Le Lensois Normand

Tome 2

Archive pour la catégorie 'Lens'

Le retour du bani

Posté : 11 avril, 2010 @ 8:57 dans Coup de gueule, Lens, RC Lens | 9 commentaires »

Devant l’inefficacité totale du RCL (un seul but marqué sur pénalty en 5 matches), Wallemme était obligé de modifier quelque chose s’il ne voulait pas être de nouveau la cible de tous les sifflets et vociférations de Bollaert.

Lorsque j’ai vu la composition de l’équipe, je me suis dit qu’enfin il allait faire jouer un vrai avant-centre. Fini Jemma et sa maladresse permanente ou Edourdo, le seul avant-centre du monde à jouer 90 minutes sans tirer une seule fois au but (il l’a encore prouvé hier soir).

On retrouvait Toifilou Maoulida, le meilleur buteur du Racing de ces trois dernières années. On ne m’enlèvera pas de l’idée que ses non-titularisations sont uniquement dues à des problème relationnels avec le vieux Daniel Leclercq et son « fils spirituel » Wallemme. Il fallait d’ailleurs le voir dans les tribunes, celui qu’on appelait le Druide et qui n’est plus que l’ombre de lui-même : à chaque but, il se tassait chaque fois un peu plus dans son fauteuil présidentiel.

Et Toifilou a marqué les 3 buts. Trois buts qui assurent définitivement le maintien en Ligue 1. Il fallait voir la communion entre ce joueur et SON public. Après le second but, il est passé par dessus le grillage pour aller remercier les supporters de leur soutien.

Moi, je l’aime bien, Maoulida. Je ne rève maintenant qu’à une chose: le voir marquer à la 93ème minute de la finale de la Coupe de France contre PSG au stade de France le 1er mai prochain.

Après cela, Leclercq pourra aller tranquillement finir ses jours qu’on lui souhaite les plus nombreux possible à la Maison de Retraite, route de La Bassée.

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Toifilou Maoulida : I’m back
 

Les mineurs en vacances à la Napoule

Posté : 10 avril, 2010 @ 11:13 dans Famille, Histoire, La Mine, Lens | 38 commentaires »

Mes premières vacances, je n’en ai pas de souvenir, c’était à La Napoule en 1953. J’avais un an. Tous les habitants des corons connaissait ce nom : La Napoule, synonyme de « vacances sociales ». 

Mes premières vacances en famille

 

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Les vacances : 

 

Le 5 mai 1947 le domaine du château Agecroft est acheté pour le compte des Houillères du Nord et Pas de Calais par Mr. Léon Delfosse, Directeur Général Adjoint. La même année, le centre de congés de La Napoule appelé également  » Château des Mineurs  » est ouvert aux ouvriers et employés des Mines et à leur famille pour un séjour de deux semaines.

Il y avait tant de demandes qu’un tirage au sort était effectué chaque année. Quelle fierté dans les maisons quand on apprenait que c’était son tour. 

Pour faciliter le séjour des vacanciers, les HBNPC avaient même émis un opuscule de quelques plages donnant des indications sur l’organisation du voyage et du séjour. On ressent dans ce livret que certains n’avaient jamais voyagé puisqu’on y trouve ce genre de recommandations : « A l’arrivée à la gare de La Napoule, détachez votre ticket SNCF « Aller » et conserver le « Retour ».

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Un petit livret pour ne rien oublier 

Dés 1950, 9600 personnes purent  en profiter  contre 2800 en 1948, première année complète de fonctionnement du Centre. La capacité d’hébergement de La Napoule était de 500 à 600 personnes, soit un rythme de plus de 10 000 vacanciers à l’année.

Pendant presque 40 ans, La Napoule a permis à quelques dizaines de milliers de familles de mineurs de découvrir des horizons et une région totalement différents des leurs, mais aussi d’apprendre à vivre pleinement la période des congés. C’était le soleil, le dépaysement, un autre climat mais aussi le voyage !

Le fait d’être servi à table a marqué les esprits. Les familles étaient servies comme des riches et comme ils n’allaient pas au restaurant c’était vraiment quelque chose de sensationnel. 

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Repas en famille servis à table 

Le château Agecroft :  

« Le Château des mineurs » est une grande bâtisse aux pierres rouges, aux murs crénelés, encadrée par deux tours carrées. Il fut construit entre 1918 et 1920 par Harry Leland de Lengley. C’est en mémoire de son grand père dénommé « Agecroft » qu’il nomma son château. 

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Le Château des Mineurs 

Des cheminées monumentales et de très grandes portes en fer forgé venant d’Egypte décorent l’intérieur. 

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La Salle à Manger 

La vue sur la baie de La Napoule depuis le Château est magnifique. 

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La baie 

C’est sur cette plage que j’ai pris mes premiers bains de mer en compagnie de mon père. 

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L’un de mes premiers bains de mer 

Il y avait une grande montée pour arriver au château qui devaient être épuisantes après une journée d’excustion. 

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La « montée des marches » 

Des grosses plantes grasses pointues (des agaves) ornaient cette escalade. C’est là que tout le monde a au moins pris une photo. 

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Nous aussi ! 

 

Aujourd’hui, la propriété s’étend sur 171 hectares mais le domaine d’Agecroft ne comprenait à l’origine que le château et ses dépendances implantés sur les 10 hectares de la propriété mais très vite huit grands baraquements, dits chalets, furent ajoutés.

Le premier de ces bâtiments,  » les Fougères « , comportait 48 chambres et fut ouvrit en janvier 1953; le second  » les Mimosas « , plus important avec ses 71 chambres, ouvrit ses portes en novembre 1955.

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Les Mimosas 

Un troisième bâtiment  » la Roseraie « , comptant 49 chambres, fut construit en 1963, ce qui en ajoutant les 17 chambres du château, portait le nombre à 185 chambres.

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La Roseraie 

C’est en 1977 que sont bâtis les Orangers et les Tamaris. Les tous derniers aménagements des Houillères datent de 1983.

La salle des fêtes, construite en 1956, disposait de 500 places; elle était insonorisée et climatisée.
Des soirées de variétés, des concours de chants, des bals, des séances de cinéma, etc…, y étaient organisés.

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La Salle des Fêtes 

Pour les plus jeunes, une garderie a également été construite.

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La garderie 

On pouvait également visiter la serre et ses nombreuses variétés horticoles.

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La serre 

 

Le transport : 

Pendant une trentaine d’années, les mineurs prirent un train spécial de la SNCF à Douai.
Très vite, dans la joie de partir en vacances, les relations étaient établies d’un compartiment à l’autre. En gare de Mandelieu, des groupes d’amis étaient déjà constitués.

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Le bonheur de partir 

A partir de janvier 1977, le transport pour La Napoule fut assuré par avion au départ de Lille-Lesquin.
Un samedi sur deux, entre 800 et 1000 voyageurs empruntaient toutes les deux semaines les Mercure ou Airbus d’Air Inter entre Lesquin et  Nice.

La grande majorité des voyageurs en profitaient pour faire leur baptême de l’air tout en gagnant une journée de vacances supplémentaire.

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Un vol de retour à Lesquin 

(Photo empruntée sur le blog de André de Marles à voir ici) 

La Napoule aujourd’hui : 

En 1994 Charbonnages de France vend le château au CCAS (CE d’EDF). Dès 1995, 283 lits sont mis à la disposition des gaziers et électriciens. En juillet 1999: LA SOCIÉTÉ CIVILE DU DOMAINE D’AGECROFT est crée par les CE de EDF et de la RATP pour gérer le domaine : le château n’est plus celui des mineurs mais ouvert au public tout en perpétuant la tradition du tourisme social. 

 

On peut ajouter que de nombreux couples de mineurs, amoureux ou nostalgiques de la région, ont pris leur retraite à La Napoule et s’y sont installés. Il doit être surprenant que dans ce petit coin du midi entendre tout à coup : »Cha va, minloute ? « .

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Le Château aujourd’hui 

 

Min Lens à mi

Posté : 3 avril, 2010 @ 10:04 dans Famille, Histoire, Lens | 18 commentaires »

       Il y a quelques années, j’avais écrit pour le site « Histoires de Chtis » quelques paragraphes racontant des souvenirs de jeunesse en rapport avec le sport et surtout le RCL.  A l’occasion d’un retour à Bollaert il y a quelques jours, ces textes me sont revenus en mémoire. Je les ai retrouvés, illustrés, un peu modifiés en précisant certaines choses ou en rectifiant quelques erreurs. J’y ai ajouté deux paragraphes. Ce sont donc ces quelques lignes que je vous propose, intitulées « Min Lens à mi ». 

L’mobylette ed’min père      

     Habitant à la fosse 14, rue Lamennais exactement, le dimanche après midi, une fois tous les quinze jours mon père m’emmenait au stade Bollaert pour voir un match du RC Lens. A cette époque, on ne disait pas « On va à Bollaert » mais simplement : « On va au match ». Aller au match voulait tout dire, ça ne pouvait être qu’au Stade Bollaert pour voir l’équipe qui enflammait tous les corons. 

    Les matches avaient lieu à 15h00 car tous les stades n’étaient pas équipés d’installations de nocturne (Lens l’a pourtant été dès 1954). Donc, le dimanche, en tout début d’après midi, mon père me faisait monter sur le porte-bagages de sa Mobylette où il installait un siège pour enfants. 

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L’mobylette d’min père … et mi d’sus mais un peu avant qu’il m’emmène au match 

       Et nous voilà partis !       

       Déjà à cette époque, il fallait arriver de bonne heure car il y avait du monde, les bons résultats du club et le manque d’autres distractions à part le cinéma, attiraient un public composé essentiellement d’hommes et de garçons. Je ne me souviens pas avoir vu beaucoup de filles « aux matches ». 

      Nous, on allait toujours dans les « populaires » : elles se situaient en arc de cercle derrière les deux buts et composées de gradins en terre battue non couverts et debouts bien sur! 

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Plus tard, les populaires furent même scindées avec la création des « virages » 

Les gardiennes d’vélo 

    On arrivait par la route de Béthune et la cité des Fleurs, appelée aussi « la cité des pensionnés ». Dans la rue qui menait à l’entrée du stade, il y avait quelques maisons habitées par des retraités. C’est là que les gens déposaient leurs vélos ou leur vélomoteur. Ils avaient inventé le parking gardé! Nous, où mon père déposait sa Mobylette, c’était toujours la dernière maison avant l’entrée du stade. Contre vingt francs à l’époque (qui allaient devenir plus tard vingt centimes), une dame gardait l’œil sur les engins pendant toute la durée du match. « Y’a pas d’risques, j’chuis toudis là ! ». Rien ne prouve que pendant le match, elle restait toujours dehors à surveiller. De toute manière, il n’y avait jamais de vols ou de dégradations.

     Imaginez aujourd’hui déposer votre voiture dans un parking où il suffirait de dire un peu plus tard : « C’est celle là, la mienne » sans aucun reçu et qu’on vous tende les clés. C’est pourtant ce qui se passait à l’époque: personne n’aurait imaginé qu’on puisse lui voler son engin. 

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Du côté « ville », il y avait un grand « parking » pour les vélos. 

Le p’tit pont 

       Pour accéder au terrain par la « cité des pensionnés », d’où venait tous les gens des quartiers nord de Lens (fosses 9,11,12,14, etc …), il fallait passer par un petit pont qui surplombait les voies du Chemin de Fer des Mines. Sur ce pont, on allait à trois de front au maximum. Pour entrer au stade, ça allait encore, les arrivées étaient étalées. Mais pour sortir, il y avait plusieurs milliers de personnes à passer par cet entonnoir. Alors, on attendait son tour, sans se bousculer, sans se chamailler, en discutant avec les gens. Ca pouvait durer une demi-heure les soirs de grand match. Alors, ça discutait, chacun y allait de son analyse. Finalement, on avait assisté au match et on avait en plus les commentaires d’après match. Canal + n’a rien inventé ! Une fois passé, on allait récupérer son vélo ou sa Mobylette « Chez el’femme » et on rentrait.

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Le p’tit pont aujourd’hui : il ne reste de visible que l’accès, la voie du chemin de fer des mines est devenue l’allée piétonne Marc-Vivien Foé. A gauche, l’emplacement de la maison de la « gardienne de deux-roues ». 

Ch’est min garchon 

      Quelques années plus tard, on avait le droit d’aller au match tout seul, sans son père. On avait une douzaine d’années et c’était les premiers matches en nocturne. A cette époque, les gamins de 12 ans pouvaient sortir le soir sans aucun risque dans les corons. On y allait en bande avec tous les copains de la cité. Mais, il y avait un problème, à partir de 10 ans, il fallait payer demi-tarif. Alors, on attendait entre les caisses et le point de contrôle et on apostrophait les gens qui entraient au stade. « J’peux passer avec vous, M’sieur, s’il vous plait ? ». Tout le monde connaissait la combine. Les adultes nous prenaient par la main pour franchir le point de contrôle et disaient au gardien « Ché min garchon ! Y peux passer ? ». Et le gardien, pas dupe et qui nous voyait attendre depuis un quart d’heure devant lui répondait « Quel ache qu’il a, tin tchio ? 

- Y vient juste d’avoir 10 ans 

- Y’est bin grand pous’n'ache ». Et avec un clin d’oeil à l’adulte qui nous tenait par la main, il nous laisser entrer. Ensuite, il n’y avait plus qu’à attendre que les autres copains passent à leur tour avant d’aller se placer en populaire. 

Les « s’gontes » 

    Là où se situe toujours le kop lensois aujourd’hui se trouvait à cette époque là une petite tribune que l’on appelait « les s’gontes » (en français les secondes). Déjà à cette époque, c’est là que se trouvaient les supporters des « sang et or » avec leurs chants et leurs drapeaux. Les supporters d’aujourd’hui n’ont rien inventé, ils n’ont fait que moderniser (avec talent, il faut le dire) ce que faisaient déjà leurs grands-pères. 

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Les s’gontes vues du ciel 

    Je me souviens que pour nous qui étions toujours dans les populaires; c’était les jours de grand match impressionnant de voir toute cette foule agglutinée au centre de cette tribune, tout le monde était debout à l’époque.

      Je me souviens d’une réflexion qui nous avait fait éclater de rire d’un de nos voisins dans les populaires qui dit en regardant vers la tribune de secondes « y’in faut des kilos d’Palmolife pour laver tout cha ! ». 

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Il y avait moins de drapeaux mais la ferveur existait déjà 

Les branlées 

         Même si le but de ces textes n’est pas de raconter l’histoire du Racing mais plutôt les anecdotes s’y rapportant, on ne peut oublier les moments de jubilations lorsque les Sang et Or gagnaient avec la manière. Tous les anciens se souviennent des « branlées » que l’on a mis aux visiteurs (Lens-Le Havre 7-0; Lens-Bordeaux 8-1; Lens-Nice 4-0 et aussi le mémorable Lens contre Racing de Paris 10-2 dont 6 buts d’Oudjani lors de la saison 63-64); Ces soirs là, quand on rentrait chez soi, on se disait déjà : « Fier d’être Lensois ». 

    Je me souviens qu’à cette époque, l’introduction d’alcool n’était pas interdite dans les stades et qu’un dimanche après midi, Lens recevait Nantes sur un terrain « surgelé » et par une température d’environ moins 10. Le terrain était tellement dur que les Lensois ont joué en baskets car aucun crampon ne pouvait s’accrocher à la pelouse. Devant moi, dans les tribunes, il y avait deux hommes qui avaient pris « de quoi se réchauffer » et qui s’était engagés à vider une bouteille à chaque but de Lens. On a gagné 4-0. Ils ne devaient pas être très clairs en rentrant chez eux, ce soir là ! 

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Oudjani lors d’un match face à Nice 

La Clarville

     Mon père travaillait à « la Centrale de Vendin » où chaque année était organisée une loterie au profit de je ne sais plus qui. En 1962, on a eu la chance de gagner le premier prix. C’était une télé de marque Clarville, en noir et blanc, bien sûr. C’était une révolution dans la maison: plus besoin d’aller chez les voisins voir « La piste aux étoiles » ou les premières retransmissions des matches de Coupe d’Europe du grand Reims (dont je reparlerai plus tard). L’alimentation électrique était en 110 à cette époque et il y avait souvent des baisses de tension, surtout le soir. Sous la télé, il y avait un « survolteur » sur lequel il fallait actionner le bouton plusieurs fois pour empêcher la télé de s’éteindre. 

     L’inconvénient, c’était que lorsqu’on regardair un match où l’une des équipes avait un maillot bleu et l’autre un rouge, toutes les deux en short blanc, on avait du mal a voir qui jouait avec qui. Alors, le commentateur disait » Vous reconnaissez l’équipe de France à ses chaussettes, elles ont deux petits liserés blancs alors que les autres sont unies ». Tu parles, Charles !

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Notre « Clarville » ressemblait un peu à ça dans les années 60
 

Télé Dimanche 

    Le dimanche après midi, il y avait une émission de télé présentée par Raymond Marcillac qui s’appelait Télé-Dimanche. Un jour, avec mon père, nous sommes allés « au match » voir Lens-Reims. C’était le Reims de la grande époque avec Kopa, Fontaine… Le stade était plein comme un œuf. Nous, on avait trouvé une place dans les populaires, le nez plaqué contre le grillage juste à côté d’un poteau de corner. A 5 minutes de la fin, Lens menait 2-1. Mon père me dit : »Allez, c’est presque fini, on s’en va sinon on va être coincé au p’ti pont ». Nous voilà donc partis, on récupère la Mobylette et on rentre. Ma mère et mes sœurs regardaient Télé-Dimanche. « Qui c’est qui a gagné? demande ma mère. - Lens par deux buts t’à un ». A la fin de l’émission, la télé passe les panneaux des résultats de foot : Reims avait marqué 2 fois dans les 5 dernières minutes et avait gagné 3-2. Après ça, mon père n’est plus jamais parti avant la fin d’un match quitte à attendre une demi-heure au « p’tit pont ». 

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Télé Dimanche de Raymond Marcillac qui avait découvert Mireille Mathieu.

 

Le foot au « caté »      

        A cette époque, il y avait très peu de clubs structurés et la plupart des gamins qui jouaient au foot le faisait dans la rue : il y avait très peu de voitures. D’ailleurs, comme dans tous les corons, tous les gosses de la cité vivaient dehors jusqu’à la tombée de la nuit.
     Mais on avait aussi nos « matches du jeudi ». Quand on allait au catéchisme, le curé était un passionné de football et alors qu’on été partis plus de deux heures, on avait une demi-heure de « caté » et une heure et demi de foot sur le parvis de l’église du 12 (entre l’église et la rue Saint Edouard). Et là, par tous les temps, c’était des parties acharnées parfois à vingt contre vingt, entre ceux de la cité 12 contre ceux de la fosse 14. 
D’un côté le but était délimité par deux des pylônes de la clôture de l’église. De l’autre quatre bouts de bois ou quelques sacs ou vêtements faisaient office de poteau. Il n’y avait pas d’arbitre et si après un tir au but, quelqu’un criait « trop haut », tout le monde était d’accord pour annuler le but. Le curé relevait le bas de sa soutane pour jouer avec nous par tous les temps : soleil, pluie ou même neige. On revenait « tout crotés à l’mason ». C’est peut être pour ça qu’il y avait tant de monde au « catè » à l’époque. 

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Notre terrain de football « derrière l’église » 

Le sport ailleurs 

      Un peu plus tard, quand on avait fait sa communion, on n’allait plus à la messe. C’était « la tradition ». Alors, on se baladait avec les copains et on allait voir du sport. Souvent, c’était « au cimetière » où jouaient l’AS Lens (je pense que ce club existe toujours, ils avaient un stade auprès de ce qu’on appelle aujourd’hui le cimetière nord au bout de la rue Lamennais, là où reposent mes parents). Parfois, on avait des copains qui, étant meilleurs que nous, jouaient dans ce club. On allait les encourager. Ou alors, on allait aussi voir du basket « au cercle », rue des Marronniers à la fosse 12, derrière la salle Saint Laurent. Là aussi, c’était « à l’ancienne » : les matches se jouaient dehors par tous les temps sur un terrain en terre battue (il n’y avait pas de salles de sports), il n’y avait pas de remplaçants et, à la fin du match, on devait aller voir la table de marques pour savoir qui avait gagné car il n’y avait pas non plus de tableau d’affichage.

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Le stade de l’AS Lens ressemblait à celui-ci

 

L’pate à modeler            

       Mes frères et sœurs plus âgés pourraient vous le confirmer : quand j’étais gamin, j’étais un fervent de la pate à modeler. Et comme j’étais aussi fervent du Racing, il ne fallait pas grand-chose pour ces deux passions se réunissent. Sur une petite table située sous la fenêtre de la cuisine dans notre maison des Mines avaient lieu les répétitions des plus grands matches du championnat de France. Avec la pate à modeler, je fabriquais dix boules rouge et jaune, dix autres d’une autre couleur, deux différentes pour les gardiens de but et une noire pour l’arbitre. Les poteaux des buts, les bancs de touche et même le tableau d’affichage étaient aussi en pate à modeler. Et alors, une fois la fabrication terminée, le match pouvait commencer. Ca durait des heures et des heures et je ne sais pas pourquoi, à la fin, c’est toujours Lens qui gagnait ! 

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Les bâtons de pâte à modeler : des heures de matches ! 

Les lendits 

     Mais le stade Bollaert, c’était l’endroit mythique ! Et fouler sa pelouse une fois par an était une fierté et un honneur. Alors, quelle était notre joie quand, une fois par an, en fin d’année scolaire, on y présentait avec l’école un spectacle gymnique que l’on appelait « les lendits ». Tous les jeunes des écoles de Lens faisaient un tour d’honneur autour du terrain puis se présentaient devant la tribune d’honneur pour faire une exhibition de mouvements d’ensemble » que l’on avait répétés à l’école toute l’année. 

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Les Lendits à Bollaert dans les années 60 

J’suis « placeur » 

        Un peu plus tard, vers 15/16 ans, j’ai réussi à me faire embaucher comme placeur dans la tribune d’honneur du stade. On avait droit à une carte officielle de « Membre Actif » et on portait un brassard : le mien avait été cousu par ma mère avec des morceaux de tissus rouges et jaunes. On gagnait par match : 5 francs (plus les pourboires) et un exemplaire gratuit du journal « Sang et Or ». Puis, on avait le droit de voir le match de la tribune. Je me souviens avoir assisté à un match de gala avec des internationaux comme Kopa et Fontaine et il me semble le retour à Lens de Wiesniewski. C’était à l’occasion du jubilée de Bernard Placzek, qui joua 377 matches et fut longtemps capitaine du Racing. Ca reste un bon souvenir même si peu de temps après, Lens a abandonné le football professionnel pour ne le réintégrer que quelques années plus tard. 

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Sang et Or : le journal du Racing

 Sin dernier match            

       Si mon père est à l’origine de ma passion pour ce club, il était normal que je sois présent lors du dernier match qu’il est allé voir à Bollaert. Il me semble que c’était en 1972 lors de la légendaire demi-finale contre Bastia. Battus 3-0 à l’aller et surtout mal reçus en Corse (on a entendu dire que des voitures immatriculées 62 avaient été jetées dans le port de Bastia), les lensois, alors en 2ème division, voulaient laver cet affront. Bollaert était plein comme un œuf et même plus puisque qu’il y avait du monde sur les toits des tribunes, sur les pylônes des projecteurs et que l’on avait du mal à voir les limites du terrain tant il y avait de supporters le long des lignes (je pense qu’aujourd’hui, le match n’aurai pas eu lieu mais le holliganisme à la sauce PSG n’existait pas encore à l’époque). Lens marqua 1 fois puis une autre mais ne remonta pas le handicap de l’aller. Qu’importe, l’honneur était sauf et les Corses se sont longtemps souvenus de « l’accueil » des ch’tis. Une banderole reste dans mes souvenirs : le gardien corse était yougoslave et s’appelait Pantélic. La banderole disait « Pantélic, pends tes loques ». A-t-il compris ? Je ne le pense pas. 

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Lens-Bastia 1972 : le début du renouveau du Racing

Aujourd’hui            

     Je suis retourné à Bollaert il y a quelques jours. Il y a 50 ans, mon père m’y emmenait. Cette fois là, c’est mon gendre qui m’y a invité. Le temps passe ! C’est vrai que c’est beau : les couleurs, les tifos, les drapeaux, les chants, la Marseillaise Lensoise, les Corons à la mi-temps. Toutes les couleurs de Bollaert aujourd’hui  Mais j’ai l’impression qu’il manque quelque chose. Quoi ? Je ne sais pas. Le p’tit pont ? Les s’gontes ? Les gradins en terre battue ? Peut être quelques ch’tis de plus sur le terrain pour garder l’esprit lensois ? 

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Toutes les couleurs de Bollaert aujourd’hui

      La passion est toujours là pour ce club mais il y a aussi beaucoup de souvenirs et certainement un peu de nostalgie. Parce que cette équipe, c’est : « Min Lens à mi ! ». 

La Centrale de Vendin-le-Vieil

Posté : 29 mars, 2010 @ 6:43 dans Famille, La Mine, Le Nord, Lens, Vendin | 20 commentaires »

            Cette fois c’est mon beau-frère Jean-Marc de Wingles que je remercie pour les précieux renseignements et explications qu’il m’a donné ainsi que pour la balade qu’il m’a offerte sur le site de la Centrale de Vendin. Cet article sur la Centrale de Vendin est dédié à mon père qui y a travaillé une grande partie de sa carrière. 

            Certains renseignements ont aussi été tirés du blog de Chefcruchot consacré à la commune de Vendin-le-Vieil et à voir ici : http://chefcruchot.vip-blog.com/

           Les Mines de Lens possédaient à Vendin-Le-Vieil deux  sièges d’extraction, les fosses 8 et 10 et d’importantes usines de traitement du charbon : une cokerie, une usine à briquettes, un lavoir central, une centrale électrique et d’importants parcs à stocks. Vendin possédait de nombreux moyens de communication dont un rivage sur le canal de la Deûle pour l’expédition du charbon en péniche, un réseau de voies ferrées relié aux lignes de la SNCF et une station pour l’entretien des locomotives. 

       La centrale thermique sert à fabriquer  de l’électricité à partir de la combustion du charbon. Pour les compagnies minières, la centrale thermique est une nécessité. Très vite à la fin du XIX et début du XXème siècle, les puits des mines ont été électrifiés : d’abord les bâtiments puis les machines et le fond. La demande électrique est devenue croissante. Très vite, la fabrication d’électricité est devenue indispensable, puis rentable voire lucrative.

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     En 1909, la Centrale de Vendin est construite. Seules deux cheminées existent à l’époque. Elle comprend plusieurs groupes. Un groupe basse pression de 32MW, un autre de moyenne pression de 46 MW (Un autre groupe de 40MW  haute pression sera installé en 1947).On remarque qu’alors les six réfrigérants sont en bois. Le courant électrique de la centrale de Vendin alimenta dès le début du siècle, par l’intermédiaire de la Compagnie Electrique du Nord, filiale de la Compagnie des Mines de Lens, un réseau de distribution de plus en plus étendu. 

 

    Déjà à cette époque, la centrale est pourvue d’une piscine. C’est plutôt un bac de rétention d’eau mais il permet aux enfants des ouvriers des Mines de s’ébattre joyeusement. Des courses de natation, des joutes et autres jeux sur eau y avaient souvent lieu. A l’arrière-plan, les cabines de déshabillage jouxtent les réfrigérants en bois. 

 

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         La Centrale, comme toutes les installations de Vendin eut à souffrir de la première guerre mondiale. Mais les dégâts ne furent pas si importants qu’à Lens.

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        Aussitôt la fin de la guerre, la priorité fut de remettre en service la fosse 10 afin d’alimenter la Centrale en charbon. L’énergie produite par la Centrale était absolument  nécessaire à la reconstruction. 

       Dès la fin du conflit, la fosse 10 est remise en service afin d’alimenter la Centrale en charbon afin de fournir l’énergie électrique nécessaire à la reconstruction.

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En 1925, une troisième cheminée est construite

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La centrale est modernisée : ci-dessous la salle de commande et celle des turbines

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Un nouveau groupe de batteries est construit en 1927

 

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Vers 1930 apparaît le premier réfrigérant en béton appelé à remplacer ceux en bois.

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En 1936, construction de la quatrième cheminée :

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La centrale possédait aussi son château d’eau :

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    Puis arrive la seconde guerre mondiale. Dès le début de l’invasion allemande, la Centrale est visée par les bombardements alliés. Voici des extraits de ce que raconte le Brigadier de Police de Vendin dans un rapport à son supérieur : « Le 30 juin 1941, vers 18h30, un groupe de 30 avions britanniques … a lancé 27 bombes de différents calibres sur la centrale à vapeur de la Société des Mines de Lens. Un incendie s’est déclaré dans le magasin à huile… Les installations de la centrale ont été fortement endommagées et il est impossible à l’heure actuelle, d’évaluer les dégâts… La Compagnie a eu ses lignes sectionnées… Deux de ces engins ont détruits des immeubles, il y a eu 3 blessés ». 

     Vendin sera au total 21 fois bombardé pendant cette guerre (dont une seule fois par les Allemands) causant la mort de 29 civils. 

     Le dernier bombardement sera la plus cruel en juin 44 avec 11 victimes.

     Cependant, la centrale n’est finalement pas très abimée.

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       1945 : la Guerre est finie, il faut à nouveau reconstruire et produire au maximum. La Centrale de Vendin participe à sa manière à la bataille du charbon. C’est la nationalisation, la Centrale devient propriété des HBNPC, groupe des Mines de Lens. 

    Elle connaît ses heures de gloire. De loin, ses trois immenses réfrigérants surplombent la commune de Vendin le Vieil. 

 

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     La centrale est très proche de la ville. On y emploie de nombreux ouvriers venus de la mine ou d’ailleurs.

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Départ en retraite d’un ouvrier de la centrale de Vendin dans les années 60 :

 

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         Mais ce qui reste le plus dans les souvenirs des Vendinois (et des autres), c’est certainement la piscine. Composée de 3 bassins et située en plein cœur de la centrale, au pied des réfrigérants, chauffée par l’énergie produite, elle était dans les années 50/60 l’une des rares piscines découvertes de la région.  L’entrée de la piscine se trouvait rue Bucquet.  

        La piscine était. Son activité déclina suite à l’ouverture en 1966 de la piscine de LENS et la cessation d’activité de la Centrale. Elle fut détruite en 1985 (voir photos plus loin) 

 

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      Puis arrivèrent les années 60 et la fin programmée des houillères. Les puits fermèrent à tour de rôle. La Centrale ne survécue pas à ce raz-de-marée.        Elle fermera définitivement en 1972, 

les réfrigérants ne fumeront plus : 

 

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Les installations se dégradent :

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        Pendant 13 ans, la centrale est laissée à l’abandon. Il a fallu attendre 1985 pour voir les premiers travaux de destruction : 

Les cheminées tombent à tour de rôle : 

 

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La piscine est détruite :

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      Aujourd’hui, il ne reste plus aucune trace de la Centrale comme le montrent ces deux photos aériennes prises du même endroit : 

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      Le terrain où elle se trouvait est devenu un espace vert qui sert à l’occasion de lieu de promenade.

 

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La Cité des Cheminots

Posté : 11 mars, 2010 @ 6:23 dans Avion, Le Nord, Lens | 40 commentaires »

      Avant-propos: Un grand merci à mon beau-frère Gilbert et à ma grande soeur Geneviève pour leur participation à cet article de par leurs souvenirs personnels ou leur intervention auprès de la mairie d’Avion. Gilbert est « mondialement » connu dans la cité des Cheminots pour avoir été pendant quelques années le gérant de la Salle des Fêtes mais aussi pendant plusieurs décennies vendeur à l’économat avant de finir sa carrière de Cheminot à la Section Equipement de Lens puis d’Arras.

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Gilbert et Geneviève à l’époque où ils s’installèrent à la Salle des Fêtes   

     Bien qu’elle ne soit pas sur le territoire de Lens, la cité des Cheminots fait partie intégrante de la ville. De tout temps, de nombreux cheminots habitant cette cité travaillaient à la gare de Lens ou dans les environs. C’est certainement son implantation première, le long de la côte de la cité Mongré, rue d’Avion qui a donné à cette cité le nom de « Cité des Cheminots de Lens ». 

     Lorsque vous arrivez à Avion en provenance de Lens, vous passez sous la voute piétonne du pont Bourel et vous tournez à gauche. Là, vous rencontrerez quelques commerces sur votre droite puis, un peu plus loin, une chapelle sur votre gauche. Vous êtes arrivé en plein cœur de la Cité des Cheminots. 

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 Le Pont Bourel hier et aujourd’hui    

     HISTORIQUE :

    A la fin du XIXème siècle avec les mines et les chemins de fer, Avion s’agrandit vite. Des coopératives ouvrières voient le jour. Les corons miniers côtoient les cités des cheminots. Pour loger les premiers cheminots de cette fin de siècle, la Compagnie du Nord fait construire un lotissement de plus d’une centaine de maisons à proximité du dépôt de locomotives en 1884  à l’emplacement de l’actuelle cité Montgré. Cette cité est alors considérée comme à la pointe du progrès. 

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     Comme la plus part des communes de la région, elle sera intégralement rasée par les bombardements de la Première Guerre Mondiale. 

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    Après la libération, le fonçage des puits de la fosse 7 d’Avion commence en 1920 et le siège redémarre son exploitation en 1924. Parallèlement la compagnie de chemins de fer du Nord intensifie son trafic. Le triage de la gare de Lens se développe, on en reconstruit le dépôt sur le territoire d’Avion. La reconstruction des habitations de la cité des cheminots a débuté en 1922 et regroupait 700 à 800 logements à cheval sur deux communes (Avion et Méricourt). 

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     Les logements sont construits avec les moyens du bord et ont un « look » particulier, bien différent des Cités minières. L’idée vient de Raoul Dautry, ingénieur en chef de l’entretien du réseau du Nord et administrateur de la Société d’études générales, urbaines et sociales. (A la Libération, il sera nommé ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme dans le Gouvernement provisoire du général de Gaulle). Il est l’initiateur de nombreuses cités ouvrières pour les cheminots. 

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     Les Cités sont bâties pour fonctionner seules et de manière autonome avec leurs propres infrastructures.  La photo aérienne ci-dessous montre la forme ovale de la Cité d’Avion : insérée entre les lignes de chemin de fer, à proximié immédiate du dépôt, il semble que la cité veuille se démarquer du reste du paysage local.

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     Les cheminots vivaient un peu en autarcie dans la cité et faisait leurs courses a l’économat. Il y a en effet un sentiment d’appartenir à une famille. D’ailleurs on se dit tous bonjour, on se tutoie, on a le même outil de travail, chacun s’en occupe selon ses capacités, mais sans l’un l’autre ne peut plus travailler. 

    La cité possède ses écoles élémentaires : 

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Sa salle des fêtes qui servait aussi de cinéma : 

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      Voir l’article sur la Salle des Fêtes sur le blog d’Olivier Joos consacrés aux cinémas du Nord-Pas de Calais ici : http://cinemasdunord.blogspot.com/2010/01/le-cinema-de-la-cite-des-cheminots.html

Son école ménagère : 

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Et même sa propre place des sports : 

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LA CITE SFCI            

    A la fin des années 50, pour répondre à la demande de logements locatifs de plus en plus nombreux, a été créée la cité SFCI entre le stade Javary et le dépôt sur un terrain appartenant à la SNCF. Ce lotissement était habité par des familles de jeunes cheminots et comprenait une centaine de logements réparties en 4 blocs.  Au centre des immeubles se trouvait une aire de jeux.

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Une famille pose devant les logements de la cité SFCI 

LA SECONDE GUERRE MONDIALE : 

     La cité des Cheminots a souffert de ce conflit. Alfred Buquet raconte dans son journal « Lens et la Seconde Guerre Mondiale » dans les dossiers de Gauhéria (n°38 de septembre1997): Nuit du 20 au 21 Avril 1944 

     « Entre la cité des cheminots à Avion et la fosse 4 de Liévin, le sol est bouleversé, des bombes à retardement éclatent encore le soir du 21. 1500 bombes larguées par les Britanniques sur le dépôt, la Cité des Cheminots fut gravement endommagée et beaucoup d’habitants périrent dans leur sommeil, ensevelis sous les décombres. Le spectacle est terrifiant : maisons écroulées, rues et jardins creusés d’immenses cratères, débris de toutes sortes, chaos indescriptible. Le soir, on compte 110 morts et les recherches sont loin d’être terminées.  Le 26 avril, se seront 236 victimes qui seront inhumées ». 

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Photo issue de la revue Gauhéria n°38 « Lens et la seconde guerre mondiale » 

     Voici un extrait du récit d’un témoin qui avait 18 ans à l’époque du bombardement d’AVION, dans la nuit du 20 au 21 avril 1944 : 

      « A 23 h 30,  on entend les avions. Ceux ci lancent des fusées qui éclairent comme en plein jour. Pendant 30 minutes. Nous étions dans l’enfer. Enfin, les bombes cessèrent de tomber et les avions s’éloignèrent. Une fois dans la rue, nous apercevons une grande lueur du côté du dépôt et une autre vers la cité du 4. Deux jeunes hommes viennent de la cité des cheminots et disent qu’il y a de nombreux morts et que la plupart des maisons sont détruites. 

      Le lendemain, avec deux copains, je vais voir les dégâts à la cité des cheminots. On ne voit partout que des maisons abattues, des trous de bombes, les habitants évacuent. Des arbres sont déracinés. Sur la route qui mène à l’économat, on ne voit que des maisons démolies. La rue est trouée de trous de bombes». La cité sera de nouveau bombardée le 11 mai. 

LA RESISTANCE : 

     Les cités cheminotes, les centres de voies ferrées, les dépôts, les triages, les ateliers et les gares sont un véritable maquis et quelqu’un qui ne connait pas le terrain a du mal à se repérer; c’était le cas pour la sinistre Gestapo et ses agents. Toutes les catégories de cheminots ont participé aux actes de résistance, à Avion comma ailleurs. Les premiers actes de sabotage ont eu lieu très tôt, dès l’hiver 1940-1941.

     Les cheminots ont également été victimes de la répression. Elle s’organise en deux périodes : jusqu’à la fin de 1941, la répression s’intéresse surtout aux militants communistes. Ils sont pourchassés soit sur dénonciation, soit sur liste, soit pour des activités militantes. À partir de 1942-1943, la répression frappe tous les mouvements de résistance. 

Le Monument aux cheminots résistants 

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     Au cœur de la cité des Cheminots, sur la Place des Martyrs de la Résistance, se dresse le monument en l’honneur des cheminots résistants de la guerre 39-45 inauguré le 7 mai 1972. Les plans du monument ont été dressés par un cheminot : Jean ANTONIAZI. 

   Une voie ferrée monte au milieu d’un massif fleuri, elle se termine par des rails tordus en forme de flamme enchevêtrés de traverses. Cette mise en scène simule un sabotage de voie.

L’ECONOMAT : 

    Après la première guerre, lors de la construction de la cité à Avion, une coopérative et une boucherie furent installées près de la salle des Fêtes (rue Alexandre Gressier, où se trouve aujourd’hui la salle Roger Blezel).

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On distingue la coopérative sur la gauche de la salle des Fêtes.

    Après la bombardement de 1944 qui a détruit la bâtiment, c’est l’économat de la cité qui reprit les ventes de la coopérative. Il se situait rue Marcel François, près de la ligne de chemin de fer. On y trouvait de tout à l’économat : de l’alimentation, des vêtements, des ustensiles de cuisine, des outils, de la mercerie, des produits de jardinage, de l’électroménager et même du charbon qu’on faisait livrer à domicile…Toujours des prix imbattables… Les économats étaient gérés par des commissions paritaires constituées de représentants de la direction et d’élus des salariés. Les dépenses des cheminots pouvaient être prélevées directement sur leur salaire.

   Le premier économat d’Avion était constitué d’un bâtiment en dur pour la boucherie et de deux autres en bois pour les autres commerces et la réserve. Les marchandises arrivaient par wagon sur une voie férrée longeant l’économat.

   Vers 1966-67, devant la vétusté des bâtiments, la SNCF décida de construire un nouvel économat sur un terrain de 590 m2 lui appartenant près des anciens bâtiments.

    Avec l’arrivée des grandes surfaces, les économats sont devenus moins intéressants pour les cheminots. Celui d’Avion a été fermé au printemps 1980. Aujourd’hui, il ne reste plus rien des bâtiments de l’économat : un nouveau lotissement a été construit à la place.

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LE TRAMWAY : 

    Un petit chemin de fer à voie de 60 cm a été créé en 1923 par le conseil d’administration de la cité des cheminots de Lens pour désenclaver les habitants : le petit train, surnommé le tramway, les conduisait jusqu’à la gare de Lens où il avait son terminus avec quai à l’intérieur de la gare du réseau Nord et comportait 4 stations dont sur la photo celle des écoles. 

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    La loco provenait des mines de Courrières.  Il y avait 3 voitures à bogies construites par les cheminots de l’atelier de Lens. Ce train permettait aux cheminots de la gare de Lens de se déplacer entre leur logement et leur lieu de travail : c’était l’ancêtre des navettes automobiles qui relient toujours aujourd’hui la gare de Lens à la Cité pour principalement les conducteurs qui sont en repos loin de chez eux au foyer des roulants de la cité.

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Le foyer

LES SPORTS : 

   L’US Cheminot, club de football, a été constitué après la première guerre mondiale en 1921 et était composé uniquement d’employés de la SNCF. Il avait été créé par le district SNCF du dépôt de Lens. Un baraquement en bois, tout proche de l’économat, servait de bureau et de vestiaires. Pour rejoindre le nouveau terrain de foot du stade Javary il fallait emprunter le tunnel réservé aux piétons et qui existe encore. Il passe sous les voies ferrées du dépôt de locomotives de Lens. 

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Ci-dessous, l’une des premières équipes de l’USC (photo La Voix du Nord) : 

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   Tout près du stade Javary, une piscine avait également été construite. 

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LE DEPOT :     

      D’après les archives du réseau du Nord, on peut considérer que le premier dépôt fut édifié en 1884 dans un triangle formé par les voies principales Arras-Dunkerque, Lens – Don-Sainghin et Hénin Liétard qu’on nomme le raccordement d’Avion. En 1918, à la fin de la Première guerre mondiale, le Dépôt est entièrement détruit. 

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    C’est en 1921  qu’est édifié un nouveau dépôt  à cheval sur les communes d’Avion, de Sallaumines et de Méricourt : deux bâtiments sont construits. 

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    Dans la nuit du 20 au 21 avril 1944, des avions britanniques bombardent le dépôt. Les remises et le matériel subirent de nombreux dégâts. Le 11 mai, nouveau bombardement du dépôt mais seulement deux bombes atteignent leu cible et occasionnent peu de dégâts. 

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Photo issue de la revue Gauhéria n°38 « Lens et la seconde guerre mondiale »

     Il est électrifié le 22 Octobre 1957 et l’arrivée des premières locomotives électriques signe la fin prochaine de la vapeur. Les installations du dépôt sont modernisées pour recevoir ces nouveaux engins. 

Une vue aérienne du dépôt dans les années 60 : 

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    1963 voit la dernière des locomotives à vapeur quitter le dépôt et  l’arrivée des locomotives diesel de la série BB 63000 et électriques de la série des 17000. 

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     C’est en 1973 qu’une des trois voûtes de la remise est démolie. En 1994 l’établissement de maintenance du matériel de Lens (EMM de Lens) se transforme pour accueillir de nouveaux engins. Au dépôt est annexée l’Antenne du Pôle Régional de Formation qui reçoit en permanence des groupes d’élèves, apprentis conducteurs ou confirmés en recyclage. 

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La chapelle Saint Eloi  

     Jamais deux sans trois ? Qui ne connaît l’histoire de cette chapelle, fierté des habitants de la cité des cheminots d’Avion, détruite à deux reprises par incendies d’origine criminelle : la première chapelle, toute en bois, incendiée dans la nuit du 21 au 22 septembre 1970, la seconde, bien que construite en dur, dans la nuit du 29 au 30 mai 2004. 

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Les deux premières chapelles

  C’est le mardi 16 janvier 2007 à Arras en présence de Mme Darras, au nom du service immobilier diocésain et de M. Montaigne, architecte que la décision est prise de reconstruite une troisième fois la chapelle.

    Le chantier démarre le 6 février 2007 après la signature des marchés de travaux le 30 janvier. La nouvelle chapelle a été bénie par Monseigneur Jean-Paul Jaeger et mise en service le 18 mai 2008.

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LA CITE AUJOURD’HUI VUE PAR UN ANCIEN CHEMINOT 

     La Cité a beaucoup changé…Ce n’est plus la même ambiance, les Cheminots ont pratiquement « disparu », il n’y a plus beaucoup de jeunes. Maintenant il y a beaucoup de personnes « étrangères » à la SNCF. On a vu arriver d’autres professions. Avant on vivait entre Cheminots, on avait nos problèmes de Cheminots, on se comprenait, on était tous dans le même bain, on était réellement soudé. Mais la Cité évolue. 

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La rue du Bonnier hier et aujourd’hui

Le canal de Lens

Posté : 27 février, 2010 @ 3:13 dans Histoire, Lens | 13 commentaires »

Au début du 16ème siècle, le canal de la Deûle fut prolongé jusque Courrières en passant par Pont-à-Vendin. L’acte d’ouverture du canal de Lens à Lille fut signé en 1520 par Antoine Le Censier, échevin.  A l’époque, on y transportait de la tourbe, des grains et des bestiaux. 

En 1587, on trouve des traces d’écrits sur le canal dans les délibérations de l’échevinage de Lens (sorte de juridiction municipale), il était alors alimenté par les marais. Les échevins de Lens percevaient un droit de péage en échange de l’entretien du rivage du canal. 

Au Nord-Est de Lens, le canal de la Souchez (aussi appelé canal de Lens à la Deûle) n’était autre que la rivière du même nom dont le lit avait été redressé à partir d’Eleu-dit-Leauwette. 

A l’époque, le canal faisait tourner quatre moulins de Lens : Peskebeuf, la Poterne, Mollaines et Arondelle. 

Ce plan de 1648 montre (en bleu) le canl de la Souchez qui se jette dans les marais de Harnes. 

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Mais trop mal entretenu, il n’est plus utilisé et est comblé en 1791. Son emplacement partagé entre les riverains 

Avec la découverte du charbon et l’essor des compagnies minières, un nouveau canal devient une nécessité. Le 2 août 1881, un décret autorise le creusement d’un canal à la demande du conseil municipal et de la compagnie des mines de Liévin. 

En 1886, il prolonge jusqu’au pont d’Eleu le canal de la Souchez qui avait été concédé aux Mines de Courrières en 1860. 

En 1898, 557 000 tonnes de marchandises ont transité par le canal. 

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Le canal de Lens comportait 4 écluses avait un mouillage de 2,20 mètres 

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Pour franchir la Route de Douai et se rendre à Sallaumines, un pont fut construit auprès de l’ écluse n°1. Il sera détruit pendant la première guerre mondiale. A noter qu’au 11ème siècle, un pont avait déjà été édifié à cet endroit près de la Porte de Douai lorsque Lens construisit ses remparts. Il évitait aux lensois  de « tant se salir pour joindre Salleau » selon une expression de l’époque. 

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Les péniches disposaient d’un quai de déchargement pour, par exemple, les matériaux de construction destinés aux Mines… 

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… et d’un quai d’embarquement pour les charbons venant des Mines de Liévin. 

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 Mais les rives du canal étaient aussi un lieu de promenade par un raccourci entre les rues d’Avion et de Douai. 

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Cette carte est prise de la rue des Jardins, on y voit le grand tourillon de la brasserie. 

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Sur cette autre image, on aperçoit les travaux d’extension du quai de déchargement et une vue sur la place de la République dont l’un des côtés n’est pas encore bâti. 

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Au sud de Lens, le canal passe sous la route d’Avion qui mène à la cité des Cheminots … 

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… et sous les voies de chemin de fer de la Compagnie du Nord. 

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A hauteur d’Eleu-dit-Leauwette, se trouvait l’extrémité du canal de Lens. Les péniches pouvaient y faire demi-tour.

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Apres la 1ère guerre mondiale, le canal est en piteux état : 

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14 ponts ou passerelles et 3 écluses sont détruits. 240 ouvriers sont employés à sa restauration. 

Le canal est réouvert partiellement en 1920 et totalement le 1er février 1922. En 1923, les ponts de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord sont terminés.

En 1927, le Pont de la Route Nationale 43 dit Pont de Douai est terminé. C’est un Pont Métallique de 27 mètres d’ouverture 

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Cette année là, le canal draine 1 434 000 tonnes et 5209 chargements de péniches ont été réalisés. 

Mais le canal sert aussi de lieu de loisirs. En 1930, l’USOL (Union Sportive Ouvrière Lensoise) organise le 20 juillet sa 1ère fête nautique et crée la « Traversée de Lens à la nage ». Au cours de cette fête, d’autres épreuves sont inscrites  entre le Pont de Douai et l’écluse: exercice de sauvetage, concours de plongeon, courses de vitesse. Les spectateurs sont installés sur 500 chaises réparties sur les deux rives du canal 

Autre club, le CNL (Club nautique lensois) est créé en 1930, organise sa 1ère fête le 14 septembre 1930 : match de water polo mais aussi des jeux qui auraient pu inspirer Guy Lux pour Interville : mât de cocagne sur l’eau, traversée du canal avec cochon. 

Pour les ducasses de quartier, était organisées des joutes très appréciées des lensois. 

En 1932, M. Goutte, directeur des Pingouins Lensois (issus de la fusion entre les Dauphins et l’Union nautique lensoise), crée une école de natation. 

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En 1934, une piscine est inaugurée le long du canal, près de Pont de Douai. Elle comportait 3 bassins, des gradins pouvant accueillir 800 spectateurs, 130 cabines et des plages gazonnées. 

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 En 1943, un arrêté déclare urgents et d’utilité publique les travaux d’aménagement du canal de Lens nécessaires au maintien de la navigabilité. Ces travaux d’abaissement du plan d’eau sont entrepris de 1948 à 1953 et la navigation est suspendue. Une nouvelle écluse est construite et la navigation est à nouveau possible en février 1953. 

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Quelques années plus tard, le canal est devenu un véritable égout à ciel ouvert ; les eaux provenant des abattoirs municipaux, les eaux pluviales et ménagères y sont déversées. 

Dès 1962, le conseil municipal émet le vœu de supprimer le canal. Un décret du 19 avril 1968 stipule que le canal de Lens est finalement rayé de la nomenclature des voies navigables. En 1974, la Souchez est canalisée sous terre dans d’énormes conduits en béton afin de laisser la place en surface, à la rocade sud qui emprunte le lit de l’ancien canal. La rocade minière sud est mise en service en 1976

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la Coopérative ou la CCPM ?

Posté : 25 février, 2010 @ 10:22 dans Histoire, La Mine, Lens | 12 commentaires »

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     « In va à l’Coopératif ou a l’CCPM ? ». Cette question, les familles de mineurs de Lens pouvaient se la poser au siècle dernier. Deux organismes possédaient leur coopérative, composée de magasins tels les superettes d’aujourd’hui. On pouvait s’y fournir en alimentation mais aussi en tissus, mercerie et même électroménagers. 

 

           La réponse à la question devait peut-être être due à la qualité du service, aux prix pratiqués, à l’amabilité des serveuses mais aussi certainement aux opinions politiques ou syndicales du mineur. Celle que l’on nommait la Coopérative était propriété de la Compagnie puis des HBNPC ; La CCPM était géré par des dirigeants de tendance communiste ou cégétistes.

 LA COOPERATIVE DES MINES : 

     La Coopérative des Mines de Lens a été créée à la fin du 19ème  siècle par la Compagnie dans le cadre de sa politique « sociale » qui l’avait poussé à faire beaucoup pour ses mineurs afin d’attirer des ouvriers d’autres régions, voire de pays. Elle entrait dans ce cadre avec la construction de logement, la création d’associations sportives, musicales et même colombophiles. 

 

    En 1920, elle portait le nom de Coopérative des Ouvriers et Employés des Mines de Lens comme le prouve ce document.

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           Le siège de la Coopérative se trouvait rue Bollaert, juste à côté de la fosse 1 (Là où se trouve aujourd’hui la Résidence Bollaert).

 

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      Plus tard, à la nationalisation, elle fit appelée « Coopérative des Mines du Groupe de Lens » puis « Coopérative des Mines Groupe Lens- Oignies ».

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       Dans chaque coron, on trouvait une succursale de la Coopérative. Plusieurs bâtiments existent toujours et ont changé de destination. Par exemple, celle de la Route de La Bassée (cité 14) où travaillaient Madame Monthuel et ma petite sœur est devenue une agence de la Caisse D’Epargne.

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   Dans le bâtiment de celle de la cité du 12, rue Fénelon ont été installés des logements sociaux. Dans celle–ci, la boucherie était distincte des autres commerces.

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La CCPM : 

    C’est entre les années 1942 et 1944 que la Coopérative Centrale du Personnel des Mines du Nord-Pas-de-Calais (CCPM) tire ses origines, au départ pour succéder au service d’approvisionnement des houillères (SAH dissous en 1941). La CCPM est d’abord une association civile de type 1901 dont les statuts ont été déposés le 20 janvier 1945 et c’est alors un simple organisme de distribution, mais elle se transforme rapidement après la fin du ravitaillement afin de devenir une coopérative de consommation interentreprises anonyme à personnel et capital variables le 14 avril 1947 (249 500 actions de 100 francs sont mises en vente).

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    Les statuts de la CCPM sont une nouvelle fois modifiés lors de l’assemblée générale extraordinaire du 9 juillet 1955. La Coopérative Centrale du Personnel des Mines devient Coopérative Centrale du Pays Minier, c’est-à-dire qu’elle ne s’adresse plus uniquement aux mineurs mais à l’ensemble des consommateurs qui sont à l’époque admis dans les magasins sociaux. 

    La CCPM est une coopérative marquée par une forte empreinte communiste et elle est caractérisée, pour ses fondateurs et dirigeants, Auguste Lecoeur, Victor Foulon, par une idéologie progressiste qui vise à l’émancipation ouvrière par l’accès à une contre-culture à l’opposé de l’atmosphère de l’époque.

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Auguste Lecoeur 

      La CCPM a connu une implantation plutôt houleuse dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Entre 1947 et 1949 la CCPM ouvre plus de soixante magasins qui sont en concurrence directe avec ceux d’autres coopératives allant parfois jusqu’à occuper des locaux qui ont dû être abandonnés au début de la guerre : comme à Billy-Montigny en 1948 où la CCPM a dû restituer des locaux utilisés pour la distribution du ravitaillement à la coopérative de Courrières propriétaire des lieux. 

    La CCPM connaît un développement très rapide et très important avec un chiffre d’affaire et un nombre de sociétaires supérieurs à ceux de toutes les autres coopératives existantes. Ci-dessous une réclame de la CCPM dans les années 50 sur un buvard de l’époque.

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      Mais la CCPM ce n’était pas que ces magasins de corons : La Maison du Peuple , rendue célèbre par les grèves de 1906 et Broutchoux, est devenue une librairie coopérative fondée par la CCPM et qui sera cédée par la suite au Syndicat des Mineurs Cégétistes. De colonies de vacances qui ont été organisées par la coopérative en partenariat avec L’Entr’aide Sociale du personnel des HBNPC (par exemple dans la villa d’Acq à Villers-au-Bois dans le Pas-de-Calais).

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La CCPM de la Route de Lille (cité 2)

     La CCPM reste en activité jusqu’en 1985, année au cours de laquelle elle est mise en règlement judiciaire le 18 septembre puis en liquidation des biens le 25 novembre à la suite de grosses difficultés financières. C’est sous la direction de Gaston Filiot, dernier président directeur général de la coopérative, que celle-ci cesse définitivement son activité le 14 février 1986. 

     Dans la mémoire collective, le nom de Beaumont (commune qui fusionnera avec Hénin Liétard) est toujours très attaché à la CCPM, là s’était implantée le siège social et les entrepots sur le site d’une ancienne briqueterie qui laissera place ensuite à une filature de lin.

    Dans la cité 14, la CCPM se trouvait Route de La Bassée, à côté d’une boulangerie et d’une boucherie. Ce bâtiment, transformé en habitation, existe toujours :

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   On peut voir au dessus des fenêtres les traces de l’enseigne du magasin : 

 

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NB : Un grand merci à mon grand frère Michel qui, grâce à ses souvenirs personnels, m’a permis d’orienter mes recherches pour cet article. Salut Frangin.

1906 : d’autres images

Posté : 24 février, 2010 @ 9:56 dans Histoire, La Mine, Lens | Pas de commentaires »

D’autres photos de la grève de 1906 à Lens. Je ne pouvais pas vous en priver :

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L’Estaminet Carpentier, « siège du syndicat des Mineurs ». On peut penser que c’est celui du « Vieux Syndicat » de Basly car celuide Broutchoux se trouvait à la maison du Peuple, rue de Paris.

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Les troupes interdisant l’accès à la fosse 5 des Mines de Lens située sur le territoire d’Avion. Qu’attendent les femmes devant le mur du carreau ? On ne le sait pas mais sûrement pas la « quinzaine ».

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Après la mort du Lieutenant Lautour, les troupes sillonnent le centre ville : ici, Rue de Paris.

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La Gare des Chemins de Fer du Nord est également sous la protection des militaires.

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La gare où, comme le montre cette photo, se trouve le Quartier Général du Commandant des troupes envoyées par Clemenceau.

Ch’est d’u ?

Posté : 12 février, 2010 @ 9:26 dans La Mine, Lens | 7 commentaires »

Encore une photo trouvée. La légende indique « Mines de Lens ». Ce paysage me rappelle quelque chose mais je n’arrive pas à le situer.Des chevalets groupés par 2, je sais qu’il y en avait au 3 de Lens à Liévin, au 2, au 15 ….

Est ce que quelqu’un pourrait me dire où a été prise cette photo. Il n’y a rien à gagner, juste mes remerciements.

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Cor ine belle imache !

Posté : 12 février, 2010 @ 9:22 dans Histoire, La Mine, Lens | Pas de commentaires »

Voici une nouvelle photo trouvée sur le net.Au premier plan, Bollaert, bien sûr. mais le bollaert des années 50/60 avec ses populaires, ses virages, ses « s’gontes ». Au premier plan, la voie du Chemin de Fer des Mines puis le terrain près du stade où l’on allait faire du sport avec l’école. A droite, les voies SNCF et la gare de triage de Lens. Sur la gauche, la fosse 1 et plus au fond, la ville avec l’église Saint Leger que l’on distingue bien et l’horizon peuplé de terrils.

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