Le Lensois Normand

Tome 2

Les grèves de 1906 vues de Lens (6)

Classé dans : Histoire,La Mine,Lens — 7 février, 2010 @ 10:31

29 mars 1906, Lens 

A une réunion des délégués du vieux syndicat, Octave Delcourt déclare : « Il est toujours facile, non seulement de soulever les masses, mais encore de leur faire applaudir à des revendications irréalisables. … Ceux qui, hier, criaient 8 heures ! 8 francs ! Les ont lâchés aujourd’hui et ils viennent nous demander : prenez-nous sous votre protection et organisez un référendum pour demander aux ouvriers ce qu’ils veulent… Ce qu’il faut valoir, c’est un salaire fixe, un salaire qui vous permette de vivre pendant que les actionnaires se partagent les bénéfices … ».

Mais la grève continue.

30 mars 1906, Méricourt Coup de théâtre, 13 rescapés remontent du fond et surgissent à l’air libre par la fosse 2 à Méricourt. Ils ont survécu aux gaz, à la faim, la soif, le noir. Ils ont erré vingt jours à travers les galeries éboulées. Leur apparition fait l’effet d’une bombe. L’opinion publique a désormais la certitude que les ingénieurs responsables des secours ont abandonné trop vite les recherches. 

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Ces évènements tragiques sont à l’origine d’un déchaînement de fureur chez les ouvriers qui circulent en bandes saccageant tout sur leur passage et s’opposent en batailles rangées à la cavalerie. Les arrestations sont nombreuses et le conflit dans une impasse.

2 avril 1906, bassin minier  La remontée au jour des treize « rescapés » a relancé le mouvement dans le bassin minier. Depuis deux jours, la grève a pris à nouveau de l’extension. Les cités des corons connaissent des violences : pillages de maisons, combats de rue entre grévistes et soldats, sabotage des voies ferrées. Partout, la production quasiment interrompue. Les compagnies doivent faire remonter les chevaux du fond. Certaines ont même été obligées d’éteindre leurs fours à coke par manque de charbon. Déjà vingt jours de grève ! 3 avril 1906, Paris 

A la Chambre des députés, débat sur la catastrophe de Courrières. Basly , avec le soutien de Jean Jaurès, se dit favorable à la « déchéance » de la compagnie de Courrières et s’en prend violemment aux personnes responsables des opérations de sauvetage et des travaux de déblaiement : « Trois jours après la catastrophe, dans un conseil composé des ingénieurs de l’Etat et des mines de Courrières, il a été décrété qu’il n’y avait plus de vivants (…). On se mit donc à travailler au plus vite à remettre l’exploitation en activité… tel était le désir surtout des exploitants. Eux ne voyaient qu’une chose : l’extraction arrêtée et, par conséquent, la diminution des bénéfices ».  4 avril 1906, Sallaumines 

On apprend qu’un quatorzième rescapé, Auguste Berthon, a été retrouvé par les sauveteurs dans les travaux du puits 4 à Sallaumines.

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10 avril 1906,Lens

  Nouveau congrès à Lens pour les 160 délégués mais aucune avancée ne semble émerger. Dans les corons, c’est toujours la révolte ! 

14 avril 1906, Paris 

Le rapport rendu par la commission d’enquête présidée par le directeur de l’École des mines absout la Compagnie des Mines de Courrières et ses dirigeants. Cela ne va pas calmer les grévistes. 

Les grèves de 1906 vues de Lens (5)

Classé dans : Histoire,La Mine,Lens — 1 février, 2010 @ 7:33

20 mars 1906, Lens 

Ce sera une journée cruciale pour le mouvement. Le matin arrive à Lens le directeur du journal « L’ou­vrier mineur allemand », Wyssmann, venu faire une enquête sur la catastrophe et voir comment répartir équitablement les fonds recueillis en Allemagne. Il apporte un premier secours de 5 000 marks (environ 6 000 F) pour les familles des victimes. 

Vers midi, à la Maison du Peuple, conférence du jeune syndicat. Broutchoux appelle les deux organisations syndicales à fusionner et invite les grévistes à se rendre en masse à 14 heures devant la mairie pour réclamer l’entrée des délégués de sa Fédération au Congrès. La citoyenne Sorgues (à droite sur la photo ci-dessous) attaque le Vieux Syndicat, et surtout Basly.

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20 mars 1906  14h00, Lens 

Une longue colonne de grévistes se porte vers la place de la mairie de Lens où le congrès des délégués siège sous la protection de gendarmes à cheval. Les broutchoutistes ne sont pas admis à parti­ciper. Dehors, c’est le vacarme. 2000 manifestants, drapeau rouge, cravatés de noir, en tête, veulent forcer le barrage.

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Une violente bagarre éclate ; Un gendarme s’empare d’un drapeau, les émeutiers ripostent. Broutchoux et deux de ses adjoints sont arrêtés.

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Cependant, la réunion continue. Des fenêtres, les délégués peuvent voir la foule. Le jeune syndicat veut la fusion. A quoi, les amis de Basly rétorquent : « Impossible de fusionner avec le néant ».  La discussion avec Elie Reumaux est animée, les directeurs des compagnies offrent une augmentation de 10 % aux mineurs de fond et 5% aux ouvriers du jour.

Les délégués repoussent à l’unanimité les propositions patronales et adoptent un manifeste particulièrement sévère contre « les anarchistes de Broutchoux ».

A la fin de la réunion, deux délégués sont reconnus et entourés par la foule. Ils sont aussitôt  jetés à terre et piétinés. L’un arrive à se relever et se réfugie à l’intérieur de l’estaminet tenu par Beugnet, le trésorier du syndicat situé rue de … la Paix !!! 

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Beugnet s’oppose à l’entrée des manifestants, favorables à Broutchoux. Les manifestants hurlent, brisent tout. Les gendarmes interviennent, les refoulent sans ménagements et prennent position devant le café. 

A la suite de cette échauffourée, le préfet interdit tout rassemblement …


21 mars 1906, bassin minier 
Ils sont plus de 50 000 à ne pas travailler. C’est le sommet de la grève dans le Pas-de-Calais.  Ce même jour, à la suite du Congrès tenu la veille à Lens, Basly informe Reumaux, président de la délégation patronale, que les délégués des Syndicats des mineurs du Nord, d’Anzin et du Pas-de-Calais ont décidé de maintenir le programme des revendications présentées à Paris.  23 mars 1906 , Lens  Elie Reumaux répond au syndicat que les Compa­gnies restent sur leurs positions.  Basly est consterné. Pendant ce temps, les partisans de Broutchoux continuent leurs « actions d’éclat » et interviennent partout ou des mineurs travaillent comme à Bruay. 

25 mars 1906, Lens 

La situation semble bloquée. Réunis en Congrès à Lens (école Condorcet), les délégués de chaque bassin examinent la situation. Décider de la poursuite de la grève ou de la reprise du travail: un rude dilemme. 15 000 mineurs sont rassemblés et attendent les délibérations. Après plusieurs heures de délibérations, le Congrès estime devoir procéder à une consultation indivi­duelle par voie de référendum, seule procédure permettant aux ouvriers de se prononcer librement et aux responsables syndicaux d’avoir un reflet aussi exact que possible de l’opinion. 

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28 mars 1906, bassin minier 

C’est le jour du référendum : partout dans le bassin minier, les mairies sont ouvertes pour cette consultation. Les maires eux-mêmes prennent le poste de Président de bureau de vote. 

Le préfet les communique les résultats du référendum dans le Pas-de-Calais 

POUR LA GREVE :                           20 569 

POUR LE TRAVAIL :                        12 567 

ABSTENTIONNISTES :                    21 000 environ. 

Les régions de Lens, Hénin, Béthune, Salaumines,  Méricourt,  Mazingarbe, etc … sont majoritairement pour la poursuite tandis que celles de Bruay et d’Auchel votent la reprise. 

Les « Broutchoutistes » contestent ce résultat et affirment que le pourcentage pour poursuivre la grève est beaucoup plus important. Selon eux, les victimes de la catastrophe seraient encore inscrits sur les listes et donc considéré comme « non-votant ». 

Les grèves de 1906 vues de Lens (4)

Classé dans : Histoire,La Mine,Lens — 1 février, 2010 @ 7:19

Nuit du 17 au 18 mars 1906, Lens : 

Comme Clémenceau l’a promis, les troupes arrivent la nuit. Dès le petit matin, le déploiement de force est visible dans les rues de Lens. Plus de 30.000 cuirassiers, dragons, gendarmes et fantassins occupent les mines du bassin. Sur cette photo, un régiment pose pour la photo au 3 de Lens à Liévin :

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Des bivouacs sont installés partout comme à l‘école Jeanne D’arc et sur la place verte.

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Le 94eme régiment de ligne réquisitionne les haras et le manège du Grand Condé appartenant à Notaire Léon Tacquet, gendre de Elie Remeaux.

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Benoit Broutchoux est bien décidé à profiter de la situation pour imposer sa loi et conquérir l’ensemble des mineurs à sa cause.

 

18 mars 1906, Paris   

Une réunion a lieu à Paris entre les 26 délégués des mineurs et 11 représentants des compagnies minières du Nord-Pas de Calais dont Elie Reumaux, Directeur des Mines de Lens. La délégation syndicale arrive à 11 heures au ministère des Travaux publics. Les représentants des Compagnies sont déjà réunis dans la cour d’honneur. Dans une salle de réunion, le ministre Barthou déclare : « Le Gouvernement qui vous a rapprochés et réunis attend avec confiance les résultats de vos délibérations ». Reumaux se plaint qu’il n’y ait pas eu des pourparlers avant à la grève. Basly répond que le mouvement s’est déclaré soudainement et fait suite à la catastrophe de Courrières. 

A 12 h 30, fin de la première séance. La délégation patronale refuse l’examen de la proposition concer­nant le salaire minimum.  L’après-midi, poursuite des débats. Les délégués pré­sentent les revendications formulées par les mineurs au Congrès de Lens. Ils les défendent avec une telle compétence et une telle loyauté que Reumaux tient les à assurer que, seul, le Vieux Syndicat sera reconnu comme interlocuteur dans le conflit en cours. 

 

C’est là la seule concession des Compagnies à ce jour.

19 mars 1906, bassin minier 

 46200 mineurs sont en grève, les plus virulents empêchent les non-grévistes, qu’on appelle les « renards » ou « les rouffious », d’aller travailler, pillent leurs maisons. Ces derniers doivent être protégés par la troupe.

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   Une assistance considérable est venue écouter les résultats de la négociation de la veille. 3000 personnes s’étaient ainsi entassées dans la salle de l’Alcazar à Liévin.

 

Les grèves de 1906 vues de Lens (3)

Classé dans : Histoire,La Mine,Lens — 1 février, 2010 @ 7:05

14 mars 1906 :

La grève est déclarée aussi dans la Compagnie de Dourges. Les mineurs refusent de redescendre au fond. Les syndicats appellent à une grève générale qui s’étend rapidement aux puits environnants. On compte déjà 25 000 grévistes 

14 mars 1906, 21h00, Lens :

Les adhérents du jeune Syndicat sont réunis à « La Maison du Peuple » rue de Paris, à Lens. Il sont environ 1200. Broutchoux annonce que les mineurs de Liévin ont re­poussé le programme des revendications élaboré par le syndicat « Basly ». Il les critique, puis présente celles de la Fédé­ration dont la principale : 8 heures de travail, 8 francs de salaire !

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14 mars 1906, Paris

Entrée en fonctions du cabinet Sarrien, Georges Clemenceau est nommé ministre de l’Intérieur.

16 mars 1906

Tous les puits sont maintenant en grève, la dernière à rejoindre le mouvement est la fosse 5 de LENS.

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 La grève s’organise, comme toujours chez les  » gueules noires « , autour d’un certain nombre d’activités, dans lesquelles les femmes jouent un rôle important : manifestations quotidiennes, réunions, collectes et distribution de vivres qui témoignent de l’élan de solidarité dont bénéficie la corporation. 17 mars 1906, 12h00, Lens 

Clémenceau, tout nouveau ministre de l’Intérieur,  arrive en automobile à Lens. Il est accompagné du préfet et d’un ingénieur des mines à Paris.  Il rencontre à la mairie les représentants du vieux syndicat et leur fait part de son intention d’envoyer des troupes pour protéger les fosses d’agitateurs susceptibles de se livrer à des actes regrettables. Les délégués Evrard et Beugnet protestent. Le ministre lance un appel au calme, affirmant que le Gouvernement fera son possible pour éviter les heurts entre grévistes et forces de l’ordre. Un accord est conclu de faire garder les puits de mine par l’armée. 

Peu avant 13 heures Clemenceau se rend à pied à la Maison du Peuple. 

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Benoit Broutchoux est absent. Le ministre de l’intérieur négocie alors avec son adjoint, Plouvier qui accepte la proposition de Clémenceau mais demande au ministre de parler aux grévistes. 

Ils sont deux mille environ à l’accueillir dans la salle de bal au cri de: Vive la grève !

Imperturbable, Clémenceau déclare : « Il ne m’appartient pas de discuter vos revendications. Je viens vous dire seulement que le Gouvernement de la République entend faire respecter la légalité par tous. La grève constitue pour vous un droit absolu, qui ne saurait vous être contesté. Mais la loi est la loi ; sous un gouvernement démocratique, tout le monde doit s’incliner devant elle et lui obéir ». 

Pour Clémenceau, la première partie est gagnée, la présence de troupes militaires permettra de sauver l’outil de production indispensable à l’économie nationale. 

Cependant, en même temps, Clemenceau fait saisir le registre sur lequel les délégués inscrivent leurs observations dans le but d’officialiser la thèse de l’accident et les ingénieurs, afin de faire reprendre l’extraction au plus vite décident de mettre un terme aux opérations de sauvetage.

17 mars dans l’après midi, LensLe congrès du Vieux Syndicat a lieu à la mairie de Lens. Emile Basly rend compte des revendications établies dont : 

- Augmentation des salaires pour les mineurs et les galibots 

- Versement d’une pension après 25 ans de service  - Descente des ouvriers à 6h du matin dans toutes les compagnies et remonte à 2 h - Arrêt des discriminations syndicales, politiques et religieuses 

Le Congrès désigne ensuite 27 délégués appelés à participer à la réunion de Paris. Une fois la réunion terminée, Basly prend aussitôt le train pour Paris.

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Pendant tout le Congrès, sur la Grand-Place face à la mairie, une foule immense. Des cris : « Vive la grève ! » « Huit heures ! Huit francs ! ». Mais aucun incident. Le jeune syndicat de Broutchoux, plus favorable à une grève dure et violente, semble prendre le dessus sur celui de Basly. 

 

Cependant, le maire d’Avion, Octave DELCOURT déclare: « Aujourd’hui qui peut conduire la grève ? Evidemment seul le Vieux Syndicat. C’est lui, et non le Jeune Syndicat qui doit être l’éclaireur de la route. Il est écœurant de voir des camarades s’insulter comme ils le font. Donnons, nous au Vieux Syndicat, le bon exemple ; disons au Jeune Syndicat de venir avec nous ».

Les grèves de 1906 vues de Lens (2)

Classé dans : Histoire,La Mine,Lens — 30 janvier, 2010 @ 12:13

10 mars 1906, 5h00

  A Lens comme dans tout le bassin minier du Nord-Pas de Calais, les mineurs « du matin » sont descendus.

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  Tout semble calme si ce n’est qu’un incendie s’est déclaré le mardi 6 dans une veine de la Compagnie des Mines de Courrières à la fosse 3 de Méricourt, le feu a pris aux bois et s’est étendu. Malgré la construction de barrages, le feu n’est toujours pas éteint ce matin. Juste avant la descente des mineurs, un délégué syndical, Rick Simon (ici au centre avec d’autres sauveteurs) prévient la direction mais celle-ci a tout de même ordonné la descente des hommes.

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10 mars 1906, 6h34

 Une violente détonation ainsi qu’un grand remous se ressent partout dans la région. Un « coup de poussière » d’une rare violence ravage en quelques secondes 110 kilomètres de galeries communes aux trois fosses  situées sur les territoires de Billy-Montigny , Méricourt et Sallaumines .

  Bien vite, la réalité apparaît, brutale : « coup de grisou » : 1800 ouvriers au total sont descendus le matin dans ces trois fosses transformées en brasiers. Près de 1100 ne remonteront jamais vivants. 

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  Quelques mineurs arrivent à remonter d’eux-même. Aussitôt, sur les lieux de la catastrophe, les premiers secours sont lancés et le premiers corps sont remontés.

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11 mars 1906, Courrières 

  Les responsables du sauvetage désignés par la Compagnie et venus de Paris, Gustave Léon, ingénieur en chef du service des mines, et Frédéric Delafond, ingénieur général adoptent des mesures aberrantes. Considérant que toutes les recherches à partir des puits 2 et 4 montraient qu’il ne restait aucun survivant dans les quartiers du 3, il décide ce dernier et de le transformer en puits de sortie d’air.

 12 mars 1906, Paris 

   A l’Assemblée nationale, Basly dépose une proposition tendant à ouvrir au ministère de l’Intérieur un crédit de 500 000 F. A l’unanimité des 534 votants, la proposition est adoptée. 

   De retour de Paris, Basly se rend sur les lieux.

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  Un groupe de sauveteurs arrive du bassin minier de la Ruhr. Ils sont parfaitement entraînés et munis des appareils respiratoires les plus modernes, tout à fait inconnus dans le Pas-de-Calais.

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Mardi 13 mars, Méricourt

  Les obsèques officielles et solennelles des 404 victimes ont lieu à Méricourt. Les corps remontés sont enterrés sous une véritable tempête de neige en présence de 15 000 personnes. 

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  La colère explose. La Compagnie de Courrières est accusée de négligences.  L’ingénieur en chef Bar est pourchassé. Le directeur de la compagnie Lavaurs est accueilli par des huées et des « assassins ! » et doit rapidement partir ; la foule scande « Vive la révolution ! Vive la grève ! ». 

  Lamendin, maire de Liévin et délégué du vieux syndficat, prononce un discours violent : « Il faut que les responsabilités de cette effroyable catastrophe soient nettement établies … Dès maintenant, on peut dire que la Compagnie minière, guidée je ne sais par quel appât malsain, a commis la plus grande faute, le plus grand crime. » La foule applaudit. Lamendin répond : « N’applaudissez pas sur la tombe de nos chers morts ». Des drapeaux rouges sont  posés sur les tombes. La Grève générale est lancée.

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13 mars 1906, 12h30, Lens :   

  Les délégués mineurs des bassins du Pas-de-Calais, du Nord et d’Anzin sont réunis à la mairie de Lens.  Basly est retenu à Paris par Clémenceau qui l’avise qu’il va être nommé ministre de l’Intérieur. En son absence, les délégués examinent la situation : la grève s’est étendue aux concessions de Lens, Liévin, Carvin. 

 

Les Grèves de 1906 vues de Lens (1)

Classé dans : Histoire,La Mine,Lens — 30 janvier, 2010 @ 11:53

Introduction :

Dans les articles suivants, je vais essayer de relater les grandes grèves de 1906 qui ont fait suite à la catastrophe de la Compagnie de Courrières.

Nul n’est l’objet de relater dans les détails cette catastrophe, d’autres nombreux sites l’ont déjà fait très bien. Je vais simplement vous faire part du résultat de mes recherches tant sur le net que dans les livres et revues qui ont parlé de cette grève, en essayant d’être le plus objectif possible car certaines de mes sources avaient des opinions très différentes sur cette grève en centrant le sujet sur Lens où les évènements ont été nombreux et importants.

Si vous constatez dans ces articles certaines erreurs ou imprécisions, ou si vous voulez ajouter quelque avis ou éclaircissement, n’hésitez pas à envoyer un commentaire, c’est gratuit et toujours instructif.

La une du petit Journal du 6 mai 1906.

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Le contexte : 

En 1906, la France est dans la tourmente, Armand Fallières est Président de la République depuis à peine 2 mois.

L’opinion française est occupée par les débats sur l’Affaire Dreyfus et la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Le 7 mars, c’est la chute du cabinet Rouvier, provoquée par la mort d’un manifestant lors d’émeutes consécutives aux inventaires des biens du clergé. Le 10 mars, jour de la catastrophe, il n’y a donc pas de gouvernement en place. Dans ce qu’on a appelé la Belle Epoque, il y avait surtout la misère, le chômage, la dureté de la condition paysanne et ouvrière. De nombreuses grèves se sont déclarées dans les mines du bassin depuis 1900 mais toutes ont été réprimées par les Compagnies et n’ont guère amélioré les conditions de travail des mineurs ni de vie dans les corons.

 

Les protagonistes : Emile Basly : 

Ancien mineur de fond, en 1882, il crée le Syndicat des Mineurs d’Anzin dont  il en est le secrétaire.

Arrivé à Lens  le 7 juillet 1890 où il est élu  Député-Maire, il dirige avec autorité la commune et le syndicat. Ami de Jean Jaurès, il devient Président de La chambre syndicale des ouvriers mineurs et similaires, dit « le vieux syndicat », de tendance réformiste.

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Benoit Broutchoux Leader de la Fédération syndicale des ouvriers mineurs et similaires du Pas de Calais ou « jeune syndicat » de tendance anarchiste créé en 1902 proche de la GCT. Il a moins d’influence à Lens. Après de nombreux démêlés avec la justice, Broutchoux est arrivé à sous fausse identité afin d’être engagé comme ouvrier mineur. 

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Elie Reumaux : 

Directeur Général, et Président du Conseil d’Administration de la Société des Mines de Lens,

Pour cette grève, il est le représentant des conseils d’administration des compagnies des Mines du bassin du Nord-Pas de Calais

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Georges Clémenceau : 

Médecin, c’est pourtant en tant que journaliste que Georges Clemenceau s’illustre d’abord, publiant le fameux ‘J’ accuse’ de Zola dans son quotidien ‘L’ Aurore’. En mars 1906, après la victoire du Parti radical aux élections législatives, il est nommé ministre de l’Intérieur. A 65 ans, c’est sa première participation à un gouvernement.

Ses prises de position en matière de politique sociale et sa forte personnalité lui valurent de nombreux ennemis, autant à droite qu’à gauche.

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Lumières sur la mine

Classé dans : La Mine,Lens — 29 janvier, 2010 @ 6:35

Une bien belle photo du 11/19 que mon grand frère Michel m’a fait parvenir. Elle lui vient de notre maman à qui on avait offert ce cliché il y a … quelques années. Etait il encore en activité ?

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Pour min grand frère et min biau

Classé dans : Famille,La Mine,Lens — 27 janvier, 2010 @ 10:11

Un p’tit souvenir pour eux : la fosse 12 telle qu’ils l’ont connue lorsqu’ils ont été embauchés aux Mines de Lens.

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Avant-Après série 13

Classé dans : Histoire,Lens — 24 janvier, 2010 @ 11:46

Quelques images de la fosse 11 :

L’entrée de la fosse :

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Le carreau :

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Fosse 9, la rue Chateaubriand :

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La rue d’Artois :

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Le Lensois Normand tome 2

Classé dans : Lens — 26 décembre, 2009 @ 10:36

Bonjour à tous.

L’espace autorisé pour le blog « Le lensois Normand » étant arrivé à saturation et tant de choses sur Lens (et le reste) n’ayant pas encore été dites, j’ai décidé de créer ce tome 2.

Afin de ne pas se perdre et de conserver une certaine harmonie entre les deux blogs, j’ai conservé le même fournisseur et quasiment le même nom. Seules, l’URL et la présentation changent.

Alors, vous qui avaient aimé « Le Lensois Normand 1″, vous aimerez, j’espère « Le Lensois Normand 2″.

Bonne visite

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