Le Lensois Normand

Tome 2

Archive pour la catégorie 'Vendin'

Le silo de Michel

Posté : 28 juillet, 2010 @ 6:51 dans Histoire, La Mine, Lens, Vendin | 5 commentaires »

   En commentaire d’un de mes précédents articles, Michel CADART demande de l’aider à retrouver l’emplacement d’un silo à grain qui devait se trouver près d’une ferme appartenant aux Mines de Lens.

   D’après les renseignements dont je dispose (merci à « l’autre » Michel), cette ferme devait se situer au nord-est de Lens, dans le prolongement du Chemin Manot, près de la fosse 8 de Vendin. Par contre, ma source ne se souvient pas de la présence d’un silo. Voici une photo de cette ferme :

ferme1.jpg

   Et voici dont sur un plan de Lens de 1957, l’emplacement approximatif de la ferme tracé d’une croix bleue. A cet emplacement se trouve aujourd’hui la zone du Bois Rigault.

ferme.jpg

   En ce qui concerne ce fameux « Chemin Manot », il délimitait les limites du nord de la ville, allant de Souchez jusqu’à Vendin. Il portait le nom de l’intendant de Louis XIV qui le fit tracer pour éviter la forteresse qu’était alors la ville de Lens.

  A Lens, il empruntait les actuelles rues Léon Blum (de la barrière du 11 à la route de Béthune); Pierre Brossolette (de la route de Béthune au cimetière nord); Louise Michel (du cimetière à la Route de la Bassée) puis la rue des Renardières. Ce chemin a certainement ensuite disparu lors de la construction de l’Autoroute A21 puisqu’on en retrouve la trace à l’emplacement de l’actuelle rue Alfred Nobel à Vendin (où le Chef Gruchot  sur son blog à voir ici situe la ferme des Mines de Lens). A noter que sur le plan ci-dessus, l’actuelle rue Léon Blum était alors nommée « Rue Manot ».

  Ici, une photo du Chemin Manot à la cité du 12 :

cheminmanot.jpg

   Pour en revenir à la question de Michel CADART, je n’ai trouvé aucune trace d’un silo à grain du côté de la ferme des Mines de Lens. La seule chose qui pourrait y ressembler, c’est le gazometre de Vendin situé à proximité de la centrale (qui a fait l’objet d’un article précédent à voir ici) .

gazometre.jpg

 

La Centrale de Vendin-le-Vieil

Posté : 29 mars, 2010 @ 6:43 dans Famille, La Mine, Le Nord, Lens, Vendin | 16 commentaires »

            Cette fois c’est mon beau-frère Jean-Marc de Wingles que je remercie pour les précieux renseignements et explications qu’il m’a donné ainsi que pour la balade qu’il m’a offerte sur le site de la Centrale de Vendin. Cet article sur la Centrale de Vendin est dédié à mon père qui y a travaillé une grande partie de sa carrière. 

            Certains renseignements ont aussi été tirés du blog de Chefcruchot consacré à la commune de Vendin-le-Vieil et à voir ici : http://chefcruchot.vip-blog.com/

           Les Mines de Lens possédaient à Vendin-Le-Vieil deux  sièges d’extraction, les fosses 8 et 10 et d’importantes usines de traitement du charbon : une cokerie, une usine à briquettes, un lavoir central, une centrale électrique et d’importants parcs à stocks. Vendin possédait de nombreux moyens de communication dont un rivage sur le canal de la Deûle pour l’expédition du charbon en péniche, un réseau de voies ferrées relié aux lignes de la SNCF et une station pour l’entretien des locomotives. 

       La centrale thermique sert à fabriquer  de l’électricité à partir de la combustion du charbon. Pour les compagnies minières, la centrale thermique est une nécessité. Très vite à la fin du XIX et début du XXème siècle, les puits des mines ont été électrifiés : d’abord les bâtiments puis les machines et le fond. La demande électrique est devenue croissante. Très vite, la fabrication d’électricité est devenue indispensable, puis rentable voire lucrative.

1909.jpg

     En 1909, la Centrale de Vendin est construite. Seules deux cheminées existent à l’époque. Elle comprend plusieurs groupes. Un groupe basse pression de 32MW, un autre de moyenne pression de 46 MW (Un autre groupe de 40MW  haute pression sera installé en 1947).On remarque qu’alors les six réfrigérants sont en bois. Le courant électrique de la centrale de Vendin alimenta dès le début du siècle, par l’intermédiaire de la Compagnie Electrique du Nord, filiale de la Compagnie des Mines de Lens, un réseau de distribution de plus en plus étendu. 

 

    Déjà à cette époque, la centrale est pourvue d’une piscine. C’est plutôt un bac de rétention d’eau mais il permet aux enfants des ouvriers des Mines de s’ébattre joyeusement. Des courses de natation, des joutes et autres jeux sur eau y avaient souvent lieu. A l’arrière-plan, les cabines de déshabillage jouxtent les réfrigérants en bois. 

 

piscine1914.jpg

         La Centrale, comme toutes les installations de Vendin eut à souffrir de la première guerre mondiale. Mais les dégâts ne furent pas si importants qu’à Lens.

guerre1418.jpg

        Aussitôt la fin de la guerre, la priorité fut de remettre en service la fosse 10 afin d’alimenter la Centrale en charbon. L’énergie produite par la Centrale était absolument  nécessaire à la reconstruction. 

       Dès la fin du conflit, la fosse 10 est remise en service afin d’alimenter la Centrale en charbon afin de fournir l’énergie électrique nécessaire à la reconstruction.

1921.jpg

En 1925, une troisième cheminée est construite

1925.jpg

La centrale est modernisée : ci-dessous la salle de commande et celle des turbines

intrieur.jpg

Un nouveau groupe de batteries est construit en 1927

 

batterie1927.jpg

Vers 1930 apparaît le premier réfrigérant en béton appelé à remplacer ceux en bois.

refri30.jpg 

En 1936, construction de la quatrième cheminée :

1936.jpg

La centrale possédait aussi son château d’eau :

chateaueau.jpg

    Puis arrive la seconde guerre mondiale. Dès le début de l’invasion allemande, la Centrale est visée par les bombardements alliés. Voici des extraits de ce que raconte le Brigadier de Police de Vendin dans un rapport à son supérieur : « Le 30 juin 1941, vers 18h30, un groupe de 30 avions britanniques … a lancé 27 bombes de différents calibres sur la centrale à vapeur de la Société des Mines de Lens. Un incendie s’est déclaré dans le magasin à huile… Les installations de la centrale ont été fortement endommagées et il est impossible à l’heure actuelle, d’évaluer les dégâts… La Compagnie a eu ses lignes sectionnées… Deux de ces engins ont détruits des immeubles, il y a eu 3 blessés ». 

     Vendin sera au total 21 fois bombardé pendant cette guerre (dont une seule fois par les Allemands) causant la mort de 29 civils. 

     Le dernier bombardement sera la plus cruel en juin 44 avec 11 victimes.

     Cependant, la centrale n’est finalement pas très abimée.

bombard1944.jpg

       1945 : la Guerre est finie, il faut à nouveau reconstruire et produire au maximum. La Centrale de Vendin participe à sa manière à la bataille du charbon. C’est la nationalisation, la Centrale devient propriété des HBNPC, groupe des Mines de Lens. 

    Elle connaît ses heures de gloire. De loin, ses trois immenses réfrigérants surplombent la commune de Vendin le Vieil. 

 

1960.jpg

     La centrale est très proche de la ville. On y emploie de nombreux ouvriers venus de la mine ou d’ailleurs.

ouvrier.jpg

Départ en retraite d’un ouvrier de la centrale de Vendin dans les années 60 :

 

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         Mais ce qui reste le plus dans les souvenirs des Vendinois (et des autres), c’est certainement la piscine. Composée de 3 bassins et située en plein cœur de la centrale, au pied des réfrigérants, chauffée par l’énergie produite, elle était dans les années 50/60 l’une des rares piscines découvertes de la région.  L’entrée de la piscine se trouvait rue Bucquet.  

        La piscine était. Son activité déclina suite à l’ouverture en 1966 de la piscine de LENS et la cessation d’activité de la Centrale. Elle fut détruite en 1985 (voir photos plus loin) 

 

piscine201.jpg

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      Puis arrivèrent les années 60 et la fin programmée des houillères. Les puits fermèrent à tour de rôle. La Centrale ne survécue pas à ce raz-de-marée.        Elle fermera définitivement en 1972, 

les réfrigérants ne fumeront plus : 

 

finrefrigerants.jpg

Les installations se dégradent :

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        Pendant 13 ans, la centrale est laissée à l’abandon. Il a fallu attendre 1985 pour voir les premiers travaux de destruction : 

Les cheminées tombent à tour de rôle : 

 

finchemine.jpg

La piscine est détruite :

finpiscine.jpg

      Aujourd’hui, il ne reste plus aucune trace de la Centrale comme le montrent ces deux photos aériennes prises du même endroit : 

terraincentrale0.jpg

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      Le terrain où elle se trouvait est devenu un espace vert qui sert à l’occasion de lieu de promenade.

 

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