaient jamais voyagé puisqu’on y trouve ce genre de recommandations : « A l’arrivée à la gare de La Napoule, détachez votre ticket SNCF « Aller » et conserver le « Retour ».

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Un petit livret pour ne rien oublier 

Dés 1950, 9600 personnes purent  en profiter  contre 2800 en 1948, première année complète de fonctionnement du Centre. La capacité d’hébergement de La Napoule était de 500 à 600 personnes, soit un rythme de plus de 10 000 vacanciers à l’année.

Pendant presque 40 ans, La Napoule a permis à quelques dizaines de milliers de familles de mineurs de découvrir des horizons et une région totalement différents des leurs, mais aussi d’apprendre à vivre pleinement la période des congés. C’était le soleil, le dépaysement, un autre climat mais aussi le voyage !

Le fait d’être servi à table a marqué les esprits. Les familles étaient servies comme des riches et comme ils n’allaient pas au restaurant c’était vraiment quelque chose de sensationnel. 

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Repas en famille servis à table 

Le château Agecroft :  

« Le Château des mineurs » est une grande bâtisse aux pierres rouges, aux murs crénelés, encadrée par deux tours carrées. Il fut construit entre 1918 et 1920 par Harry Leland de Lengley. C’est en mémoire de son grand père dénommé « Agecroft » qu’il nomma son château. 

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Le Château des Mineurs 

Des cheminées monumentales et de très grandes portes en fer forgé venant d’Egypte décorent l’intérieur. 

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La Salle à Manger 

La vue sur la baie de La Napoule depuis le Château est magnifique. 

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La baie 

C’est sur cette plage que j’ai pris mes premiers bains de mer en compagnie de mon père. 

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L’un de mes premiers bains de mer 

Il y avait une grande montée pour arriver au château qui devaient être épuisantes après une journée d’excustion. 

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La « montée des marches » 

Des grosses plantes grasses pointues (des agaves) ornaient cette escalade. C’est là que tout le monde a au moins pris une photo. 

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Nous aussi ! 

 

Aujourd’hui, la propriété s’étend sur 171 hectares mais le domaine d’Agecroft ne comprenait à l’origine que le château et ses dépendances implantés sur les 10 hectares de la propriété mais très vite huit grands baraquements, dits chalets, furent ajoutés.

Le premier de ces bâtiments,  » les Fougères « , comportait 48 chambres et fut ouvrit en janvier 1953; le second  » les Mimosas « , plus important avec ses 71 chambres, ouvrit ses portes en novembre 1955.

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Les Mimosas 

Un troisième bâtiment  » la Roseraie « , comptant 49 chambres, fut construit en 1963, ce qui en ajoutant les 17 chambres du château, portait le nombre à 185 chambres.

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La Roseraie 

C’est en 1977 que sont bâtis les Orangers et les Tamaris. Les tous derniers aménagements des Houillères datent de 1983.

La salle des fêtes, construite en 1956, disposait de 500 places; elle était insonorisée et climatisée.
Des soirées de variétés, des concours de chants, des bals, des séances de cinéma, etc…, y étaient organisés.

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La Salle des Fêtes 

Pour les plus jeunes, une garderie a également été construite.

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La garderie 

On pouvait également visiter la serre et ses nombreuses variétés horticoles.

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La serre 

 

Le transport : 

Pendant une trentaine d’années, les mineurs prirent un train spécial de la SNCF à Douai.
Très vite, dans la joie de partir en vacances, les relations étaient établies d’un compartiment à l’autre. En gare de Mandelieu, des groupes d’amis étaient déjà constitués.

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Le bonheur de partir 

A partir de janvier 1977, le transport pour La Napoule fut assuré par avion au départ de Lille-Lesquin.
Un samedi sur deux, entre 800 et 1000 voyageurs empruntaient toutes les deux semaines les Mercure ou Airbus d’Air Inter entre Lesquin et  Nice.

La grande majorité des voyageurs en profitaient pour faire leur baptême de l’air tout en gagnant une journée de vacances supplémentaire.

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Un vol de retour à Lesquin 

(Photo empruntée sur le blog de André de Marles à voir ici) 

La Napoule aujourd’hui : 

En 1994 Charbonnages de France vend le château au CCAS (CE d’EDF). Dès 1995, 283 lits sont mis à la disposition des gaziers et électriciens. En juillet 1999: LA SOCIÉTÉ CIVILE DU DOMAINE D’AGECROFT est crée par les CE de EDF et de la RATP pour gérer le domaine : le château n’est plus celui des mineurs mais ouvert au public tout en perpétuant la tradition du tourisme social. 

 

On peut ajouter que de nombreux couples de mineurs, amoureux ou nostalgiques de la région, ont pris leur retraite à La Napoule et s’y sont installés. Il doit être surprenant que dans ce petit coin du midi entendre tout à coup : »Cha va, minloute ? « .

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Le Château aujourd’hui 

 

Min Lens à mi

Posté : 3 avril, 2010 @ 10:04 dans Famille, Histoire, Lens | 18 commentaires »

       Il y a quelques années, j’avais écrit pour le site « Histoires de Chtis » quelques paragraphes racontant des souvenirs de jeunesse en rapport avec le sport et surtout le RCL.  A l’occasion d’un retour à Bollaert il y a quelques jours, ces textes me sont revenus en mémoire. Je les ai retrouvés, illustrés, un peu modifiés en précisant certaines choses ou en rectifiant quelques erreurs. J’y ai ajouté deux paragraphes. Ce sont donc ces quelques lignes que je vous propose, intitulées « Min Lens à mi ». 

L’mobylette ed’min père      

     Habitant à la fosse 14, rue Lamennais exactement, le dimanche après midi, une fois tous les quinze jours mon père m’emmenait au stade Bollaert pour voir un match du RC Lens. A cette époque, on ne disait pas « On va à Bollaert » mais simplement : « On va au match ». Aller au match voulait tout dire, ça ne pouvait être qu’au Stade Bollaert pour voir l’équipe qui enflammait tous les corons. 

    Les matches avaient lieu à 15h00 car tous les stades n’étaient pas équipés d’installations de nocturne (Lens l’a pourtant été dès 1954). Donc, le dimanche, en tout début d’après midi, mon père me faisait monter sur le porte-bagages de sa Mobylette où il installait un siège pour enfants. 

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L’mobylette d’min père … et mi d’sus mais un peu avant qu’il m’emmène au match 

       Et nous voilà partis !       

       Déjà à cette époque, il fallait arriver de bonne heure car il y avait du monde, les bons résultats du club et le manque d’autres distractions à part le cinéma, attiraient un public composé essentiellement d’hommes et de garçons. Je ne me souviens pas avoir vu beaucoup de filles « aux matches ». 

      Nous, on allait toujours dans les « populaires » : elles se situaient en arc de cercle derrière les deux buts et composées de gradins en terre battue non couverts et debouts bien sur! 

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Plus tard, les populaires furent même scindées avec la création des « virages » 

Les gardiennes d’vélo 

    On arrivait par la route de Béthune et la cité des Fleurs, appelée aussi « la cité des pensionnés ». Dans la rue qui menait à l’entrée du stade, il y avait quelques maisons habitées par des retraités. C’est là que les gens déposaient leurs vélos ou leur vélomoteur. Ils avaient inventé le parking gardé! Nous, où mon père déposait sa Mobylette, c’était toujours la dernière maison avant l’entrée du stade. Contre vingt francs à l’époque (qui allaient devenir plus tard vingt centimes), une dame gardait l’œil sur les engins pendant toute la durée du match. « Y’a pas d’risques, j’chuis toudis là ! ». Rien ne prouve que pendant le match, elle restait toujours dehors à surveiller. De toute manière, il n’y avait jamais de vols ou de dégradations.

     Imaginez aujourd’hui déposer votre voiture dans un parking où il suffirait de dire un peu plus tard : « C’est celle là, la mienne » sans aucun reçu et qu’on vous tende les clés. C’est pourtant ce qui se passait à l’époque: personne n’aurait imaginé qu’on puisse lui voler son engin. 

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Du côté « ville », il y avait un grand « parking » pour les vélos. 

Le p’tit pont 

       Pour accéder au terrain par la « cité des pensionnés », d’où venait tous les gens des quartiers nord de Lens (fosses 9,11,12,14, etc …), il fallait passer par un petit pont qui surplombait les voies du Chemin de Fer des Mines. Sur ce pont, on allait à trois de front au maximum. Pour entrer au stade, ça allait encore, les arrivées étaient étalées. Mais pour sortir, il y avait plusieurs milliers de personnes à passer par cet entonnoir. Alors, on attendait son tour, sans se bousculer, sans se chamailler, en discutant avec les gens. Ca pouvait durer une demi-heure les soirs de grand match. Alors, ça discutait, chacun y allait de son analyse. Finalement, on avait assisté au match et on avait en plus les commentaires d’après match. Canal + n’a rien inventé ! Une fois passé, on allait récupérer son vélo ou sa Mobylette « Chez el’femme » et on rentrait.

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Le p’tit pont aujourd’hui : il ne reste de visible que l’accès, la voie du chemin de fer des mines est devenue l’allée piétonne Marc-Vivien Foé. A gauche, l’emplacement de la maison de la « gardienne de deux-roues ». 

Ch’est min garchon 

      Quelques années plus tard, on avait le droit d’aller au match tout seul, sans son père. On avait une douzaine d’années et c’était les premiers matches en nocturne. A cette époque, les gamins de 12 ans pouvaient sortir le soir sans aucun risque dans les corons. On y allait en bande avec tous les copains de la cité. Mais, il y avait un problème, à partir de 10 ans, il fallait payer demi-tarif. Alors, on attendait entre les caisses et le point de contrôle et on apostrophait les gens qui entraient au stade. « J’peux passer avec vous, M’sieur, s’il vous plait ? ». Tout le monde connaissait la combine. Les adultes nous prenaient par la main pour franchir le point de contrôle et disaient au gardien « Ché min garchon ! Y peux passer ? ». Et le gardien, pas dupe et qui nous voyait attendre depuis un quart d’heure devant lui répondait « Quel ache qu’il a, tin tchio ? 

- Y vient juste d’avoir 10 ans 

- Y’est bin grand pous’n'ache ». Et avec un clin d’oeil à l’adulte qui nous tenait par la main, il nous laisser entrer. Ensuite, il n’y avait plus qu’à attendre que les autres copains passent à leur tour avant d’aller se placer en populaire. 

Les « s’gontes » 

    Là où se situe toujours le kop lensois aujourd’hui se trouvait à cette époque là une petite tribune que l’on appelait « les s’gontes » (en français les secondes). Déjà à cette époque, c’est là que se trouvaient les supporters des « sang et or » avec leurs chants et leurs drapeaux. Les supporters d’aujourd’hui n’ont rien inventé, ils n’ont fait que moderniser (avec talent, il faut le dire) ce que faisaient déjà leurs grands-pères. 

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Les s’gontes vues du ciel 

    Je me souviens que pour nous qui étions toujours dans les populaires; c’était les jours de grand match impressionnant de voir toute cette foule agglutinée au centre de cette tribune, tout le monde était debout à l’époque.

      Je me souviens d’une réflexion qui nous avait fait éclater de rire d’un de nos voisins dans les populaires qui dit en regardant vers la tribune de secondes « y’in faut des kilos d’Palmolife pour laver tout cha ! ». 

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Il y avait moins de drapeaux mais la ferveur existait déjà 

Les branlées 

         Même si le but de ces textes n’est pas de raconter l’histoire du Racing mais plutôt les anecdotes s’y rapportant, on ne peut oublier les moments de jubilations lorsque les Sang et Or gagnaient avec la manière. Tous les anciens se souviennent des « branlées » que l’on a mis aux visiteurs (Lens-Le Havre 7-0; Lens-Bordeaux 8-1; Lens-Nice 4-0 et aussi le mémorable Lens contre Racing de Paris 10-2 dont 6 buts d’Oudjani lors de la saison 63-64); Ces soirs là, quand on rentrait chez soi, on se disait déjà : « Fier d’être Lensois ». 

    Je me souviens qu’à cette époque, l’introduction d’alcool n’était pas interdite dans les stades et qu’un dimanche après midi, Lens recevait Nantes sur un terrain « surgelé » et par une température d’environ moins 10. Le terrain était tellement dur que les Lensois ont joué en baskets car aucun crampon ne pouvait s’accrocher à la pelouse. Devant moi, dans les tribunes, il y avait deux hommes qui avaient pris « de quoi se réchauffer » et qui s’était engagés à vider une bouteille à chaque but de Lens. On a gagné 4-0. Ils ne devaient pas être très clairs en rentrant chez eux, ce soir là ! 

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Oudjani lors d’un match face à Nice 

La Clarville

     Mon père travaillait à « la Centrale de Vendin » où chaque année était organisée une loterie au profit de je ne sais plus qui. En 1962, on a eu la chance de gagner le premier prix. C’était une télé de marque Clarville, en noir et blanc, bien sûr. C’était une révolution dans la maison: plus besoin d’aller chez les voisins voir « La piste aux étoiles » ou les premières retransmissions des matches de Coupe d’Europe du grand Reims (dont je reparlerai plus tard). L’alimentation électrique était en 110 à cette époque et il y avait souvent des baisses de tension, surtout le soir. Sous la télé, il y avait un « survolteur » sur lequel il fallait actionner le bouton plusieurs fois pour empêcher la télé de s’éteindre. 

     L’inconvénient, c’était que lorsqu’on regardair un match où l’une des équipes avait un maillot bleu et l’autre un rouge, toutes les deux en short blanc, on avait du mal a voir qui jouait avec qui. Alors, le commentateur disait » Vous reconnaissez l’équipe de France à ses chaussettes, elles ont deux petits liserés blancs alors que les autres sont unies ». Tu parles, Charles !

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Notre « Clarville » ressemblait un peu à ça dans les années 60
 

Télé Dimanche 

    Le dimanche après midi, il y avait une émission de télé présentée par Raymond Marcillac qui s’appelait Télé-Dimanche. Un jour, avec mon père, nous sommes allés « au match » voir Lens-Reims. C’était le Reims de la grande époque avec Kopa, Fontaine… Le stade était plein comme un œuf. Nous, on avait trouvé une place dans les populaires, le nez plaqué contre le grillage juste à côté d’un poteau de corner. A 5 minutes de la fin, Lens menait 2-1. Mon père me dit : »Allez, c’est presque fini, on s’en va sinon on va être coincé au p’ti pont ». Nous voilà donc partis, on récupère la Mobylette et on rentre. Ma mère et mes sœurs regardaient Télé-Dimanche. « Qui c’est qui a gagné? demande ma mère. - Lens par deux buts t’à un ». A la fin de l’émission, la télé passe les panneaux des résultats de foot : Reims avait marqué 2 fois dans les 5 dernières minutes et avait gagné 3-2. Après ça, mon père n’est plus jamais parti avant la fin d’un match quitte à attendre une demi-heure au « p’tit pont ». 

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Télé Dimanche de Raymond Marcillac qui avait découvert Mireille Mathieu.

 

Le foot au « caté »      

        A cette époque, il y avait très peu de clubs structurés et la plupart des gamins qui jouaient au foot le faisait dans la rue : il y avait très peu de voitures. D’ailleurs, comme dans tous les corons, tous les gosses de la cité vivaient dehors jusqu’à la tombée de la nuit.
     Mais on avait aussi nos « matches du jeudi ». Quand on allait au catéchisme, le curé était un passionné de football et alors qu’on été partis plus de deux heures, on avait une demi-heure de « caté » et une heure et demi de foot sur le parvis de l’église du 12 (entre l’église et la rue Saint Edouard). Et là, par tous les temps, c’était des parties acharnées parfois à vingt contre vingt, entre ceux de la cité 12 contre ceux de la fosse 14. 
D’un côté le but était délimité par deux des pylônes de la clôture de l’église. De l’autre quatre bouts de bois ou quelques sacs ou vêtements faisaient office de poteau. Il n’y avait pas d’arbitre et si après un tir au but, quelqu’un criait « trop haut », tout le monde était d’accord pour annuler le but. Le curé relevait le bas de sa soutane pour jouer avec nous par tous les temps : soleil, pluie ou même neige. On revenait « tout crotés à l’mason ». C’est peut être pour ça qu’il y avait tant de monde au « catè » à l’époque. 

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Notre terrain de football « derrière l’église » 

Le sport ailleurs 

      Un peu plus tard, quand on avait fait sa communion, on n’allait plus à la messe. C’était « la tradition ». Alors, on se baladait avec les copains et on allait voir du sport. Souvent, c’était « au cimetière » où jouaient l’AS Lens (je pense que ce club existe toujours, ils avaient un stade auprès de ce qu’on appelle aujourd’hui le cimetière nord au bout de la rue Lamennais, là où reposent mes parents). Parfois, on avait des copains qui, étant meilleurs que nous, jouaient dans ce club. On allait les encourager. Ou alors, on allait aussi voir du basket « au cercle », rue des Marronniers à la fosse 12, derrière la salle Saint Laurent. Là aussi, c’était « à l’ancienne » : les matches se jouaient dehors par tous les temps sur un terrain en terre battue (il n’y avait pas de salles de sports), il n’y avait pas de remplaçants et, à la fin du match, on devait aller voir la table de marques pour savoir qui avait gagné car il n’y avait pas non plus de tableau d’affichage.

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Le stade de l’AS Lens ressemblait à celui-ci

 

L’pate à modeler            

       Mes frères et sœurs plus âgés pourraient vous le confirmer : quand j’étais gamin, j’étais un fervent de la pate à modeler. Et comme j’étais aussi fervent du Racing, il ne fallait pas grand-chose pour ces deux passions se réunissent. Sur une petite table située sous la fenêtre de la cuisine dans notre maison des Mines avaient lieu les répétitions des plus grands matches du championnat de France. Avec la pate à modeler, je fabriquais dix boules rouge et jaune, dix autres d’une autre couleur, deux différentes pour les gardiens de but et une noire pour l’arbitre. Les poteaux des buts, les bancs de touche et même le tableau d’affichage étaient aussi en pate à modeler. Et alors, une fois la fabrication terminée, le match pouvait commencer. Ca durait des heures et des heures et je ne sais pas pourquoi, à la fin, c’est toujours Lens qui gagnait ! 

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Les bâtons de pâte à modeler : des heures de matches ! 

Les lendits 

     Mais le stade Bollaert, c’était l’endroit mythique ! Et fouler sa pelouse une fois par an était une fierté et un honneur. Alors, quelle était notre joie quand, une fois par an, en fin d’année scolaire, on y présentait avec l’école un spectacle gymnique que l’on appelait « les lendits ». Tous les jeunes des écoles de Lens faisaient un tour d’honneur autour du terrain puis se présentaient devant la tribune d’honneur pour faire une exhibition de mouvements d’ensemble » que l’on avait répétés à l’école toute l’année. 

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Les Lendits à Bollaert dans les années 60 

J’suis « placeur » 

        Un peu plus tard, vers 15/16 ans, j’ai réussi à me faire embaucher comme placeur dans la tribune d’honneur du stade. On avait droit à une carte officielle de « Membre Actif » et on portait un brassard : le mien avait été cousu par ma mère avec des morceaux de tissus rouges et jaunes. On gagnait par match : 5 francs (plus les pourboires) et un exemplaire gratuit du journal « Sang et Or ». Puis, on avait le droit de voir le match de la tribune. Je me souviens avoir assisté à un match de gala avec des internationaux comme Kopa et Fontaine et il me semble le retour à Lens de Wiesniewski. C’était à l’occasion du jubilée de Bernard Placzek, qui joua 377 matches et fut longtemps capitaine du Racing. Ca reste un bon souvenir même si peu de temps après, Lens a abandonné le football professionnel pour ne le réintégrer que quelques années plus tard. 

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Sang et Or : le journal du Racing

 Sin dernier match            

       Si mon père est à l’origine de ma passion pour ce club, il était normal que je sois présent lors du dernier match qu’il est allé voir à Bollaert. Il me semble que c’était en 1972 lors de la légendaire demi-finale contre Bastia. Battus 3-0 à l’aller et surtout mal reçus en Corse (on a entendu dire que des voitures immatriculées 62 avaient été jetées dans le port de Bastia), les lensois, alors en 2ème division, voulaient laver cet affront. Bollaert était plein comme un œuf et même plus puisque qu’il y avait du monde sur les toits des tribunes, sur les pylônes des projecteurs et que l’on avait du mal à voir les limites du terrain tant il y avait de supporters le long des lignes (je pense qu’aujourd’hui, le match n’aurai pas eu lieu mais le holliganisme à la sauce PSG n’existait pas encore à l’époque). Lens marqua 1 fois puis une autre mais ne remonta pas le handicap de l’aller. Qu’importe, l’honneur était sauf et les Corses se sont longtemps souvenus de « l’accueil » des ch’tis. Une banderole reste dans mes souvenirs : le gardien corse était yougoslave et s’appelait Pantélic. La banderole disait « Pantélic, pends tes loques ». A-t-il compris ? Je ne le pense pas. 

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Lens-Bastia 1972 : le début du renouveau du Racing

Aujourd’hui            

     Je suis retourné à Bollaert il y a quelques jours. Il y a 50 ans, mon père m’y emmenait. Cette fois là, c’est mon gendre qui m’y a invité. Le temps passe ! C’est vrai que c’est beau : les couleurs, les tifos, les drapeaux, les chants, la Marseillaise Lensoise, les Corons à la mi-temps. Toutes les couleurs de Bollaert aujourd’hui  Mais j’ai l’impression qu’il manque quelque chose. Quoi ? Je ne sais pas. Le p’tit pont ? Les s’gontes ? Les gradins en terre battue ? Peut être quelques ch’tis de plus sur le terrain pour garder l’esprit lensois ? 

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Toutes les couleurs de Bollaert aujourd’hui

      La passion est toujours là pour ce club mais il y a aussi beaucoup de souvenirs et certainement un peu de nostalgie. Parce que cette équipe, c’est : « Min Lens à mi ! ». 

Une dernière photo

Posté : 12 mars, 2010 @ 3:15 dans Avion, Histoire, Le Nord | 2 commentaires »

J’ai retrouvé une autre photo de la Cité des Cheminots. Il s’agit de l’école des garçons qui se trouvait rue Théo Salingue. Je l’ai comparée avec une photo d’aujourd’hui. Le commerce semble être le dernier bâtiment d’époque à avoir survécu dans ce quartier (le cabinet médical qui se trouvait derrière rue Alexandre Gressier a lui aussi été rasé). A l’époque il proposait le tabac et la presse comme aujourd’hui mais aussi des jouets et la possibilité de téléphoner.

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Aujourd’hui, l’école des garçons a été remplacée par le grand édifice de l’école élémentaire Joliot Curie.

 A signaler qu’aucun « estaminet » n’existait dans la cité des cheminots, c’était le souhait de Dautry, le concepteur. Le seul endroit où les cheminots pouvaient se désaltérer était le bar de la salle des Fêtes.

 

Le canal de Lens

Posté : 27 février, 2010 @ 3:13 dans Histoire, Lens | 11 commentaires »

Au début du 16ème siècle, le canal de la Deûle fut prolongé jusque Courrières en passant par Pont-à-Vendin. L’acte d’ouverture du canal de Lens à Lille fut signé en 1520 par Antoine Le Censier, échevin.  A l’époque, on y transportait de la tourbe, des grains et des bestiaux. 

En 1587, on trouve des traces d’écrits sur le canal dans les délibérations de l’échevinage de Lens (sorte de juridiction municipale), il était alors alimenté par les marais. Les échevins de Lens percevaient un droit de péage en échange de l’entretien du rivage du canal. 

Au Nord-Est de Lens, le canal de la Souchez (aussi appelé canal de Lens à la Deûle) n’était autre que la rivière du même nom dont le lit avait été redressé à partir d’Eleu-dit-Leauwette. 

A l’époque, le canal faisait tourner quatre moulins de Lens : Peskebeuf, la Poterne, Mollaines et Arondelle. 

Ce plan de 1648 montre (en bleu) le canl de la Souchez qui se jette dans les marais de Harnes. 

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Mais trop mal entretenu, il n’est plus utilisé et est comblé en 1791. Son emplacement partagé entre les riverains 

Avec la découverte du charbon et l’essor des compagnies minières, un nouveau canal devient une nécessité. Le 2 août 1881, un décret autorise le creusement d’un canal à la demande du conseil municipal et de la compagnie des mines de Liévin. 

En 1886, il prolonge jusqu’au pont d’Eleu le canal de la Souchez qui avait été concédé aux Mines de Courrières en 1860. 

En 1898, 557 000 tonnes de marchandises ont transité par le canal. 

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Le canal de Lens comportait 4 écluses avait un mouillage de 2,20 mètres 

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Pour franchir la Route de Douai et se rendre à Sallaumines, un pont fut construit auprès de l’ écluse n°1. Il sera détruit pendant la première guerre mondiale. A noter qu’au 11ème siècle, un pont avait déjà été édifié à cet endroit près de la Porte de Douai lorsque Lens construisit ses remparts. Il évitait aux lensois  de « tant se salir pour joindre Salleau » selon une expression de l’époque. 

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Les péniches disposaient d’un quai de déchargement pour, par exemple, les matériaux de construction destinés aux Mines… 

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… et d’un quai d’embarquement pour les charbons venant des Mines de Liévin. 

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 Mais les rives du canal étaient aussi un lieu de promenade par un raccourci entre les rues d’Avion et de Douai. 

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Cette carte est prise de la rue des Jardins, on y voit le grand tourillon de la brasserie. 

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Sur cette autre image, on aperçoit les travaux d’extension du quai de déchargement et une vue sur la place de la République dont l’un des côtés n’est pas encore bâti. 

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Au sud de Lens, le canal passe sous la route d’Avion qui mène à la cité des Cheminots … 

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… et sous les voies de chemin de fer de la Compagnie du Nord. 

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A hauteur d’Eleu-dit-Leauwette, se trouvait l’extrémité du canal de Lens. Les péniches pouvaient y faire demi-tour.

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Apres la 1ère guerre mondiale, le canal est en piteux état : 

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14 ponts ou passerelles et 3 écluses sont détruits. 240 ouvriers sont employés à sa restauration. 

Le canal est réouvert partiellement en 1920 et totalement le 1er février 1922. En 1923, les ponts de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord sont terminés.

En 1927, le Pont de la Route Nationale 43 dit Pont de Douai est terminé. C’est un Pont Métallique de 27 mètres d’ouverture 

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Cette année là, le canal draine 1 434 000 tonnes et 5209 chargements de péniches ont été réalisés. 

Mais le canal sert aussi de lieu de loisirs. En 1930, l’USOL (Union Sportive Ouvrière Lensoise) organise le 20 juillet sa 1ère fête nautique et crée la « Traversée de Lens à la nage ». Au cours de cette fête, d’autres épreuves sont inscrites  entre le Pont de Douai et l’écluse: exercice de sauvetage, concours de plongeon, courses de vitesse. Les spectateurs sont installés sur 500 chaises réparties sur les deux rives du canal 

Autre club, le CNL (Club nautique lensois) est créé en 1930, organise sa 1ère fête le 14 septembre 1930 : match de water polo mais aussi des jeux qui auraient pu inspirer Guy Lux pour Interville : mât de cocagne sur l’eau, traversée du canal avec cochon. 

Pour les ducasses de quartier, était organisées des joutes très appréciées des lensois. 

En 1932, M. Goutte, directeur des Pingouins Lensois (issus de la fusion entre les Dauphins et l’Union nautique lensoise), crée une école de natation. 

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En 1934, une piscine est inaugurée le long du canal, près de Pont de Douai. Elle comportait 3 bassins, des gradins pouvant accueillir 800 spectateurs, 130 cabines et des plages gazonnées. 

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 En 1943, un arrêté déclare urgents et d’utilité publique les travaux d’aménagement du canal de Lens nécessaires au maintien de la navigabilité. Ces travaux d’abaissement du plan d’eau sont entrepris de 1948 à 1953 et la navigation est suspendue. Une nouvelle écluse est construite et la navigation est à nouveau possible en février 1953. 

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Quelques années plus tard, le canal est devenu un véritable égout à ciel ouvert ; les eaux provenant des abattoirs municipaux, les eaux pluviales et ménagères y sont déversées. 

Dès 1962, le conseil municipal émet le vœu de supprimer le canal. Un décret du 19 avril 1968 stipule que le canal de Lens est finalement rayé de la nomenclature des voies navigables. En 1974, la Souchez est canalisée sous terre dans d’énormes conduits en béton afin de laisser la place en surface, à la rocade sud qui emprunte le lit de l’ancien canal. La rocade minière sud est mise en service en 1976

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la Coopérative ou la CCPM ?

Posté : 25 février, 2010 @ 10:22 dans Histoire, La Mine, Lens | 11 commentaires »

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     « In va à l’Coopératif ou a l’CCPM ? ». Cette question, les familles de mineurs de Lens pouvaient se la poser au siècle dernier. Deux organismes possédaient leur coopérative, composée de magasins tels les superettes d’aujourd’hui. On pouvait s’y fournir en alimentation mais aussi en tissus, mercerie et même électroménagers. 

 

           La réponse à la question devait peut-être être due à la qualité du service, aux prix pratiqués, à l’amabilité des serveuses mais aussi certainement aux opinions politiques ou syndicales du mineur. Celle que l’on nommait la Coopérative était propriété de la Compagnie puis des HBNPC ; La CCPM était géré par des dirigeants de tendance communiste ou cégétistes.

 LA COOPERATIVE DES MINES : 

     La Coopérative des Mines de Lens a été créée à la fin du 19ème  siècle par la Compagnie dans le cadre de sa politique « sociale » qui l’avait poussé à faire beaucoup pour ses mineurs afin d’attirer des ouvriers d’autres régions, voire de pays. Elle entrait dans ce cadre avec la construction de logement, la création d’associations sportives, musicales et même colombophiles. 

 

    En 1920, elle portait le nom de Coopérative des Ouvriers et Employés des Mines de Lens comme le prouve ce document.

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           Le siège de la Coopérative se trouvait rue Bollaert, juste à côté de la fosse 1 (Là où se trouve aujourd’hui la Résidence Bollaert).

 

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      Plus tard, à la nationalisation, elle fit appelée « Coopérative des Mines du Groupe de Lens » puis « Coopérative des Mines Groupe Lens- Oignies ».

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       Dans chaque coron, on trouvait une succursale de la Coopérative. Plusieurs bâtiments existent toujours et ont changé de destination. Par exemple, celle de la Route de La Bassée (cité 14) où travaillaient Madame Monthuel et ma petite sœur est devenue une agence de la Caisse D’Epargne.

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   Dans le bâtiment de celle de la cité du 12, rue Fénelon ont été installés des logements sociaux. Dans celle–ci, la boucherie était distincte des autres commerces.

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La CCPM : 

    C’est entre les années 1942 et 1944 que la Coopérative Centrale du Personnel des Mines du Nord-Pas-de-Calais (CCPM) tire ses origines, au départ pour succéder au service d’approvisionnement des houillères (SAH dissous en 1941). La CCPM est d’abord une association civile de type 1901 dont les statuts ont été déposés le 20 janvier 1945 et c’est alors un simple organisme de distribution, mais elle se transforme rapidement après la fin du ravitaillement afin de devenir une coopérative de consommation interentreprises anonyme à personnel et capital variables le 14 avril 1947 (249 500 actions de 100 francs sont mises en vente).

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    Les statuts de la CCPM sont une nouvelle fois modifiés lors de l’assemblée générale extraordinaire du 9 juillet 1955. La Coopérative Centrale du Personnel des Mines devient Coopérative Centrale du Pays Minier, c’est-à-dire qu’elle ne s’adresse plus uniquement aux mineurs mais à l’ensemble des consommateurs qui sont à l’époque admis dans les magasins sociaux. 

    La CCPM est une coopérative marquée par une forte empreinte communiste et elle est caractérisée, pour ses fondateurs et dirigeants, Auguste Lecoeur, Victor Foulon, par une idéologie progressiste qui vise à l’émancipation ouvrière par l’accès à une contre-culture à l’opposé de l’atmosphère de l’époque.

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Auguste Lecoeur 

      La CCPM a connu une implantation plutôt houleuse dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Entre 1947 et 1949 la CCPM ouvre plus de soixante magasins qui sont en concurrence directe avec ceux d’autres coopératives allant parfois jusqu’à occuper des locaux qui ont dû être abandonnés au début de la guerre : comme à Billy-Montigny en 1948 où la CCPM a dû restituer des locaux utilisés pour la distribution du ravitaillement à la coopérative de Courrières propriétaire des lieux. 

    La CCPM connaît un développement très rapide et très important avec un chiffre d’affaire et un nombre de sociétaires supérieurs à ceux de toutes les autres coopératives existantes. Ci-dessous une réclame de la CCPM dans les années 50 sur un buvard de l’époque.

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      Mais la CCPM ce n’était pas que ces magasins de corons : La Maison du Peuple , rendue célèbre par les grèves de 1906 et Broutchoux, est devenue une librairie coopérative fondée par la CCPM et qui sera cédée par la suite au Syndicat des Mineurs Cégétistes. De colonies de vacances qui ont été organisées par la coopérative en partenariat avec L’Entr’aide Sociale du personnel des HBNPC (par exemple dans la villa d’Acq à Villers-au-Bois dans le Pas-de-Calais).

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La CCPM de la Route de Lille (cité 2)

     La CCPM reste en activité jusqu’en 1985, année au cours de laquelle elle est mise en règlement judiciaire le 18 septembre puis en liquidation des biens le 25 novembre à la suite de grosses difficultés financières. C’est sous la direction de Gaston Filiot, dernier président directeur général de la coopérative, que celle-ci cesse définitivement son activité le 14 février 1986. 

     Dans la mémoire collective, le nom de Beaumont (commune qui fusionnera avec Hénin Liétard) est toujours très attaché à la CCPM, là s’était implantée le siège social et les entrepots sur le site d’une ancienne briqueterie qui laissera place ensuite à une filature de lin.

    Dans la cité 14, la CCPM se trouvait Route de La Bassée, à côté d’une boulangerie et d’une boucherie. Ce bâtiment, transformé en habitation, existe toujours :

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   On peut voir au dessus des fenêtres les traces de l’enseigne du magasin : 

 

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NB : Un grand merci à mon grand frère Michel qui, grâce à ses souvenirs personnels, m’a permis d’orienter mes recherches pour cet article. Salut Frangin.

1906 : d’autres images

Posté : 24 février, 2010 @ 9:56 dans Histoire, La Mine, Lens | Pas de commentaires »

D’autres photos de la grève de 1906 à Lens. Je ne pouvais pas vous en priver :

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L’Estaminet Carpentier, « siège du syndicat des Mineurs ». On peut penser que c’est celui du « Vieux Syndicat » de Basly car celuide Broutchoux se trouvait à la maison du Peuple, rue de Paris.

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Les troupes interdisant l’accès à la fosse 5 des Mines de Lens située sur le territoire d’Avion. Qu’attendent les femmes devant le mur du carreau ? On ne le sait pas mais sûrement pas la « quinzaine ».

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Après la mort du Lieutenant Lautour, les troupes sillonnent le centre ville : ici, Rue de Paris.

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La Gare des Chemins de Fer du Nord est également sous la protection des militaires.

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La gare où, comme le montre cette photo, se trouve le Quartier Général du Commandant des troupes envoyées par Clemenceau.

Cor ine belle imache !

Posté : 12 février, 2010 @ 9:22 dans Histoire, La Mine, Lens | Pas de commentaires »

Voici une nouvelle photo trouvée sur le net.Au premier plan, Bollaert, bien sûr. mais le bollaert des années 50/60 avec ses populaires, ses virages, ses « s’gontes ». Au premier plan, la voie du Chemin de Fer des Mines puis le terrain près du stade où l’on allait faire du sport avec l’école. A droite, les voies SNCF et la gare de triage de Lens. Sur la gauche, la fosse 1 et plus au fond, la ville avec l’église Saint Leger que l’on distingue bien et l’horizon peuplé de terrils.

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