Le Lensois Normand

Tome 2

Une dernière photo

Classé dans : Avion,Histoire,Le Nord — 12 mars, 2010 @ 3:15

J’ai retrouvé une autre photo de la Cité des Cheminots. Il s’agit de l’école des garçons qui se trouvait rue Théo Salingue. Je l’ai comparée avec une photo d’aujourd’hui. Le commerce semble être le dernier bâtiment d’époque à avoir survécu dans ce quartier (le cabinet médical qui se trouvait derrière rue Alexandre Gressier a lui aussi été rasé). A l’époque il proposait le tabac et la presse comme aujourd’hui mais aussi des jouets et la possibilité de téléphoner.

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Aujourd’hui, l’école des garçons a été remplacée par le grand édifice de l’école élémentaire Joliot Curie.

 A signaler qu’aucun « estaminet » n’existait dans la cité des cheminots, c’était le souhait de Dautry, le concepteur. Le seul endroit où les cheminots pouvaient se désaltérer était le bar de la salle des Fêtes.

 

La Cité des Cheminots

Classé dans : Avion,Le Nord,Lens — 11 mars, 2010 @ 6:23

      Avant-propos: Un grand merci à mon beau-frère Gilbert et à ma grande soeur Geneviève pour leur participation à cet article de par leurs souvenirs personnels ou leur intervention auprès de la mairie d’Avion. Gilbert est « mondialement » connu dans la cité des Cheminots pour avoir été pendant quelques années le gérant de la Salle des Fêtes mais aussi pendant plusieurs décennies vendeur à l’économat avant de finir sa carrière de Cheminot à la Section Equipement de Lens puis d’Arras.

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Gilbert et Geneviève à l’époque où ils s’installèrent à la Salle des Fêtes   

     Bien qu’elle ne soit pas sur le territoire de Lens, la cité des Cheminots fait partie intégrante de la ville. De tout temps, de nombreux cheminots habitant cette cité travaillaient à la gare de Lens ou dans les environs. C’est certainement son implantation première, le long de la côte de la cité Mongré, rue d’Avion qui a donné à cette cité le nom de « Cité des Cheminots de Lens ». 

     Lorsque vous arrivez à Avion en provenance de Lens, vous passez sous la voute piétonne du pont Bourel et vous tournez à gauche. Là, vous rencontrerez quelques commerces sur votre droite puis, un peu plus loin, une chapelle sur votre gauche. Vous êtes arrivé en plein cœur de la Cité des Cheminots. 

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 Le Pont Bourel hier et aujourd’hui    

     HISTORIQUE :

    A la fin du XIXème siècle avec les mines et les chemins de fer, Avion s’agrandit vite. Des coopératives ouvrières voient le jour. Les corons miniers côtoient les cités des cheminots. Pour loger les premiers cheminots de cette fin de siècle, la Compagnie du Nord fait construire un lotissement de plus d’une centaine de maisons à proximité du dépôt de locomotives en 1884  à l’emplacement de l’actuelle cité Montgré. Cette cité est alors considérée comme à la pointe du progrès. 

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     Comme la plus part des communes de la région, elle sera intégralement rasée par les bombardements de la Première Guerre Mondiale. 

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    Après la libération, le fonçage des puits de la fosse 7 d’Avion commence en 1920 et le siège redémarre son exploitation en 1924. Parallèlement la compagnie de chemins de fer du Nord intensifie son trafic. Le triage de la gare de Lens se développe, on en reconstruit le dépôt sur le territoire d’Avion. La reconstruction des habitations de la cité des cheminots a débuté en 1922 et regroupait 700 à 800 logements à cheval sur deux communes (Avion et Méricourt). 

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     Les logements sont construits avec les moyens du bord et ont un « look » particulier, bien différent des Cités minières. L’idée vient de Raoul Dautry, ingénieur en chef de l’entretien du réseau du Nord et administrateur de la Société d’études générales, urbaines et sociales. (A la Libération, il sera nommé ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme dans le Gouvernement provisoire du général de Gaulle). Il est l’initiateur de nombreuses cités ouvrières pour les cheminots. 

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     Les Cités sont bâties pour fonctionner seules et de manière autonome avec leurs propres infrastructures.  La photo aérienne ci-dessous montre la forme ovale de la Cité d’Avion : insérée entre les lignes de chemin de fer, à proximié immédiate du dépôt, il semble que la cité veuille se démarquer du reste du paysage local.

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     Les cheminots vivaient un peu en autarcie dans la cité et faisait leurs courses a l’économat. Il y a en effet un sentiment d’appartenir à une famille. D’ailleurs on se dit tous bonjour, on se tutoie, on a le même outil de travail, chacun s’en occupe selon ses capacités, mais sans l’un l’autre ne peut plus travailler. 

    La cité possède ses écoles élémentaires : 

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Sa salle des fêtes qui servait aussi de cinéma : 

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      Voir l’article sur la Salle des Fêtes sur le blog d’Olivier Joos consacrés aux cinémas du Nord-Pas de Calais ici : http://cinemasdunord.blogspot.com/2010/01/le-cinema-de-la-cite-des-cheminots.html

Son école ménagère : 

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Et même sa propre place des sports : 

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LA CITE SFCI            

    A la fin des années 50, pour répondre à la demande de logements locatifs de plus en plus nombreux, a été créée la cité SFCI entre le stade Javary et le dépôt sur un terrain appartenant à la SNCF. Ce lotissement était habité par des familles de jeunes cheminots et comprenait une centaine de logements réparties en 4 blocs.  Au centre des immeubles se trouvait une aire de jeux.

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Une famille pose devant les logements de la cité SFCI 

LA SECONDE GUERRE MONDIALE : 

     La cité des Cheminots a souffert de ce conflit. Alfred Buquet raconte dans son journal « Lens et la Seconde Guerre Mondiale » dans les dossiers de Gauhéria (n°38 de septembre1997): Nuit du 20 au 21 Avril 1944 

     « Entre la cité des cheminots à Avion et la fosse 4 de Liévin, le sol est bouleversé, des bombes à retardement éclatent encore le soir du 21. 1500 bombes larguées par les Britanniques sur le dépôt, la Cité des Cheminots fut gravement endommagée et beaucoup d’habitants périrent dans leur sommeil, ensevelis sous les décombres. Le spectacle est terrifiant : maisons écroulées, rues et jardins creusés d’immenses cratères, débris de toutes sortes, chaos indescriptible. Le soir, on compte 110 morts et les recherches sont loin d’être terminées.  Le 26 avril, se seront 236 victimes qui seront inhumées ». 

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Photo issue de la revue Gauhéria n°38 « Lens et la seconde guerre mondiale » 

     Voici un extrait du récit d’un témoin qui avait 18 ans à l’époque du bombardement d’AVION, dans la nuit du 20 au 21 avril 1944 : 

      « A 23 h 30,  on entend les avions. Ceux ci lancent des fusées qui éclairent comme en plein jour. Pendant 30 minutes. Nous étions dans l’enfer. Enfin, les bombes cessèrent de tomber et les avions s’éloignèrent. Une fois dans la rue, nous apercevons une grande lueur du côté du dépôt et une autre vers la cité du 4. Deux jeunes hommes viennent de la cité des cheminots et disent qu’il y a de nombreux morts et que la plupart des maisons sont détruites. 

      Le lendemain, avec deux copains, je vais voir les dégâts à la cité des cheminots. On ne voit partout que des maisons abattues, des trous de bombes, les habitants évacuent. Des arbres sont déracinés. Sur la route qui mène à l’économat, on ne voit que des maisons démolies. La rue est trouée de trous de bombes». La cité sera de nouveau bombardée le 11 mai. 

LA RESISTANCE : 

     Les cités cheminotes, les centres de voies ferrées, les dépôts, les triages, les ateliers et les gares sont un véritable maquis et quelqu’un qui ne connait pas le terrain a du mal à se repérer; c’était le cas pour la sinistre Gestapo et ses agents. Toutes les catégories de cheminots ont participé aux actes de résistance, à Avion comma ailleurs. Les premiers actes de sabotage ont eu lieu très tôt, dès l’hiver 1940-1941.

     Les cheminots ont également été victimes de la répression. Elle s’organise en deux périodes : jusqu’à la fin de 1941, la répression s’intéresse surtout aux militants communistes. Ils sont pourchassés soit sur dénonciation, soit sur liste, soit pour des activités militantes. À partir de 1942-1943, la répression frappe tous les mouvements de résistance. 

Le Monument aux cheminots résistants 

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     Au cœur de la cité des Cheminots, sur la Place des Martyrs de la Résistance, se dresse le monument en l’honneur des cheminots résistants de la guerre 39-45 inauguré le 7 mai 1972. Les plans du monument ont été dressés par un cheminot : Jean ANTONIAZI. 

   Une voie ferrée monte au milieu d’un massif fleuri, elle se termine par des rails tordus en forme de flamme enchevêtrés de traverses. Cette mise en scène simule un sabotage de voie.

L’ECONOMAT : 

    Après la première guerre, lors de la construction de la cité à Avion, une coopérative et une boucherie furent installées près de la salle des Fêtes (rue Alexandre Gressier, où se trouve aujourd’hui la salle Roger Blezel).

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On distingue la coopérative sur la gauche de la salle des Fêtes.

    Après la bombardement de 1944 qui a détruit la bâtiment, c’est l’économat de la cité qui reprit les ventes de la coopérative. Il se situait rue Marcel François, près de la ligne de chemin de fer. On y trouvait de tout à l’économat : de l’alimentation, des vêtements, des ustensiles de cuisine, des outils, de la mercerie, des produits de jardinage, de l’électroménager et même du charbon qu’on faisait livrer à domicile…Toujours des prix imbattables… Les économats étaient gérés par des commissions paritaires constituées de représentants de la direction et d’élus des salariés. Les dépenses des cheminots pouvaient être prélevées directement sur leur salaire.

   Le premier économat d’Avion était constitué d’un bâtiment en dur pour la boucherie et de deux autres en bois pour les autres commerces et la réserve. Les marchandises arrivaient par wagon sur une voie férrée longeant l’économat.

   Vers 1966-67, devant la vétusté des bâtiments, la SNCF décida de construire un nouvel économat sur un terrain de 590 m2 lui appartenant près des anciens bâtiments.

    Avec l’arrivée des grandes surfaces, les économats sont devenus moins intéressants pour les cheminots. Celui d’Avion a été fermé au printemps 1980. Aujourd’hui, il ne reste plus rien des bâtiments de l’économat : un nouveau lotissement a été construit à la place.

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LE TRAMWAY : 

    Un petit chemin de fer à voie de 60 cm a été créé en 1923 par le conseil d’administration de la cité des cheminots de Lens pour désenclaver les habitants : le petit train, surnommé le tramway, les conduisait jusqu’à la gare de Lens où il avait son terminus avec quai à l’intérieur de la gare du réseau Nord et comportait 4 stations dont sur la photo celle des écoles. 

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    La loco provenait des mines de Courrières.  Il y avait 3 voitures à bogies construites par les cheminots de l’atelier de Lens. Ce train permettait aux cheminots de la gare de Lens de se déplacer entre leur logement et leur lieu de travail : c’était l’ancêtre des navettes automobiles qui relient toujours aujourd’hui la gare de Lens à la Cité pour principalement les conducteurs qui sont en repos loin de chez eux au foyer des roulants de la cité.

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Le foyer

LES SPORTS : 

   L’US Cheminot, club de football, a été constitué après la première guerre mondiale en 1921 et était composé uniquement d’employés de la SNCF. Il avait été créé par le district SNCF du dépôt de Lens. Un baraquement en bois, tout proche de l’économat, servait de bureau et de vestiaires. Pour rejoindre le nouveau terrain de foot du stade Javary il fallait emprunter le tunnel réservé aux piétons et qui existe encore. Il passe sous les voies ferrées du dépôt de locomotives de Lens. 

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Ci-dessous, l’une des premières équipes de l’USC (photo La Voix du Nord) : 

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   Tout près du stade Javary, une piscine avait également été construite. 

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LE DEPOT :     

      D’après les archives du réseau du Nord, on peut considérer que le premier dépôt fut édifié en 1884 dans un triangle formé par les voies principales Arras-Dunkerque, Lens – Don-Sainghin et Hénin Liétard qu’on nomme le raccordement d’Avion. En 1918, à la fin de la Première guerre mondiale, le Dépôt est entièrement détruit. 

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    C’est en 1921  qu’est édifié un nouveau dépôt  à cheval sur les communes d’Avion, de Sallaumines et de Méricourt : deux bâtiments sont construits. 

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    Dans la nuit du 20 au 21 avril 1944, des avions britanniques bombardent le dépôt. Les remises et le matériel subirent de nombreux dégâts. Le 11 mai, nouveau bombardement du dépôt mais seulement deux bombes atteignent leu cible et occasionnent peu de dégâts. 

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Photo issue de la revue Gauhéria n°38 « Lens et la seconde guerre mondiale »

     Il est électrifié le 22 Octobre 1957 et l’arrivée des premières locomotives électriques signe la fin prochaine de la vapeur. Les installations du dépôt sont modernisées pour recevoir ces nouveaux engins. 

Une vue aérienne du dépôt dans les années 60 : 

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    1963 voit la dernière des locomotives à vapeur quitter le dépôt et  l’arrivée des locomotives diesel de la série BB 63000 et électriques de la série des 17000. 

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     C’est en 1973 qu’une des trois voûtes de la remise est démolie. En 1994 l’établissement de maintenance du matériel de Lens (EMM de Lens) se transforme pour accueillir de nouveaux engins. Au dépôt est annexée l’Antenne du Pôle Régional de Formation qui reçoit en permanence des groupes d’élèves, apprentis conducteurs ou confirmés en recyclage. 

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La chapelle Saint Eloi  

     Jamais deux sans trois ? Qui ne connaît l’histoire de cette chapelle, fierté des habitants de la cité des cheminots d’Avion, détruite à deux reprises par incendies d’origine criminelle : la première chapelle, toute en bois, incendiée dans la nuit du 21 au 22 septembre 1970, la seconde, bien que construite en dur, dans la nuit du 29 au 30 mai 2004. 

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Les deux premières chapelles

  C’est le mardi 16 janvier 2007 à Arras en présence de Mme Darras, au nom du service immobilier diocésain et de M. Montaigne, architecte que la décision est prise de reconstruite une troisième fois la chapelle.

    Le chantier démarre le 6 février 2007 après la signature des marchés de travaux le 30 janvier. La nouvelle chapelle a été bénie par Monseigneur Jean-Paul Jaeger et mise en service le 18 mai 2008.

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LA CITE AUJOURD’HUI VUE PAR UN ANCIEN CHEMINOT 

     La Cité a beaucoup changé…Ce n’est plus la même ambiance, les Cheminots ont pratiquement « disparu », il n’y a plus beaucoup de jeunes. Maintenant il y a beaucoup de personnes « étrangères » à la SNCF. On a vu arriver d’autres professions. Avant on vivait entre Cheminots, on avait nos problèmes de Cheminots, on se comprenait, on était tous dans le même bain, on était réellement soudé. Mais la Cité évolue. 

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La rue du Bonnier hier et aujourd’hui

Réponse à Roland

Classé dans : Le Nord — 3 mars, 2010 @ 6:46

Suite à ton commentaire sur le canal de Lens dont le nom officiel est bien « Canal de la Souchez, c’est effectivement à Courrières qu’il rejoint la Deûle canalisée , l’une des plus anciennes voies d’eau navigable du Nord et qui relie elle-même la Scarpe à la Lys.

Voici une photo aérienne de cette jonction :

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Ainsi qu’une image ancienne du canal de la Souchez à Courrières :

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Le canal de Lens

Classé dans : Histoire,Lens — 27 février, 2010 @ 3:13

Au début du 16ème siècle, le canal de la Deûle fut prolongé jusque Courrières en passant par Pont-à-Vendin. L’acte d’ouverture du canal de Lens à Lille fut signé en 1520 par Antoine Le Censier, échevin.  A l’époque, on y transportait de la tourbe, des grains et des bestiaux. 

En 1587, on trouve des traces d’écrits sur le canal dans les délibérations de l’échevinage de Lens (sorte de juridiction municipale), il était alors alimenté par les marais. Les échevins de Lens percevaient un droit de péage en échange de l’entretien du rivage du canal. 

Au Nord-Est de Lens, le canal de la Souchez (aussi appelé canal de Lens à la Deûle) n’était autre que la rivière du même nom dont le lit avait été redressé à partir d’Eleu-dit-Leauwette. 

A l’époque, le canal faisait tourner quatre moulins de Lens : Peskebeuf, la Poterne, Mollaines et Arondelle. 

Ce plan de 1648 montre (en bleu) le canl de la Souchez qui se jette dans les marais de Harnes. 

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Mais trop mal entretenu, il n’est plus utilisé et est comblé en 1791. Son emplacement partagé entre les riverains 

Avec la découverte du charbon et l’essor des compagnies minières, un nouveau canal devient une nécessité. Le 2 août 1881, un décret autorise le creusement d’un canal à la demande du conseil municipal et de la compagnie des mines de Liévin. 

En 1886, il prolonge jusqu’au pont d’Eleu le canal de la Souchez qui avait été concédé aux Mines de Courrières en 1860. 

En 1898, 557 000 tonnes de marchandises ont transité par le canal. 

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Le canal de Lens comportait 4 écluses avait un mouillage de 2,20 mètres 

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Pour franchir la Route de Douai et se rendre à Sallaumines, un pont fut construit auprès de l’ écluse n°1. Il sera détruit pendant la première guerre mondiale. A noter qu’au 11ème siècle, un pont avait déjà été édifié à cet endroit près de la Porte de Douai lorsque Lens construisit ses remparts. Il évitait aux lensois  de « tant se salir pour joindre Salleau » selon une expression de l’époque. 

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Les péniches disposaient d’un quai de déchargement pour, par exemple, les matériaux de construction destinés aux Mines… 

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… et d’un quai d’embarquement pour les charbons venant des Mines de Liévin. 

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 Mais les rives du canal étaient aussi un lieu de promenade par un raccourci entre les rues d’Avion et de Douai. 

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Cette carte est prise de la rue des Jardins, on y voit le grand tourillon de la brasserie. 

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Sur cette autre image, on aperçoit les travaux d’extension du quai de déchargement et une vue sur la place de la République dont l’un des côtés n’est pas encore bâti. 

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Au sud de Lens, le canal passe sous la route d’Avion qui mène à la cité des Cheminots … 

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… et sous les voies de chemin de fer de la Compagnie du Nord. 

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A hauteur d’Eleu-dit-Leauwette, se trouvait l’extrémité du canal de Lens. Les péniches pouvaient y faire demi-tour.

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Apres la 1ère guerre mondiale, le canal est en piteux état : 

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14 ponts ou passerelles et 3 écluses sont détruits. 240 ouvriers sont employés à sa restauration. 

Le canal est réouvert partiellement en 1920 et totalement le 1er février 1922. En 1923, les ponts de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord sont terminés.

En 1927, le Pont de la Route Nationale 43 dit Pont de Douai est terminé. C’est un Pont Métallique de 27 mètres d’ouverture 

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Cette année là, le canal draine 1 434 000 tonnes et 5209 chargements de péniches ont été réalisés. 

Mais le canal sert aussi de lieu de loisirs. En 1930, l’USOL (Union Sportive Ouvrière Lensoise) organise le 20 juillet sa 1ère fête nautique et crée la « Traversée de Lens à la nage ». Au cours de cette fête, d’autres épreuves sont inscrites  entre le Pont de Douai et l’écluse: exercice de sauvetage, concours de plongeon, courses de vitesse. Les spectateurs sont installés sur 500 chaises réparties sur les deux rives du canal 

Autre club, le CNL (Club nautique lensois) est créé en 1930, organise sa 1ère fête le 14 septembre 1930 : match de water polo mais aussi des jeux qui auraient pu inspirer Guy Lux pour Interville : mât de cocagne sur l’eau, traversée du canal avec cochon. 

Pour les ducasses de quartier, était organisées des joutes très appréciées des lensois. 

En 1932, M. Goutte, directeur des Pingouins Lensois (issus de la fusion entre les Dauphins et l’Union nautique lensoise), crée une école de natation. 

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En 1934, une piscine est inaugurée le long du canal, près de Pont de Douai. Elle comportait 3 bassins, des gradins pouvant accueillir 800 spectateurs, 130 cabines et des plages gazonnées. 

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 En 1943, un arrêté déclare urgents et d’utilité publique les travaux d’aménagement du canal de Lens nécessaires au maintien de la navigabilité. Ces travaux d’abaissement du plan d’eau sont entrepris de 1948 à 1953 et la navigation est suspendue. Une nouvelle écluse est construite et la navigation est à nouveau possible en février 1953. 

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Quelques années plus tard, le canal est devenu un véritable égout à ciel ouvert ; les eaux provenant des abattoirs municipaux, les eaux pluviales et ménagères y sont déversées. 

Dès 1962, le conseil municipal émet le vœu de supprimer le canal. Un décret du 19 avril 1968 stipule que le canal de Lens est finalement rayé de la nomenclature des voies navigables. En 1974, la Souchez est canalisée sous terre dans d’énormes conduits en béton afin de laisser la place en surface, à la rocade sud qui emprunte le lit de l’ancien canal. La rocade minière sud est mise en service en 1976

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la Coopérative ou la CCPM ?

Classé dans : Histoire,La Mine,Lens — 25 février, 2010 @ 10:22

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     « In va à l’Coopératif ou a l’CCPM ? ». Cette question, les familles de mineurs de Lens pouvaient se la poser au siècle dernier. Deux organismes possédaient leur coopérative, composée de magasins tels les superettes d’aujourd’hui. On pouvait s’y fournir en alimentation mais aussi en tissus, mercerie et même électroménagers. 

 

           La réponse à la question devait peut-être être due à la qualité du service, aux prix pratiqués, à l’amabilité des serveuses mais aussi certainement aux opinions politiques ou syndicales du mineur. Celle que l’on nommait la Coopérative était propriété de la Compagnie puis des HBNPC ; La CCPM était géré par des dirigeants de tendance communiste ou cégétistes.

 LA COOPERATIVE DES MINES : 

     La Coopérative des Mines de Lens a été créée à la fin du 19ème  siècle par la Compagnie dans le cadre de sa politique « sociale » qui l’avait poussé à faire beaucoup pour ses mineurs afin d’attirer des ouvriers d’autres régions, voire de pays. Elle entrait dans ce cadre avec la construction de logement, la création d’associations sportives, musicales et même colombophiles. 

 

    En 1920, elle portait le nom de Coopérative des Ouvriers et Employés des Mines de Lens comme le prouve ce document.

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           Le siège de la Coopérative se trouvait rue Bollaert, juste à côté de la fosse 1 (Là où se trouve aujourd’hui la Résidence Bollaert).

 

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      Plus tard, à la nationalisation, elle fit appelée « Coopérative des Mines du Groupe de Lens » puis « Coopérative des Mines Groupe Lens- Oignies ».

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       Dans chaque coron, on trouvait une succursale de la Coopérative. Plusieurs bâtiments existent toujours et ont changé de destination. Par exemple, celle de la Route de La Bassée (cité 14) où travaillaient Madame Monthuel et ma petite sœur est devenue une agence de la Caisse D’Epargne.

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   Dans le bâtiment de celle de la cité du 12, rue Fénelon ont été installés des logements sociaux. Dans celle–ci, la boucherie était distincte des autres commerces.

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La CCPM : 

    C’est entre les années 1942 et 1944 que la Coopérative Centrale du Personnel des Mines du Nord-Pas-de-Calais (CCPM) tire ses origines, au départ pour succéder au service d’approvisionnement des houillères (SAH dissous en 1941). La CCPM est d’abord une association civile de type 1901 dont les statuts ont été déposés le 20 janvier 1945 et c’est alors un simple organisme de distribution, mais elle se transforme rapidement après la fin du ravitaillement afin de devenir une coopérative de consommation interentreprises anonyme à personnel et capital variables le 14 avril 1947 (249 500 actions de 100 francs sont mises en vente).

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    Les statuts de la CCPM sont une nouvelle fois modifiés lors de l’assemblée générale extraordinaire du 9 juillet 1955. La Coopérative Centrale du Personnel des Mines devient Coopérative Centrale du Pays Minier, c’est-à-dire qu’elle ne s’adresse plus uniquement aux mineurs mais à l’ensemble des consommateurs qui sont à l’époque admis dans les magasins sociaux. 

    La CCPM est une coopérative marquée par une forte empreinte communiste et elle est caractérisée, pour ses fondateurs et dirigeants, Auguste Lecoeur, Victor Foulon, par une idéologie progressiste qui vise à l’émancipation ouvrière par l’accès à une contre-culture à l’opposé de l’atmosphère de l’époque.

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Auguste Lecoeur 

      La CCPM a connu une implantation plutôt houleuse dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Entre 1947 et 1949 la CCPM ouvre plus de soixante magasins qui sont en concurrence directe avec ceux d’autres coopératives allant parfois jusqu’à occuper des locaux qui ont dû être abandonnés au début de la guerre : comme à Billy-Montigny en 1948 où la CCPM a dû restituer des locaux utilisés pour la distribution du ravitaillement à la coopérative de Courrières propriétaire des lieux. 

    La CCPM connaît un développement très rapide et très important avec un chiffre d’affaire et un nombre de sociétaires supérieurs à ceux de toutes les autres coopératives existantes. Ci-dessous une réclame de la CCPM dans les années 50 sur un buvard de l’époque.

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      Mais la CCPM ce n’était pas que ces magasins de corons : La Maison du Peuple , rendue célèbre par les grèves de 1906 et Broutchoux, est devenue une librairie coopérative fondée par la CCPM et qui sera cédée par la suite au Syndicat des Mineurs Cégétistes. De colonies de vacances qui ont été organisées par la coopérative en partenariat avec L’Entr’aide Sociale du personnel des HBNPC (par exemple dans la villa d’Acq à Villers-au-Bois dans le Pas-de-Calais).

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La CCPM de la Route de Lille (cité 2)

     La CCPM reste en activité jusqu’en 1985, année au cours de laquelle elle est mise en règlement judiciaire le 18 septembre puis en liquidation des biens le 25 novembre à la suite de grosses difficultés financières. C’est sous la direction de Gaston Filiot, dernier président directeur général de la coopérative, que celle-ci cesse définitivement son activité le 14 février 1986. 

     Dans la mémoire collective, le nom de Beaumont (commune qui fusionnera avec Hénin Liétard) est toujours très attaché à la CCPM, là s’était implantée le siège social et les entrepots sur le site d’une ancienne briqueterie qui laissera place ensuite à une filature de lin.

    Dans la cité 14, la CCPM se trouvait Route de La Bassée, à côté d’une boulangerie et d’une boucherie. Ce bâtiment, transformé en habitation, existe toujours :

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   On peut voir au dessus des fenêtres les traces de l’enseigne du magasin : 

 

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NB : Un grand merci à mon grand frère Michel qui, grâce à ses souvenirs personnels, m’a permis d’orienter mes recherches pour cet article. Salut Frangin.

1906 : d’autres images

Classé dans : Histoire,La Mine,Lens — 24 février, 2010 @ 9:56

D’autres photos de la grève de 1906 à Lens. Je ne pouvais pas vous en priver :

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L’Estaminet Carpentier, « siège du syndicat des Mineurs ». On peut penser que c’est celui du « Vieux Syndicat » de Basly car celuide Broutchoux se trouvait à la maison du Peuple, rue de Paris.

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Les troupes interdisant l’accès à la fosse 5 des Mines de Lens située sur le territoire d’Avion. Qu’attendent les femmes devant le mur du carreau ? On ne le sait pas mais sûrement pas la « quinzaine ».

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Après la mort du Lieutenant Lautour, les troupes sillonnent le centre ville : ici, Rue de Paris.

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La Gare des Chemins de Fer du Nord est également sous la protection des militaires.

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La gare où, comme le montre cette photo, se trouve le Quartier Général du Commandant des troupes envoyées par Clemenceau.

Ch’est d’u ?

Classé dans : La Mine,Lens — 12 février, 2010 @ 9:26

Encore une photo trouvée. La légende indique « Mines de Lens ». Ce paysage me rappelle quelque chose mais je n’arrive pas à le situer.Des chevalets groupés par 2, je sais qu’il y en avait au 3 de Lens à Liévin, au 2, au 15 ….

Est ce que quelqu’un pourrait me dire où a été prise cette photo. Il n’y a rien à gagner, juste mes remerciements.

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Cor ine belle imache !

Classé dans : Histoire,La Mine,Lens — 12 février, 2010 @ 9:22

Voici une nouvelle photo trouvée sur le net.Au premier plan, Bollaert, bien sûr. mais le bollaert des années 50/60 avec ses populaires, ses virages, ses « s’gontes ». Au premier plan, la voie du Chemin de Fer des Mines puis le terrain près du stade où l’on allait faire du sport avec l’école. A droite, les voies SNCF et la gare de triage de Lens. Sur la gauche, la fosse 1 et plus au fond, la ville avec l’église Saint Leger que l’on distingue bien et l’horizon peuplé de terrils.

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Les grèves de 1906 vues de lens (8 et fin)

Classé dans : Histoire,La Mine,Lens — 7 février, 2010 @ 12:10
Fin avril 1906, bassin minier       

Sous l’influence des femmes de mineurs qui voient de jour en jour les assiettes se vider dans les corons, la grève perd de son ampleur. Elle dure déjà depuis 6 semaines, les gens ont faim.

Le moindre incident menace de prendre des proportions dramatiques. Le gouvernement ne se dissimule pas la gravité du conflit.

Extraits de « Les enfants de Germinal » de Cavana 

« Mais son meilleur allié (Clémenceau), c’était la misère… Et bon, quoi, petit à petit, pour pas voir leurs gosses crever, les gars ont repris le chemin des fosses…«  ». 

25 avril 1906 

Le ministre du travail, Barthou, fait pression sur les directeurs de compagnie pour les amener à une meilleure compréhension. 

Une majorité de mineurs se prononce encore pour la grève. Mais le travail reprend progressivement.

28 avril 1906, Arras 

A la demande du ministre du travail, les patrons des compagnies se réunissent le à Arras. Aprés une longue discussion, ils consentent à entrer en relation avec les délégations syndicales de leurs concessions 

2 mai 1906, bassin minier 

Le préfet du Pas de Calais préside des réunions entre les représentants des compagnies et du vieux syndicat. La direction accorde une petite augmentation de salaire. Les revendications du début de la grève sont loin d’être satisfaites. 

6 mai 1906, bassin minier 

Ce matin, la totalité des mineurs a repris le travail comme ici à la fosse 4 de Lens.

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7 mai 1906 Le 7 mai, la grève est officiellement terminée. Les 2 syndicats s’accusent mutuellement d’être responsable de la faiblesse des résultats obtenus. 

Les suites de cette grève : 

Le salaire journalier du mineur passe de 6.28 F en moyenne à 6.79. Le salaire du galibot augmente de 20%, passant de 1,51 F à 1,95. Les prix de tâche sont augmentés de 20%. Ces prix sont majorés par une prime de 17% 

La catastrophe de COURRIERES et la grève qui s’ensuit font progresser la sécurité dans les mines. 

-          Dès 1906, un arrêté préfectoral interdit les lampes à feu nues, l’usage d’explosifs autre que ceux de sûreté. 

-          Le Comité Central des Houillères installe à Lens une station expérimentale de lutte contre le grisou. On y forme aussi les sauveteurs. 

Le travail de fond est interdit aux jeunes de moins de 12 ans. 

BASLY sort comme le grand vainqueur puisque Le 20 mai, la gauche remporte les élections de façon écrasante et il est réélu député du Pas de Calais. 

En mai 1907, le tribunal d’Arras a rendu une ordonnance de non-lieu confirmée le 24 juillet par la cour d’appel de Douai.
La Compagnie des mines de Courrières est sortie totalement blanchie, au grand dam de la communauté ouvrière.
Le 26 mars 1911, lors d’un congrès extraordinaire des syndicats des mineurs du Pas de Calais, les deux syndicats fusionnent et l’unité syndicale est réalisée. 

Broutchoux est libéré à la fin du mois de mai, il devient gérant d’un café mais continue d’éditer l’ »Action syndicale », grâce à une petite imprimerie. De nouveau incarcéré à plusieurs reprises et envoyé de force au front en 1914. Il mourra  dans la misère et malade à Villeneuve-sur-Lot le 2 juin 1944.

Les grèves de 1906 vues de Lens (7)

Classé dans : Histoire,La Mine,Lens — 7 février, 2010 @ 12:02

17 avril 1906, Lens

Lens et ses environs connaissent un état insurrectionnel. Basly en fait porter la responsabilité « aux mineurs anarchistes ». Est-ce vraiment exact ? La révolte a été un phénomène de masse auquel ont participé de nombreux mineurs du bassin excédés de l’attitude des Compagnies à leur égard. On y remarque même la participation massive de militants du Vieux Syndicat.

Maintenant, l’armée est partout et protège les bâtiments publics comme la Poste et le lycée Condorcet.

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Les mineurs arpentent les rues de Lens et des environs. Ils sont partout.

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18 avril 1906, Lens  Rue Diderot à Lens, la maison de Elie Remeaux, Directeur Général des Mines de Lens, est dévastée par des grévistes du jeune syndicat. 

D’autres se sont rassemblés sur le Pont des Chemins de Fer du Nord et s’affrontent avec les troupes. Des projectiles sont lancés sur les soldats. Le lieutenant Lautour reçoit une pierre et est mortellement blessé. 

20 avril 1906, Lens 

Ce sont les obsèques du Lieutenant Lautour à l’église Saint Leger en présence de Georges Clemenceau et du ministre de la Guerre. Dans son allocution, le ministre de l’intérieur saluera le lieutenant Lautour, mort « sabre au fourreau ». 

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Le centre ville de Lens est totalement interdit aux civils. Les grévistes se regroupent à la barrière du 3 à Liévin et tentent de rentrer dans Lens, ils sont repoussés par l’armée.

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Clemenceau décide alors d’utiliser la manière forte : convocation des commissaires de police et mobilisation de 42 escadrons affectés à la couverture de l’Est du pays, détournés dans le Nord et le Pas-de-Calais.

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