Le Lensois Normand

Tome 2

Archive pour la catégorie 'La Mine'

Les Chemins de Fer des Mines de Lens (3)

Posté : 6 août, 2010 @ 6:31 dans Histoire, La Mine, Lens | 7 commentaires »

 Le petit train Lens-Violaines

       Certains l’appelaient le petit train pour le différencier des lignes S.N.C.F. mais il y avait sept ou huit wagons quand même ! Il fut mis en service dès la fin du XIXème siècle pour transporter les mineurs qui habitaient dans les communes environnantes.

         Le petit train s’arrêtait dans tous les villages : Lens, Lens Grand Condé, Vendin fosse 8, Pont-à-Vendin rivage, Wingles, Douvrin, Auchy-les-Mines et La Bassée. Entre La Bassée et Lens, le trajet durait environ une heure. Les Mines de Lens employaient du personnel pour fleurir et entretenir les quais de gare. Tous les quais étaient fleuris, les haies soigneusement taillées, le parcours du petit train était très coquet, bien arrangé.

         Les gares de Vendin, Wingles, Douvrin et Violaines :

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 A Lens, partant de la Gare Sainte Elisabeth, la ligne franchissait la rue Bollaert par un pont supérieur :

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  A ce sujet, il est encore possible d’apercevoir auhourd’hui un train sur ce pont ! Sur le site officiel de la Ville de Lens, il est diffusé des archives dont une sur le patrimoine des Mines de lens. On y voit furtivement un train franchir le pont de la rue Bollaert. C’est ici : http://www.villedelens.fr/Le-patrimoine-des-Mines

  Les vidéos diffusées dans cette page sur l’histoire de la ville sont passionnantes et pleines d’enseignements. Bravo au service des archives de Lens d’avoir pensé à les diffuser.

     Puis le train passait au dessus de la rue Elie Remaux (encore appelée à l’époque de la photo Avenue du 4 Septembre prolongée) :

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 Aussitôt franchi ce pont, dans les jardins des Grands Bureaux existait un quai baptisé « Quai de l’Impératrice » en souvenir de la visite à Lens de l’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.

Sur cette photo, on voit sur la droite la ligne de Chemin de Fer menant à la fosse 2. La croix marque l’emplacement du Quai de l’Impératrice.

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 Aujourd’hui, il ne reste de visible que les marches qui menaient à ce quai (merci à Christian de Liévin pour la photo) :

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 Puis, cette ligne traversait les Rues du Pôle Nord (Souvraz aujourd’hui) et de Londres par des ponts supérieurs que l’on voit ici peu de temps après leur construction au début des années 20 :

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 Puis elle rejoignait la fosse 2 et la gare du Grand Condé par l’emplacement exact où se trouve aujourd’hui la rue Hector Laloux.

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 Au Grand Condé (fosse 2) : l’emplacement de la gare aujourd’hui, juste au droit de l’arrêt de bus. Le pelouse que l’on aperçoit derrière était la plateforme de la voie ferrée qui s’en allait ensuite rejoindre Vendin.

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     Au fil du temps le petit train était devenu indispensable, Beaucoup de jeunes prenaient le train quotidiennement pour aller à l’école ou travailler à Lens. D’autres pour aller aux marchés des mardis et vendredis, d’autres encore pour assister aux matches du Racing Club de Lens. Le train se composait de petits compartiments avec des bancs disposés face à face ou des compartiments plus grands avec un banc de chaque côté et des piliers métalliques pour que les gens debout puissent se tenir. Certains montaient même leur vélo dans un wagon spécial et faisait une partie de leur trajet en train puis à vélo. En général le wagon à vélos était juste derrière la locomotive. Les trains étaient vert foncé mais avec la poussière de charbon et la vapeur, la couleur se ternissait. Chaque portière de wagon avait une glace verticale commandée par une sangle à la manière d’un store.

     C’était une petite voie minière mais il y avait tout de même une sélection parmi les voyageurs avec le système des premières et secondes classes. Il y avait le ticket individuel et la carte d’abonnement comme à la S.N.C.F, mais pour les mineurs et leur famille, c’était gratuit !

     Le train desservait les fosses pour transporter le personnel mais aussi des marchandises et en particulier du charbon. Le transport des voyageurs était plutôt accessoire. Le plus gros du trafic était consacré aux marchandises. Le service voyageurs du petit train s’est arrêté vers 1958, en remplacement, un réseau d’autobus a très vite était mis en place. Le trafic des marchandises a continué jusque la fin des années soixante-dix et même peut être jusqu’au début des années 80..

   Les ingénieurs des Mines, eux, se déplaçaient avec la draisine. Dans les gares, lorsqu’on voyait arriver une draisine, on savait qu’un cadre voyageait. Les draisines étaient des engins carrés dotés de sièges confortables, ce sont les autorités qui les empruntaient.

 

Les Chemins de Fer des Mines de Lens (4)

Posté : 6 août, 2010 @ 6:31 dans Histoire, La Mine, Lens | 11 commentaires »

 La gare Sainte Elisabeth

La gare Sainte Elisabeth fut construite dans les années 1920 et se trouvait face aux Grands Bureaux, rue Edouard Bollaert. Le bâtiment était légèrement surélevé, pour y accéder, il fallait monter quelques marches. C’était une bâtisse construite tout en hauteur avec une grande porte qui donnait sur un hall d’entrée. Elle fut pendant un temps le local de l’admisnistration de la ville de Lens jusqu’à la construction de la nouvelle mairie en 1966.

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 La gare Sainte Elisabeth voisine de la fosse 1 possédait un dépôt de locomotives ,un atelier de réparation de wagons et un important faisceau de triage qui permettait de rejoindre les fosses 4 et 9 de Lens, St Amé de Liévin ,la fosse 5 (située à Avion) grâce au rebroussement situé sur le carreau du 9. Une autre ligne parallèle a la route de Béthune rejoignait le 12 bis et les fosses 11 et 16 situées à Loos en Gohelle. Elle si fut abandonnée  au début des années 60.

L’activité de la gare cependant se poursuivit encore jusqu’en 1977 : les derniers convois étaient des trains de schistes venant des secteurs de Noeux-les-Mines et Meurchin qui étaient envoyés au lavoir de Liévin avec un trafic conséquent puisque 3000 et 4000 tonnes jour y transitaient encore.

Le dépôt de locomotives fut abandonné au début des années 60 mais il ne fut rasé qu’au début des années 90. L’atelier de réparation des wagons semble avoir été en activité jusqu’en 1977. Les voies principales entre le triangle d’Eleu-dit-Lauwette et la bifurcation de la fosse 8 de Vendin furent démontées au cours des années 1978 et 1979 : Les emprises des voies furent transformées. La gare subsista jusqu’en 1982 , la fosse 1 dont le carreau servait encore de dépôt de matériel fut rasée en 1986.

Extrait de « Relais » n° 147 de Septembre 1982 :

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Le silo de Michel

Posté : 28 juillet, 2010 @ 6:51 dans Histoire, La Mine, Lens, Vendin | 5 commentaires »

   En commentaire d’un de mes précédents articles, Michel CADART demande de l’aider à retrouver l’emplacement d’un silo à grain qui devait se trouver près d’une ferme appartenant aux Mines de Lens.

   D’après les renseignements dont je dispose (merci à « l’autre » Michel), cette ferme devait se situer au nord-est de Lens, dans le prolongement du Chemin Manot, près de la fosse 8 de Vendin. Par contre, ma source ne se souvient pas de la présence d’un silo. Voici une photo de cette ferme :

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   Et voici dont sur un plan de Lens de 1957, l’emplacement approximatif de la ferme tracé d’une croix bleue. A cet emplacement se trouve aujourd’hui la zone du Bois Rigault.

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   En ce qui concerne ce fameux « Chemin Manot », il délimitait les limites du nord de la ville, allant de Souchez jusqu’à Vendin. Il portait le nom de l’intendant de Louis XIV qui le fit tracer pour éviter la forteresse qu’était alors la ville de Lens.

  A Lens, il empruntait les actuelles rues Léon Blum (de la barrière du 11 à la route de Béthune); Pierre Brossolette (de la route de Béthune au cimetière nord); Louise Michel (du cimetière à la Route de la Bassée) puis la rue des Renardières. Ce chemin a certainement ensuite disparu lors de la construction de l’Autoroute A21 puisqu’on en retrouve la trace à l’emplacement de l’actuelle rue Alfred Nobel à Vendin (où le Chef Gruchot  sur son blog à voir ici situe la ferme des Mines de Lens). A noter que sur le plan ci-dessus, l’actuelle rue Léon Blum était alors nommée « Rue Manot ».

  Ici, une photo du Chemin Manot à la cité du 12 :

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   Pour en revenir à la question de Michel CADART, je n’ai trouvé aucune trace d’un silo à grain du côté de la ferme des Mines de Lens. La seule chose qui pourrait y ressembler, c’est le gazometre de Vendin situé à proximité de la centrale (qui a fait l’objet d’un article précédent à voir ici) .

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Un journal de légende : « Narodowiec »

Posté : 3 juin, 2010 @ 8:29 dans Histoire, La Mine, Le Nord, Lens | 9 commentaires »

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    Enfant dans les corons de Lens, mes copains s’appelaient Folet, Lambert, Gilles ou Buziaux mais aussi Michalak, Budchinski, Levandowski, Stakoviak ou Chaikowski. Lens et le bassin minier ont toujours été une terre d’accueil pour les étrangers. Je ne parle pas des Espagnol ou des Prussiens, venus chez nous pour y faire la guerre mais les premiers vrais « immigrés » étaient polonais.

  Venus dès la fin du 19ème siècle et surtout après la Première Guerre, les Polonais, courageux et travailleurs, s’intégrèrent rapidement à la communauté minière.

  Certes, ils avaient leur pratiques, leurs églises, leurs commerces, leurs musiques (le plus célèbre d’entre-eux, Stephan Kubiak voir ici l’article sur lui : http://chti76.unblog.fr/2008/10/21/lensois-celebre-stephan-kubiac/, leur cuisine (j’adore les metka)…. mais tout cela, il le partagèrent rapidement avec les lensois au point de se confondre rapidement dans la société et d’y devenir indispensables. Si l’histoire de Lens est celle qu’on nous narre aujourd’hui, c’est aussi parce qu’elle a été faite avec les Polonais, et ce pas seulement pour la gloire du RCL (rappelez vous entre autre, Placzek, Budzinski, Biéganski, Sowinski, Kosso, Théo puis plus tard les frères Lech, Krawczyk, etc ..).

  La communauté (je n’aime pas trop ce mot qui sent le renfermé alors que c’étaient des gens très ouverts) polonaise avait aussi SON journal : Narodowiec, ce journal imprimé à Lens est une véritable légende, un incroyable quotidien en langue polonaise qui était lu chaque jour par près de 60 000 abonnés ! C’était le second quotidien du bassin minier derrière La Voix du Nord. Il avait des abonnés aussi à l’étranger (Belgique, Hollande, Angleterre et même USA).

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Photo parue dans « La Voix du Nord » à l’occasion du centenaire du journal

  Dans ses années de gloire, Narodowiec proposait jusque 32 pages écrites par une véritable équipe de journalistes passionnés de leur nation d’origine. On pouvait y lire des nouvelles de tout le nord de la France, de Paris, de la France entière, du Benelux ; et puis aussi toutes les rubriques d’un quotidien « normal » : politiques, sociales, financières, agricoles, médicales, culturelles.. Il y avait aussi le courrier des nombreux lecteurs, un feuilleton et des BD.

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Style de bande déssinée du journal

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On y trouvait même les aventures du Professeur Nimbus qui faisaient aussi notre bonheur à nous dans La Voix du Nord.

    C’est dans la rue Émile Zola qu’étaient installées les presses rotatives: 80 salariés y travaillaient pendant six jours et six nuits pour boucler à temps le journal distribué par 200 colporteurs dans les années d’après-guerre ! Dès six heures du matin, les bureaux de la rédaction ouvraient, à 14 heures, le journal était déposé en gare de Lens et d’Arras tandis que dans les corons les plus proches, les mineurs polonais trouvaient le Narodowiec daté du lendemain !

Le créateur du journal : Michal Kwiatkowski.

   Journaliste au début du XXe siècle dans la partie de la Pologne occupée par la Prusse ; Nationaliste convaincu, résistant. Il fut emprisonné pour ses écrits échappa à plusieurs tentatives d’assassinat.

   Le 2 octobre 1909, il crée et fait paraître le premier numéro de Narodowiec à Herne, en Westphalie. Il deviendra, ainsi que son épouse, député de la diète polonaise.

1924 : Les polonais viennent par milliers chercher du travail dans les mines. Narodowiec émigre en France et s’installe à Lens en 1926. Une aubaine pour ces familles qui ne parlent pas un mot de français Il arrive déjà à 36 000 lecteurs.

  En 1940, Narodowiec appelle à la constitution d’une armée polonaise en France de 100 000 hommes. A l’arrivée des Allemands en Artois, le journal disparaît. Il ne reparaîtra qu’à la Libération. Michal Kwiatkowski est devenu vice-président de l’assemblée nationale polonaise en exil à Londres : le journal est maintenant anticommuniste, contre le pouvoir qui s’est installé à Varsovie.

Dans les années 50, près de 60 000 exemplaires sont vendus par jour

   En 1966, Michal décède et c’est son fils Michel qui reprend le journal aidé de son épouse, Eliana.
  En 1989, cette formidable aventure de presse prend fin : de 57  000 lecteurs dans les années 50, Narodowiec n’en avait plus que 6 000 trente ans plus tard. Il faut dire que la conjoncture était devenue mauvaise : les puits de mines fermés, la vie devenait plus difficile pour les retraités et, surtout, les jeunes générations de la Polonia ne parlaient de moins en moins la langue d’origine. L’Avenir de l’Artois crée alors sa page mensuelle de la communauté franco-polonaise, « Nowa Polska », une façon de perpétuer l’esprit du quotidien.

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  Le 2 octobre 2009 en l’église du Millénium, Route de Béthune à Lens, une grande exposition a eu lieu pour commémorer les 100 ans de la première parution de Narodowiec.

l’Hôtel Régina encore

Posté : 15 avril, 2010 @ 9:04 dans Histoire, La Mine, Le Nord | 2 commentaires »

  Notre ami Christian de Liévin (http://lechtimi62800.skyrock.com/) m’a fait parvenir un extrait d’un « Relais » de septembre 1982 (journal des HBNPC qui avait remplacé notre bon vieux « Notre Mine) avec de superbes photos sur le Centre de Vacances des Mineurs de Berck. Merci Christian et bravo pour ton blog.

   Je ne pouvais pas ne pas vous les faire voir :

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   De plus, cet article donne quelques précisions intéressantes sur l’histoire de l’hôtel :

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L’hôtel Régina de Berck

Posté : 14 avril, 2010 @ 6:53 dans Famille, Histoire, La Mine, Le Nord | 12 commentaires »

  Suite aux commentaires de Valère et Brigitte sur l’article sur La Napoule, voici donc présenté l’hôtel régina de Berck, autre centre de vacances des HBNPC.

Dans le contexte de la bataille du charbon après la libération, les toutes jeunes Houillères du Bassin du Nord/Pas-de-Calais mettent en place un ambitieux plan social afin d’attirer de la main-d’œuvre. Les réalisations vont de la construction de logements à l’organisation des vacances du personnel. Ainsi, deux centres de congés, le premier au château de La Napoule (Côte d’Azur), le second à l’hôtel Régina à Berck-Plage (Côte d’Opale) permettront d’accueillir à la mer, pendant plus de 40 ans, les mineurs et leur famille.

Comme pour La Napoule, c’était un tirage au sort qui désignait les familles de mineurs qui pouvaient bénéficier d’un séjour à l’hôtel Régina. Ils sont nombreux à y avoir connu leur premier repos et à avoir vu la mer pour la première fois…

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L’endroit avait été une maison de santé au début du 20ème siècle. 

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En 1952, les Houillères du Bassin du Nord et du Pas De Calais achètent cet hôtel à Berck Plage. C’est un immense bâtiment blanc, de style des grands hôtels, situé non loin de la plage. Les HBNPC le transforment en centre de Repos.

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Après des travaux de réparations et de mise en état, le centre fut mis en service le 4 Juin 1952. D’abord ouvert pour des séries de 200 personnes, il put accueillir, dès Août de la même année, 400 estivants à la fois, la totalité des chambres disponibles étant mise en service.

L’hôtel Régina a accueilli de nombreuses ouvriers et employés des houillères avec les congés payés, et plus particulièrement après la Seconde Guerre Mondiale. «  L’hôtel était exclusivement réservé aux mineurs et à leurs familles, raconte Romuald Vignon, l’actuel directeur. Le prix était en fonction de leurs ressources, et ils étaient choisis par tirage au sort . Ils arrivaient en nombre, n’étaient qu’entre mineurs, et c’était leurs seules vacances de l’année. Le Régina, est devenu une institution ».

« Ch’étot bien l’vie à l’Hôtel sans rien faire et cha, déjà ch’est surtout chés femmes qui l’appréciotent  grimmint» raconte un ancien mineur ; les balades sur l’avenue du Général de Gaulle, l’esplanade, la rue de l’impératrice, la place de l’entonnoir, la plage, le casino, le phare.

L’intérieur de l’hôtel, ce n’était pas le grand luxe mais tout était bien fonctionnel et largement suffisant pour des familles habituées à vivre dans les corons. 

La salle à manger …

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… et sa grande fresque murale 

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Le bar

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Une chambre 

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La cour 

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La salle de lecture 

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La salle de spectacle 

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Les cuisines

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Romuald Vignon, lui-même fils de mineur, a repris l’établissement en 1999, alors qu’il était selon lui à l’état de «taudis ». Après de gros travaux, les trois ailes de cette énorme bâtisse offrent en tout quatre-vingt-douze chambres. Aujourd’hui, certaines familles ou veuves de mineurs, un peu nostalgiques, continuent de venir en vacances à Berck et représente encore une grosse partie de la clientèle. « D’anciens mineurs continuent de venir, même souffrants. Beaucoup sont décédés à cause de la silicose, mais leurs veuves viennent toujours, elles ont autour de 80 ans. » 

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L’hôtel Régina aujourd’hui

Les mineurs en vacances à la Napoule

Posté : 10 avril, 2010 @ 11:13 dans Famille, Histoire, La Mine, Lens | 28 commentaires »

Mes premières vacances, je n’en ai pas de souvenir, c’était à La Napoule en 1953. J’avais un an. Tous les habitants des corons connaissait ce nom : La Napoule, synonyme de « vacances sociales ». 

Mes premières vacances en famille

 

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Les vacances : 

 

Le 5 mai 1947 le domaine du château Agecroft est acheté pour le compte des Houillères du Nord et Pas de Calais par Mr. Léon Delfosse, Directeur Général Adjoint. La même année, le centre de congés de La Napoule appelé également  » Château des Mineurs  » est ouvert aux ouvriers et employés des Mines et à leur famille pour un séjour de deux semaines.

Il y avait tant de demandes qu’un tirage au sort était effectué chaque année. Quelle fierté dans les maisons quand on apprenait que c’était son tour. 

Pour faciliter le séjour des vacanciers, les HBNPC avaient même émis un opuscule de quelques plages donnant des indications sur l’organisation du voyage et du séjour. On ressent dans ce livret que certains n’avaient jamais voyagé puisqu’on y trouve ce genre de recommandations : « A l’arrivée à la gare de La Napoule, détachez votre ticket SNCF « Aller » et conserver le « Retour ».

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Un petit livret pour ne rien oublier 

Dés 1950, 9600 personnes purent  en profiter  contre 2800 en 1948, première année complète de fonctionnement du Centre. La capacité d’hébergement de La Napoule était de 500 à 600 personnes, soit un rythme de plus de 10 000 vacanciers à l’année.

Pendant presque 40 ans, La Napoule a permis à quelques dizaines de milliers de familles de mineurs de découvrir des horizons et une région totalement différents des leurs, mais aussi d’apprendre à vivre pleinement la période des congés. C’était le soleil, le dépaysement, un autre climat mais aussi le voyage !

Le fait d’être servi à table a marqué les esprits. Les familles étaient servies comme des riches et comme ils n’allaient pas au restaurant c’était vraiment quelque chose de sensationnel. 

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Repas en famille servis à table 

Le château Agecroft :  

« Le Château des mineurs » est une grande bâtisse aux pierres rouges, aux murs crénelés, encadrée par deux tours carrées. Il fut construit entre 1918 et 1920 par Harry Leland de Lengley. C’est en mémoire de son grand père dénommé « Agecroft » qu’il nomma son château. 

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Le Château des Mineurs 

Des cheminées monumentales et de très grandes portes en fer forgé venant d’Egypte décorent l’intérieur. 

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La Salle à Manger 

La vue sur la baie de La Napoule depuis le Château est magnifique. 

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La baie 

C’est sur cette plage que j’ai pris mes premiers bains de mer en compagnie de mon père. 

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L’un de mes premiers bains de mer 

Il y avait une grande montée pour arriver au château qui devaient être épuisantes après une journée d’excustion. 

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La « montée des marches » 

Des grosses plantes grasses pointues (des agaves) ornaient cette escalade. C’est là que tout le monde a au moins pris une photo. 

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Nous aussi ! 

 

Aujourd’hui, la propriété s’étend sur 171 hectares mais le domaine d’Agecroft ne comprenait à l’origine que le château et ses dépendances implantés sur les 10 hectares de la propriété mais très vite huit grands baraquements, dits chalets, furent ajoutés.

Le premier de ces bâtiments,  » les Fougères « , comportait 48 chambres et fut ouvrit en janvier 1953; le second  » les Mimosas « , plus important avec ses 71 chambres, ouvrit ses portes en novembre 1955.

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Les Mimosas 

Un troisième bâtiment  » la Roseraie « , comptant 49 chambres, fut construit en 1963, ce qui en ajoutant les 17 chambres du château, portait le nombre à 185 chambres.

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La Roseraie 

C’est en 1977 que sont bâtis les Orangers et les Tamaris. Les tous derniers aménagements des Houillères datent de 1983.

La salle des fêtes, construite en 1956, disposait de 500 places; elle était insonorisée et climatisée.
Des soirées de variétés, des concours de chants, des bals, des séances de cinéma, etc…, y étaient organisés.

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La Salle des Fêtes 

Pour les plus jeunes, une garderie a également été construite.

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La garderie 

On pouvait également visiter la serre et ses nombreuses variétés horticoles.

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La serre 

 

Le transport : 

Pendant une trentaine d’années, les mineurs prirent un train spécial de la SNCF à Douai.
Très vite, dans la joie de partir en vacances, les relations étaient établies d’un compartiment à l’autre. En gare de Mandelieu, des groupes d’amis étaient déjà constitués.

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Le bonheur de partir 

A partir de janvier 1977, le transport pour La Napoule fut assuré par avion au départ de Lille-Lesquin.
Un samedi sur deux, entre 800 et 1000 voyageurs empruntaient toutes les deux semaines les Mercure ou Airbus d’Air Inter entre Lesquin et  Nice.

La grande majorité des voyageurs en profitaient pour faire leur baptême de l’air tout en gagnant une journée de vacances supplémentaire.

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Un vol de retour à Lesquin 

(Photo empruntée sur le blog de André de Marles à voir ici) 

La Napoule aujourd’hui : 

En 1994 Charbonnages de France vend le château au CCAS (CE d’EDF). Dès 1995, 283 lits sont mis à la disposition des gaziers et électriciens. En juillet 1999: LA SOCIÉTÉ CIVILE DU DOMAINE D’AGECROFT est crée par les CE de EDF et de la RATP pour gérer le domaine : le château n’est plus celui des mineurs mais ouvert au public tout en perpétuant la tradition du tourisme social. 

 

On peut ajouter que de nombreux couples de mineurs, amoureux ou nostalgiques de la région, ont pris leur retraite à La Napoule et s’y sont installés. Il doit être surprenant que dans ce petit coin du midi entendre tout à coup : »Cha va, minloute ? « .

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Le Château aujourd’hui 

 

La Centrale de Vendin-le-Vieil

Posté : 29 mars, 2010 @ 6:43 dans Famille, La Mine, Le Nord, Lens, Vendin | 17 commentaires »

            Cette fois c’est mon beau-frère Jean-Marc de Wingles que je remercie pour les précieux renseignements et explications qu’il m’a donné ainsi que pour la balade qu’il m’a offerte sur le site de la Centrale de Vendin. Cet article sur la Centrale de Vendin est dédié à mon père qui y a travaillé une grande partie de sa carrière. 

            Certains renseignements ont aussi été tirés du blog de Chefcruchot consacré à la commune de Vendin-le-Vieil et à voir ici : http://chefcruchot.vip-blog.com/

           Les Mines de Lens possédaient à Vendin-Le-Vieil deux  sièges d’extraction, les fosses 8 et 10 et d’importantes usines de traitement du charbon : une cokerie, une usine à briquettes, un lavoir central, une centrale électrique et d’importants parcs à stocks. Vendin possédait de nombreux moyens de communication dont un rivage sur le canal de la Deûle pour l’expédition du charbon en péniche, un réseau de voies ferrées relié aux lignes de la SNCF et une station pour l’entretien des locomotives. 

       La centrale thermique sert à fabriquer  de l’électricité à partir de la combustion du charbon. Pour les compagnies minières, la centrale thermique est une nécessité. Très vite à la fin du XIX et début du XXème siècle, les puits des mines ont été électrifiés : d’abord les bâtiments puis les machines et le fond. La demande électrique est devenue croissante. Très vite, la fabrication d’électricité est devenue indispensable, puis rentable voire lucrative.

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     En 1909, la Centrale de Vendin est construite. Seules deux cheminées existent à l’époque. Elle comprend plusieurs groupes. Un groupe basse pression de 32MW, un autre de moyenne pression de 46 MW (Un autre groupe de 40MW  haute pression sera installé en 1947).On remarque qu’alors les six réfrigérants sont en bois. Le courant électrique de la centrale de Vendin alimenta dès le début du siècle, par l’intermédiaire de la Compagnie Electrique du Nord, filiale de la Compagnie des Mines de Lens, un réseau de distribution de plus en plus étendu. 

 

    Déjà à cette époque, la centrale est pourvue d’une piscine. C’est plutôt un bac de rétention d’eau mais il permet aux enfants des ouvriers des Mines de s’ébattre joyeusement. Des courses de natation, des joutes et autres jeux sur eau y avaient souvent lieu. A l’arrière-plan, les cabines de déshabillage jouxtent les réfrigérants en bois. 

 

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         La Centrale, comme toutes les installations de Vendin eut à souffrir de la première guerre mondiale. Mais les dégâts ne furent pas si importants qu’à Lens.

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        Aussitôt la fin de la guerre, la priorité fut de remettre en service la fosse 10 afin d’alimenter la Centrale en charbon. L’énergie produite par la Centrale était absolument  nécessaire à la reconstruction. 

       Dès la fin du conflit, la fosse 10 est remise en service afin d’alimenter la Centrale en charbon afin de fournir l’énergie électrique nécessaire à la reconstruction.

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En 1925, une troisième cheminée est construite

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La centrale est modernisée : ci-dessous la salle de commande et celle des turbines

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Un nouveau groupe de batteries est construit en 1927

 

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Vers 1930 apparaît le premier réfrigérant en béton appelé à remplacer ceux en bois.

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En 1936, construction de la quatrième cheminée :

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La centrale possédait aussi son château d’eau :

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    Puis arrive la seconde guerre mondiale. Dès le début de l’invasion allemande, la Centrale est visée par les bombardements alliés. Voici des extraits de ce que raconte le Brigadier de Police de Vendin dans un rapport à son supérieur : « Le 30 juin 1941, vers 18h30, un groupe de 30 avions britanniques … a lancé 27 bombes de différents calibres sur la centrale à vapeur de la Société des Mines de Lens. Un incendie s’est déclaré dans le magasin à huile… Les installations de la centrale ont été fortement endommagées et il est impossible à l’heure actuelle, d’évaluer les dégâts… La Compagnie a eu ses lignes sectionnées… Deux de ces engins ont détruits des immeubles, il y a eu 3 blessés ». 

     Vendin sera au total 21 fois bombardé pendant cette guerre (dont une seule fois par les Allemands) causant la mort de 29 civils. 

     Le dernier bombardement sera la plus cruel en juin 44 avec 11 victimes.

     Cependant, la centrale n’est finalement pas très abimée.

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       1945 : la Guerre est finie, il faut à nouveau reconstruire et produire au maximum. La Centrale de Vendin participe à sa manière à la bataille du charbon. C’est la nationalisation, la Centrale devient propriété des HBNPC, groupe des Mines de Lens. 

    Elle connaît ses heures de gloire. De loin, ses trois immenses réfrigérants surplombent la commune de Vendin le Vieil. 

 

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     La centrale est très proche de la ville. On y emploie de nombreux ouvriers venus de la mine ou d’ailleurs.

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Départ en retraite d’un ouvrier de la centrale de Vendin dans les années 60 :

 

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         Mais ce qui reste le plus dans les souvenirs des Vendinois (et des autres), c’est certainement la piscine. Composée de 3 bassins et située en plein cœur de la centrale, au pied des réfrigérants, chauffée par l’énergie produite, elle était dans les années 50/60 l’une des rares piscines découvertes de la région.  L’entrée de la piscine se trouvait rue Bucquet.  

        La piscine était. Son activité déclina suite à l’ouverture en 1966 de la piscine de LENS et la cessation d’activité de la Centrale. Elle fut détruite en 1985 (voir photos plus loin) 

 

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      Puis arrivèrent les années 60 et la fin programmée des houillères. Les puits fermèrent à tour de rôle. La Centrale ne survécue pas à ce raz-de-marée.        Elle fermera définitivement en 1972, 

les réfrigérants ne fumeront plus : 

 

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Les installations se dégradent :

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        Pendant 13 ans, la centrale est laissée à l’abandon. Il a fallu attendre 1985 pour voir les premiers travaux de destruction : 

Les cheminées tombent à tour de rôle : 

 

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La piscine est détruite :

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      Aujourd’hui, il ne reste plus aucune trace de la Centrale comme le montrent ces deux photos aériennes prises du même endroit : 

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      Le terrain où elle se trouvait est devenu un espace vert qui sert à l’occasion de lieu de promenade.

 

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la Coopérative ou la CCPM ?

Posté : 25 février, 2010 @ 10:22 dans Histoire, La Mine, Lens | 11 commentaires »

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     « In va à l’Coopératif ou a l’CCPM ? ». Cette question, les familles de mineurs de Lens pouvaient se la poser au siècle dernier. Deux organismes possédaient leur coopérative, composée de magasins tels les superettes d’aujourd’hui. On pouvait s’y fournir en alimentation mais aussi en tissus, mercerie et même électroménagers. 

 

           La réponse à la question devait peut-être être due à la qualité du service, aux prix pratiqués, à l’amabilité des serveuses mais aussi certainement aux opinions politiques ou syndicales du mineur. Celle que l’on nommait la Coopérative était propriété de la Compagnie puis des HBNPC ; La CCPM était géré par des dirigeants de tendance communiste ou cégétistes.

 LA COOPERATIVE DES MINES : 

     La Coopérative des Mines de Lens a été créée à la fin du 19ème  siècle par la Compagnie dans le cadre de sa politique « sociale » qui l’avait poussé à faire beaucoup pour ses mineurs afin d’attirer des ouvriers d’autres régions, voire de pays. Elle entrait dans ce cadre avec la construction de logement, la création d’associations sportives, musicales et même colombophiles. 

 

    En 1920, elle portait le nom de Coopérative des Ouvriers et Employés des Mines de Lens comme le prouve ce document.

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           Le siège de la Coopérative se trouvait rue Bollaert, juste à côté de la fosse 1 (Là où se trouve aujourd’hui la Résidence Bollaert).

 

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      Plus tard, à la nationalisation, elle fit appelée « Coopérative des Mines du Groupe de Lens » puis « Coopérative des Mines Groupe Lens- Oignies ».

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       Dans chaque coron, on trouvait une succursale de la Coopérative. Plusieurs bâtiments existent toujours et ont changé de destination. Par exemple, celle de la Route de La Bassée (cité 14) où travaillaient Madame Monthuel et ma petite sœur est devenue une agence de la Caisse D’Epargne.

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   Dans le bâtiment de celle de la cité du 12, rue Fénelon ont été installés des logements sociaux. Dans celle–ci, la boucherie était distincte des autres commerces.

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La CCPM : 

    C’est entre les années 1942 et 1944 que la Coopérative Centrale du Personnel des Mines du Nord-Pas-de-Calais (CCPM) tire ses origines, au départ pour succéder au service d’approvisionnement des houillères (SAH dissous en 1941). La CCPM est d’abord une association civile de type 1901 dont les statuts ont été déposés le 20 janvier 1945 et c’est alors un simple organisme de distribution, mais elle se transforme rapidement après la fin du ravitaillement afin de devenir une coopérative de consommation interentreprises anonyme à personnel et capital variables le 14 avril 1947 (249 500 actions de 100 francs sont mises en vente).

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    Les statuts de la CCPM sont une nouvelle fois modifiés lors de l’assemblée générale extraordinaire du 9 juillet 1955. La Coopérative Centrale du Personnel des Mines devient Coopérative Centrale du Pays Minier, c’est-à-dire qu’elle ne s’adresse plus uniquement aux mineurs mais à l’ensemble des consommateurs qui sont à l’époque admis dans les magasins sociaux. 

    La CCPM est une coopérative marquée par une forte empreinte communiste et elle est caractérisée, pour ses fondateurs et dirigeants, Auguste Lecoeur, Victor Foulon, par une idéologie progressiste qui vise à l’émancipation ouvrière par l’accès à une contre-culture à l’opposé de l’atmosphère de l’époque.

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Auguste Lecoeur 

      La CCPM a connu une implantation plutôt houleuse dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Entre 1947 et 1949 la CCPM ouvre plus de soixante magasins qui sont en concurrence directe avec ceux d’autres coopératives allant parfois jusqu’à occuper des locaux qui ont dû être abandonnés au début de la guerre : comme à Billy-Montigny en 1948 où la CCPM a dû restituer des locaux utilisés pour la distribution du ravitaillement à la coopérative de Courrières propriétaire des lieux. 

    La CCPM connaît un développement très rapide et très important avec un chiffre d’affaire et un nombre de sociétaires supérieurs à ceux de toutes les autres coopératives existantes. Ci-dessous une réclame de la CCPM dans les années 50 sur un buvard de l’époque.

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      Mais la CCPM ce n’était pas que ces magasins de corons : La Maison du Peuple , rendue célèbre par les grèves de 1906 et Broutchoux, est devenue une librairie coopérative fondée par la CCPM et qui sera cédée par la suite au Syndicat des Mineurs Cégétistes. De colonies de vacances qui ont été organisées par la coopérative en partenariat avec L’Entr’aide Sociale du personnel des HBNPC (par exemple dans la villa d’Acq à Villers-au-Bois dans le Pas-de-Calais).

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La CCPM de la Route de Lille (cité 2)

     La CCPM reste en activité jusqu’en 1985, année au cours de laquelle elle est mise en règlement judiciaire le 18 septembre puis en liquidation des biens le 25 novembre à la suite de grosses difficultés financières. C’est sous la direction de Gaston Filiot, dernier président directeur général de la coopérative, que celle-ci cesse définitivement son activité le 14 février 1986. 

     Dans la mémoire collective, le nom de Beaumont (commune qui fusionnera avec Hénin Liétard) est toujours très attaché à la CCPM, là s’était implantée le siège social et les entrepots sur le site d’une ancienne briqueterie qui laissera place ensuite à une filature de lin.

    Dans la cité 14, la CCPM se trouvait Route de La Bassée, à côté d’une boulangerie et d’une boucherie. Ce bâtiment, transformé en habitation, existe toujours :

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   On peut voir au dessus des fenêtres les traces de l’enseigne du magasin : 

 

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NB : Un grand merci à mon grand frère Michel qui, grâce à ses souvenirs personnels, m’a permis d’orienter mes recherches pour cet article. Salut Frangin.

1906 : d’autres images

Posté : 24 février, 2010 @ 9:56 dans Histoire, La Mine, Lens | Pas de commentaires »

D’autres photos de la grève de 1906 à Lens. Je ne pouvais pas vous en priver :

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L’Estaminet Carpentier, « siège du syndicat des Mineurs ». On peut penser que c’est celui du « Vieux Syndicat » de Basly car celuide Broutchoux se trouvait à la maison du Peuple, rue de Paris.

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Les troupes interdisant l’accès à la fosse 5 des Mines de Lens située sur le territoire d’Avion. Qu’attendent les femmes devant le mur du carreau ? On ne le sait pas mais sûrement pas la « quinzaine ».

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Après la mort du Lieutenant Lautour, les troupes sillonnent le centre ville : ici, Rue de Paris.

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La Gare des Chemins de Fer du Nord est également sous la protection des militaires.

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La gare où, comme le montre cette photo, se trouve le Quartier Général du Commandant des troupes envoyées par Clemenceau.

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